One Dying Wish - Origami

Chronique CD album (25:23)

chronique One Dying Wish - Origami

One Dying Wish est une petite formation Screamo comme il en existe beaucoup et un peu partout, et autant se réjouir de la représentativité de cette scène. Pourtant, comme pouvait le dire Tookie, et à juste titre sur ces pages en parlant du dernier Frail Body, le genre n’est absolument pas en mesure de prétendre ces dernières années à un quelconque renouveau. N’est pas qui veut Orchid, Envy, Daïtro, Circle Takes The Square, The Saddest Landscape et j’en passe des combos qui ont tous représenté à un moment donné le bouillonnement créatif Screamo. Un style « suranné » dira le camarade susnommé, et dont l’inventivité n’arrache pas la gueule de représentants plus enclins à se l’écorcher qu’autre chose. Désaffection toute relative pour mon camarade de jeu, pour ma part un attrait toujours intact pour le repère esthétique et politique que représente le genre en question.

 

Pourtant, il faut bien l’admettre, One Dying Wish n’est pas une sortie qui bouleversera en profondeur la sensibilité des habitués du genre. En somme, rien de nouveau sous le soleil crépusculaire de la scène skramzy. Néanmoins, et au-delà de son classicisme manifeste, Origami est un album avec tout un tas de qualités. Les membres de One Dying Wish puisent dans toute la tradition Screamo pour ne garder que le meilleur. Album complet et riche en tricks, Origami est composé d’ambiances aux antipodes. Des séquences explosives et incandescentes sont entrecoupées de parties plus apaisées, vulnérables et délicates, où tendresse se mêle souvent avec mélancolie et candeur. « La Starda Di Casa » et « Toma Da Me » en sont les archétypes même. Quelques efficaces charges emoviolentes sont également à relever de-ci de- là. Quand One Dying Wish s’exécute dans les ambiances qui se succèdent avec d’heureuses articulations, il le fait toujours de la meilleure des manières. Mélodiquement, les lignes sont soignées et captes très souvent la sensibilité émotive de l’auditeur. Un peu à la manière d’Anteros, One Dying Wish cherche le contraste entre beauté céleste/contemplative du monde et constats d’horreurs et d’urgences.  Rien de tel que l’écoute de « Come Origami » pour comprendre de quoi il en retourne. Titre plus border que les autres, et qui s’autorise même un ralentissement drastique de tempo. Ce titre est le plus long de l’album et tranche sans faire tache avec les titres plus Screamos friendly. Il fait office de belle ballade Post-Hardcore pour conclure ce très honnête Origami.

 

D’origine turinoise, One Dying Wish présente Origami de la façon suivante : « Crié en italien, pour les fans de cris italiens ». Ça tombe bien The Death Of Anna Karina, Raein ou encore La Quiete m’ont toujours cardiologiquement conquis ne serait-ce que pour cette verve à l’italienne si particulière. Quand bien même le screaming ne facilite pas toujours la compréhension du chant, l’énergie et l’interprétation se suffisent à elles-mêmes, et sont en mesure de traduire à elles seules les intentions émotives d’un morceau. La barrière de la langue est une illusion et une fumisterie droitière qui historiquement s’est toujours vu contrarier par l’internationalité émotionnelle que le langage musical implique. En ce qui concerne One Dying Wish, on a très envie de poursuivre l’expérience après l’écoute d’Origami et de fouiller un peu plus au niveau des paroles.

 

Travaillé par les mêmes problématiques politiques et intimes depuis ses origines, le screamo reste esthétiquement et dans son essence très préoccupé par son époque. L’inertie toute relative de cette scène est donc aussi le symptôme des redondances de l’Histoire. Tant que la scène s'inscrira et s’opposera au réel, peu de choses changeront dans son fond comme dans sa forme. La confiance et l'immuabilité sont devenues choses rares ces temps-ci alors autant s’y accrocher quand elles s’offrent à nous.

Toujours affectée par les blessures psycho-sociales et cultivant par nécessité son rapport mélancolique au monde, la scène screamo œuvre sur le même champ de bataille depuis le début ; sa force réside dans son acharnement esthétique et idéel.

 

L’innovation peut bien attendre, One Dying Wish peut bien continuer…

 

photo de Freaks
le 22/12/2020

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