This Gift Is A Curse - All Hail the Swinelord

This Gift Is A Curse - "All Hail the Swinelord"
chronique This Gift Is A Curse - All Hail the Swinelord

Les papas sont de retour. Et ils ne sont pas contents. Après avoir dégueulé à la face du monde un I, Gvilt Bearer référentiel, ils ont laissé bon nombre de formations s'engouffrer dans leur sillage et tenter de relever le défi de l'ultra violence de ce crust sludge black metal casse-gueule. Entre les trois ans qui séparent les deux albums du groupe, ce style a attiré un grand nombre de prétendants et de hipsters vapoteurs à barbe et bonnet. Voilà l'heure de remettre les pendules à l'heure.

 

Une fois de plus, les guitares sous-accordées sont au services de riffs furieux exécutés de main de maître. Violents et en colère, les suédois le sont toujours et le prouvent avec les trois premières pistes de All Hail The Swinelord. Brutales, chaotiques et rapides à l'extrême, on a une fois de plus l'impression de se prendre une pelle de tranchée à cran d'arrêt dans les gencives (toutes les dents sont tombées à l'écoute du premier CD). De manière inattendue, le tempo se ralentit dès la troisième piste pour adopter un groove tout eyehategodien, poisseux et vénéneux.

 

Par la suite, jamais on ne retrouvera l'intensité et la violence de ces premiers titres. Cela étant posé, prouvant qu'il n'a de leçons à recevoir de personne en la matière, le groupe profite de la fin du disque pour expérimenter sur des tempos de médium à lent. Entre slude gras comme les artères d'un redneck texan (« Old lies ») et doom léger comme le pied de Cthulhu qui s'abat sur Providence (« Hanging feet »), This Gift Is A Curse parvient à maintenir la cohérence de son propos en restant fidèle à sa vision apocalyptique du monde, même lorsqu'il frise le drone avec choeurs d'église sur le final planant de Askrådare et ses onze minutes.

 

C'est tout à son honneur de chercher à oser et tenter sur près des trois quarts de la durée de l'album, mais en sautant du coq à l'âne stylistiques comme dans une partouze à la ferme, le groupe donne l'impression de ne pas savoir réellement où se fixer. Même si à chaque fois, la qualité de composition est indéniable, on a l'impression que la personnalité du groupe est diluée dans sa soif d'exploration.

 

Enregistré dans une maison abandonnée, All Hail The Swinelord bénéficie d'une production massive, tout en restant dense, volontairement brouillonne et poussiéreuse, parfaitement en adéquation avec la vision d'une société en phase terminale du cancer qui la ronge.

photo de Xuaterc
le 09/11/2015

2 COMMENTAIRES

park

park le 09/11/2015 à 19:06:14

"Même si à chaque fois, la qualité de composition est indéniable, on a l'impression que la personnalité du groupe est diluée dans sa soif d'exploration."
Perso je ne trouve pas, au contraire, pour moi l'un des points forts de l'album et du groupe est justement de réussir à créer une cohérence, une sorte de continuité entre les morceaux malgré leurs différences rythmiques, ambiantes, etc. et je trouve que leur personnalité -à l'heure de tous ces groupes qui mélangent black et hardcore- est justement forte et marquée. All Hail TGIAC !

R.Savary

R.Savary le 30/12/2017 à 14:30:11

Toujours bonnard cet album

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