Warcollapse - Defy!

Warcollapse - "Defy!"
chronique Warcollapse - Defy!

Alors que les Suédois sortent d'un silence ayant duré huit ans, il est plus que temps de revenir sur la sortie du désormais classique Defy!.

Présenter le groupe ne sert à rien : les amateurs savent qu'il a dépassé le quart de siècle, les ignorants viennent de l'apprendre.

Enregistré entre 2004 et 2007, Defy! affiche un joli crâne bien putréfiée en pochette. Le lettrage du combo détruit aussi les dernières traces de doute : ici on cause Crust.

 

Un Crust très offensif débutant par le D-beat classique et carnassier de "Coldwar Remains". Pas de détails, pas de quartier, la prod conforme au genre enrobe les douze titres dans une aura de légitimité absolue.

Les vocaux de Jalle, graves et sauvages, causent le plus souvent en anglais. A l'international, ça joue. Cet aspect a probablement grandement contribué aux succès fracassants de ce skeud.

Je déconne... rappelle-moi sur quelle vague, on surfe là.

La patte scandicrust se retrouve alors sur certains leads et de rares et courts solos très rocks finalement, aérant de façon fugace une plaque opaque et étouffante. Au rayon des petites surprise la longue intro (pour le style) du morceau éponyme et la lourdeur de son ensemble brise une monotonie qui aurait pu s’installer dans les tympans des picoreurs du genre.

 

Le Crust ne se picore pas mais se picole.

 

Bonjour au stenchcore de Deviated Instinct qui s'invite dans le squat. L'impact de "Expendable", juste après, n'en est que plus fracassant. Barney Ross, Lee Christmas et Gunnar Jensen ont bouffé du PCP et labourent alors une rizière à la gatling, l'écume aux lèvres.

On pige enfin que les trois premiers morceaux n'étaient qu'un échauffement. Defy! devient vraiment indispensable à partir de sa quatrième tartine. "Stoner Punk" balance ainsi une œillade salace au meilleur des Portugais de Simbiose alors que "Nightstick Raids" ferait presque garage punk sans la voix guttural du frontman et la basse assassine.

Le seul titre braillé en swedish nous découvre aussi les gencives et "T.H.C" sonnera quasi ouaté. Là, les gars pondent un groove désherbant en ralentissant une seconde fois le rythme : j'imagine l'effet produit à l'époque par ce titre, en live. "One Last…" et ses sept minutes puissantes, presque tribales dans leur rythmique, opère des crescendo barbares achevant de faire de cette galette un indispensable du genre.

 

En apparence très rudimentaire, Defy! se révèle donc, au fil des écoutes, bien plus riche et contrasté que la plaque Käng de base.

photo de Crom-Cruach
le 07/04/2019

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