Simbiose - Economical Terrorism

Chronique CD album

chronique Simbiose - Economical Terrorism

Nantis d'une discographie longue comme le bras, riche en split et Ep's divers, et après vingt ans de carrière, les Portugais de Simbiose font partie des poids lourds d'Europe du Sud en matière de Crust/Grind.

A l'écoute de leur dernier méfait Economical Terrorism, on comprend aisément pourquoi.

 

En premier lieu, ce qui frappe à l'écoute de cette galette est le son maousse costaud biscotto, ce qui est plutôt rare pour le genre. Tout concourt, ici, à vous écraser la gueule le plus durablement possible en un minimum de temps.

La prod. d' Economical Terrorism fait donc la part belle aux graves et à la force d'une batterie gargantuesque et malmenée par un démon à dix-huit bras et seize jambes. Les deux chanteurs sont également correctement équilibrés dans le mixage, sans être noyés dans la masse des instruments.

Attention cependant, même si le boulot est très bien fait, aucune superficialité en toc ne vient entacher la crédibilité du groupe, ça reste granuleux comme un wagon de graviers pris sur le sommet de la tronche, par jour de grand vent.

Qui ne connaît pas les lascars, du moins depuis Bounded In Adversity sorti en 2004, ne peut pas s'imaginer la puissance qu'ils sont capables de dégager.

Un rouleau compresseur, voilà une image que je me jurais de ne jamais employer pour une chronique car beaucoup trop galvaudée. Dans le cas de Simbiose, elle est pourtant parfaitement adéquate mais un rouleau compresseur couplé à un dragster, crachant flammes et soufre.

 

Simbiose prend en effet le meilleur du Death/Grind et du Crust pour les croiser et créer un monstre qui broie tout sur son passage. Une rapidité extrême, une opacité de son déjà décrite et terrassante, une simplicité enfantine, voilà qui constituent le squelette de Economical Terrorism.

Les muscles habillant ces os d'acier sont personnifiés par deux brailleurs à la voix extrêmement gutturales et à la fougue punk sans limite. Hurlant comme si leur vie en dépendait, les exécuteurs tenant les micros assomment là ou certains se contentent de pichenettes inoffensives. De ce maelstrom correctionnel émerge parfois des bribes de textes en anglais, suffisamment compréhensibles pour montrer de quel bord Simbiose se dresse.

Bâbord évidemment.

 

Au bout de trois ou quatre morceaux, l'impression de se faire aplatir dans une presse à ferraille émerge peu à peu. De deux choses l'une, ou vous aimez comme moi cette sensation, ou vous arrêterez là les frais, convaincus d'avoir eu les conduits auditifs violés par une charge de rhinocéros.

 

Jamais la pression ne retombe, jamais l’ambiance ne s'allège, jamais la violence ne se calme tout au long de ces quatorze titres coulés dans le même moule. Un mur de son impénétrable construit dans le seul but de vomir la haine d'un système capitaliste que certains considèrent encore comme viable.

 

Pauvres fous, Simbiose vous démontre le contraire de la façon la plus dure possible.

photo de Crom-Cruach
le 26/11/2013

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