Wheelfall - Interzone

Wheelfall - "Interzone"
chronique Wheelfall - Interzone

Après un EP qui laissait présager du bon, Wheelfall nous revient avec un album qui se veut plus abouti, ce Interzone dont les thèmes s'orientent définitivement vers la science fiction... Lyriquement, car musicalement parlant, on reste autour de Goatsnake, Kyuss, Slowburn mais on va aussi vers du Sasquatch, plus agressif sur certains plans, et qui se veut plus massif. Mais c'est un peu dommage, je trouve, de se diriger vers un thème aussi riche que la science fiction, les OVNIs, les Aliens, Roswell, sans proposer plus d'effets psychés dans la musique. Car en fait, les Wheelfall sont des maniaques du riff tellurique. Au sens propre du terme, on sent à travers leur musique qu'ils aimeraient trouver le riff le plus génial de l'espace, et le répéter à l'infini à travers un mur d'amplis cyclopéen.

 

Si c'est là la cause pour laquelle ces chevelus se battent sur leurs instruments, je ne peux que la saluer, mais j'ai hélas quelques griefs contre ce nouvel album, et ce serait malhonnête de ne pas les confesser ici. Le paragraphe suivant est donc dédié aux défauts de l'album, mais ne vous y arrêtez pas, le paragraphe qui le suit parle des aspects positifs.

Le son. Il est pas mauvais ou bon, c'est juste qu'il sonne "Metal". Et moi, j'avais pas demandé ça, je voulais qu'à l'écoute de ce nouveau Wheelfall ce soit le sable chaud des deserts d'Arizona qui frétille dans mes oreilles, je voulais sentir la véritable empreinte sonore du Stoner. Ce n'est pas le groupe que je vise là, mais l'ingé son qui a fait les prises... Ca manque de fuzz, de "gros", et de caractère alors que le premier EP n'en manquait pas. Les Wheelfall sont pour moi un des groupes qui représentent le mieux la scène Stoner sur nos terres, justement parce qu'ils ne dévient pas vers le metal groovy à la Pantera, nos lurons sont plutôt d'obédience rock. Autre point noir, la composition "Holy sky", qui, à l'exception du reste de l'album, me semble laborieuse, et casse le plaisir de l'écoute. Il est dommage que cette piste se situe en plein milieu de l'opus.

Parce que, diable, pour le reste, on est servi : la voix de Wayne furter est exemplaire, la limite extrême entre un chant rauque tout en gardant une mélodie. Quand je dis Extrême, je veux dire par là que ni Phil Anselmo ni Dave Sherman n'ont jamais fait ça, et pourtant ce sont de talentueux vocalistes. Il y a quelque chose d'extra-terrestre dans cette voix, quelque chose de surnaturel. Elle se prêterait sûrement à merveille à quelques effets psychés. On remarquera aussi que le groupe a accentué la tendance au ralentissement, au Doom, bref à la démarche d'un pachyderme... Très bonne idée, et ça rend très bien.

La fin de cet album nous propose deux hymnes que la France n'avait encore jamais dédié au puissant Stoner (je dis puissant pour ne pas les confronter aux excellents Mars red sky qui pour moi ne font pas exactement partie du même registre), ces hymnes sont donc le coolissime "It comes from the mist" et le magistral et ambiancé "Interzone", soit les deux titres qui clôturent l'album sur une bonne note : un riff entêtant répété inlassablement pour notre plus grand plaisir.

En conclusion, mis à part un des six morceaux qui pour moi est en dehors du reste, qui me plaît moins, les musiciens proposent ici un album de bonne facture, jouissif, mais qui aurait mérité un son mieux travaillé. J'attends pour la prochaine fois d'entendre des soucoupes volantes balancer des ours explosifs sur des aigles robotisés qui lancent des rayons lasers de leurs yeux, et tout ça dans l'espace.

 

 

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photo de Carcinos
le 12/09/2012

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