Sidesteps - Sidesteps EP

Chronique mp3 (25)

chronique Sidesteps - Sidesteps EP

Ah le monde de la nuit ! Ses fantasmes, ses rues, les lumières des villes, ses chimères et sa musique. All the cats are grey comme dirait l’autre. Dans les années 1990, la musique froide s’est durcie sérieusement par l’ajout de guitares saturées ou d’expérimentations avec des objets non usuels. Les samples ont pris le dessus et l’Electro-dark-wave a connu une heure de gloire assez marquante. Il subsiste encore dans les travées et les ruelles des hordes de « corbeaux » qui font vivre, bec et griffes, cette flamme désormais vacillante.

 

Au rayon plus pop, des groupes comme IAMX ou les vétérans de Depeche Mode ont sorti des albums bien plus digestes, plus expédiés aussi afin de populariser le genre, militant ainsi pour le retour en bonne et due forme du port des Creepers. C’est dans cette dernière veine que l’on retrouve tout le sel de ce premier EP de ce projet belgo-grec. Mr Sidesteps a usé ses semelles dans les rues chaudes de la République Hellénique avant de s’installer à Mons, en Belgique.

A la musique s’ajoute l’image. Il faut voir Sidesteps comme un projet global, les photos, les vidéos, leur site internet, tout nous conduit à une lecture globale de l’œuvre.  Comme pour quatre-vingt-dix pourcents des acteurs du genre, nous avons droit à une énième relecture/influence des travaux de David Lynch ou John Carpenter. Tarantino et Rodriguez étant chasse-gardée pour le rock garage et/ou psychédélique. Alors oui, nous sommes dans le noir.

 

L’EP s’ouvre sur  « IAM », en forme de clin d’œil soutenu à Chris Corner, la touche délibérément sexuelle en moins. En lieu et place, nous avons droit à une inclinaison rock très soutenue (la basse et la guitare) d’une Electro très new-wave.  « The Heartbreak song » single et video, préfigure, donc, l’univers de Sidesteps.  Lorsque l’on mise tout sur un titre, il s’agit de ne pas se planter. Dans les années cinquante et soixante, on montait des tournées mondiales sur foi d’un seul  7’’. Le titre est emballant, immédiat, on retrouve bien les forces d’un Gary Numan au mieux de sa forme. Une douceur bienveillante semble émaner de ce morceau. Mes amis, le revival 80’s est loin d’être tari, je vous dis !
« The Clock » est sans doute le titre le plus intéressant pour sa dynamique. Il est plus riche dans les mélodies et on remarque les capacités, envoûtantes, du chanteur. Bon ça sent le gros travail de prod’, pour être honnête. « Not Anymore » emporte tous les suffrages, belle montée en progression dans cet EP et là on touche sans doute la quintessence du combo hennuyer.  Cela reste honnête et frais, dans un genre pourtant encombré.
Vache de single, même si ce n’est pas le premier choix des auteurs. On retrouve ce même titre dans une saleté de remix dancefloor qui enlève toute la finesse du premier arrangement. Mettons cela sur le compte d’une douce naïveté qui plane sur l’ensemble de ce 7 titres.  Dans le même ordre d’idée les versions alternatives (acoustique et radio-edit) du crâneur « The Heartbreak song » n’amènent rien de bien consistant, à l’exception de la touche bluesy  du vétéran Cisco Herzhaft pour la version boisée.

 

C’est à nouveau le studio Gaw ! de Mouscron, déjà responsable de la mise en forme récente pour Perils of Penelope, qui a en charge le décor sonore de la pièce de Sidesteps. Pour le coup, les protagonistes s’investissent, un peu plus, puisqu’ils sont musiciens à part entière sur ce premier jet. Sidesteps prépare son premier LP pour 2012.

photo de Eric D-Toorop
le 05/11/2011

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