Myself - Haro !

Myself - "Haro !"
chronique Myself - Haro !

If you want une baffe dans ta gueule, ce skeud est fait pour toi !

Venu de nulle part, mais plus du côté de l’est de l’hexagone (Strasbourg), le trio de cramés que compose Myself vous propose, sans retenue, un lissage de neurones en bonne et due forme. C’est le toujours prometteur label Whosbrain (en parlant de neurones !) qui se penche sur le cas de cet Haro !  J’aime bien les disques où je commence à rédiger la chronique au bout de la vingt-deuxième seconde.

 

Un tel niveau de boucan organisé pourrait faire penser à une blague si ce n’était diablement malin et finement mûri. Myself adopte une posture altière, volontairement crâneuse, pour nous livrer son précipité de noise et nous gratifie ainsi des joies de l’improvisation libre. Oui, cette musique bouillonnante est résolument indomptable, sauf pour les trois cintrés bien sûr. En ce sens, il  n’est pas anodin d’y humer le même air virevoltant que chez leurs voisins de JEANVÂSBRULER. Même sens de l’arythmie, même goûts pour la syncope, mêmes lèvres gercées par l’utilisation frénétique du sax, l’électronique en moins.

 

Vous l’aurez compris,  même si tout est fichtrement bien orchestré, nous ne sommes pas chez Michel Legrand. Idéal pour entrer dans sa journée de bon matin lorsque l’on est en retard, Haro ! évacue derechef toutes tensions dépressives. Puisant dans de courants musicaux aussi divers que la noise, le rock viril et le jazz libéré, Myself adopte une conduite adaptée libérée de toutes contraintes,  Mike Patton en consomme régulièrement au petit déjeuner.  Alors grand n’importe quoi ou disque visionnaire. On aimerait que la vérité se situe entre les deux.

 

Mais voilà, avec Haro ! on a avant tout à faire avec une affaire de musicien.  Nicolas et Pascal Gully (respectivement à la guitare, aux loops, à la basse sur la 4 et aux chœurs et à la batterie, au synthé) s’acoquinent de Claude Spenlehauer qui n’a pas son pareil pour faire vibrer un saxophone. L’alchimie proposée est juste bluffante.  Et pas la peine de me demander de mettre un titre en avant plus qu’un autre. Les trente-six minutes s’injectent en une lampée. Bon sang de disque,… et on me dit dans l’oreillette que c’est leur deuxième effort… argh où est le premier ?

 

Avec Haro ! les strasbourgeois se placent dans la cour, de mieux en mieux remplie, des secoués qui digressent à tout va nos convictions les plus profondes sur la rock music, la musique en général même, rejoignant ainsi les récentes sorties de  Katawumpus ou encore Vitas Guerulaïtis. 2011, année du bruit organisé !

photo de Eric D-Toorop
le 14/01/2012

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