Ovo - Cor Cordium

Ovo - "Cor Cordium"
chronique Ovo - Cor Cordium

Imaginez les Dresden Dolls affamés, battus à mort, obligés d’enregistrer dans les décors de Hostel sous la houlette d’un Phil Anselmo halluciné sous acides, des restes de démo de Blut Aus Nord

 

Bon, je vous l’accorde, ça fait un peu lourd comme présentation, mais Ovo propose une musique si extrême et surprenante que la plupart des qualificatifs seront outranciers, vains ou à  côté de la plaque. Lorsque Patton, Osbourne et consorts s’associent pour Fantomas, on devine très vite la private-joke traduit sur scène par un barnum assez jouissif. Avec le duo italien, on se trouve au cœur du cœur (Cor Cordium). Il faut être familier avec les travaux de Throbbing Gristle notamment The third and final report de 1978 autant qu’avec les ambiances de Marduk. On retrouve d’ailleurs cette production chiche propre aux albums de Black Metal (première époque), ces défauts de production, de mixage. Stefania Pedretti qui, avec une formation à l'opéra, est au chant (!) et Bruno Dorella (le reste) ont dû prendre du plaisir à découvrir L’Art des Bruits, un manifeste écrit en 1913 par leur compatriote Luigi Russolo (1885- 1947) qui préfigure les théories futures sur les dissonances.

 

Cor Cordium est éprouvant, parfois répulsif mais inexplicablement attirant.  L’album semble composé d’une seule bande son malade, agitée et malsaine, avec des pistes qui oscillent entre 1 minute et 9 minutes 57 pour encore mieux accentuer le travail de sape.  La voix a un rôle prépondérant dans les ambiances proposées et on devine une grande maîtrise tant dans les growls que dans les ritournelles enfantines qui succèdent aux aboiements.

 

Les italiens, installés à Berlin (tant qu'à faire du boucan organisé !) nous filent un grand coup de botte (comme ça c’est fait) avec ce qui serait apparemment leur septième méfait. On retrouve les distorsions, les torsions et une batterie lourde (sludge, dirons les puristes). Et de boue, il en est question tant on ressort poisseux de l’écoute répétée de cet o.s.n.i. A l’instar de leur compatriote de Bologna Violenta, il y a fort à parier qu’une grosse frange de la population aguerrie aux déflagrations sonores va considérer cet opus comme une pure merde, les autres, conquis y retourneront avec délectation.

 

Déroutant !

photo de Eric D-Toorop
le 03/08/2011

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