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Vladimir Bozar 'n' Ze Sheraf Orkestär - "Universal Sprache"
chronique Vladimir Bozar 'n' Ze Sheraf Orkestär - Universal Sprache
9/10 0
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CD album CD album (59:27)

 

Style musical : 

Nawak metal

 

Année : 

2010

 

Tracklist :

01. RSS Master
02. Super Mythoman
03. Todomak
04. Panzoni pasta
05. Hector ou la défaite de Martin Shin
06. Guignette
07. Le grand Rabbi (ou la revanche d’un Juif japonais)
08. Meglio stasera
09. Rockabiloose
10. Gonzales
11. Toulofi Colum
12. Cartus
13. Ocham
14. GBS
15. Thermostat

 

Label : 

Le Chant du Monde

 

Lieu d'enregistrement : 

Studio Lino Ventura, Nice.
Dans le même style :
City Weezle - Taboo

 

Quoi de plus logique finalement, que de sortir « Universal Sprache » (« langage universel » pour ceux qui ne liraient pas le Papa Schultz dans le texte) sur un label nommé « Le Chant du Monde »? Surtout qu'au-delà de l’accord heureux des dénominations, c’est un même état d’esprit qui rassemble ces 2 entités, un groupe d'espéranto metal délirant ouvert sans restriction sur l’ensemble des possibles musicaux ne pouvant que trouver ses marques au sein du catalogue d’une maison dont le credo est de « rassembler des artistes en marge des modes éphémères et insoumis à l’obligation de profit »… 

 

Mais je commence cette chronique comme si vous connaissiez tous Vladimir Bozar 'n' ze Sheraf Orkestär, alors que finalement rien n’est moins sûr. Fondé sur les cendres encore tièdes d’un groupe de fans de Zappa à partir des restes encore agités de spasmes de Jean-Paul Trash, Vladimir a très vite affirmé son goût immodéré pour l’iconoclasme musical, côtoyant en studio comme en tournée les plus hautes instances de la planète Bungle (en la personne des Secret Chiefs 3 et d'Estradasphere), et sortant en autoproduction, dès la rentrée 2008, l'album dont il est ici question dans une version plus courte et un brin plus roots. Les bonnes fées ne pouvant ignorer plus longtemps le berceau de cette bande d’affreux jojos au talent, à l’humour et la culture musicale aussi larges que les voies naturelles d’une dame sumo sur le point de donner naissance à des triplés, « Universal Sprache » est finalement tombé entre les mains bienveillantes du label sus-évoqué – non, ne croyez pas que les facilités modernes du copier coller vont me pousser à remettre son nom ici bas, à vous de suivre un peu ce qui se passe nom de nom!

 

La planète Bozar, si vous connaissez un peu les références ci-dessus – Mr Bungle, Zappa … ah tiens j’ai retrouvé l’usage du Ctrl+V! –, vous l’imaginez délirante, érudite, jouissive et fourmillante … Et vous avez bien raison! « Universal Sprache » est une mosaïque géniale, un kaléidoscope sonore où se suivent à une fréquence phénoménale – mais dans la plus parfaite des harmonies – metal extrême, dub, délires cartoon, musiques orientales, passages B.O.-like, couleurs tropicales, accordéon, violons, musiques électroniques, pastiches revisitant Brassens ou les Rabbi Jacoberies de Vladimir Cosma... Bref il y aurait de quoi chopper la migraine si tout cela ne coulait pas miraculeusement d'on ne sait quelle source et si cela ne filait pas une patate n’ayant d’égale que la banane incoercible qui déforme le faciès de l’auditeur heureux en une mimique parfaitement niaise.

 

Lister toutes les caractéristiques, trouvailles, bizarreries, délires et autres pitreries que ces doux dingues ont expérimenté sur l’heure que dure « Universal Sprache » me conduirait à écrire la chronique la plus longue – et de loin! – de la maison Core&Co. Je me contenterai donc de vous dire que le couple Pedral / Mina fait des étincelles derrière le micro, peuplant l’album d’une myriade de personnages fantasques et attachants. Et que pas l’un des styles abordés par le groupe ne souffre d’une interprétation approximative. J’évoquerai encore quelques échantillons choisis avec soin, tel ce trip planant où une rythmique chaloupée et cotonneuse sert d’écrin à un chant féminin kirghize (si si) s’élèvant en volutes évanescents dans le crâne d’un fumeur d’opium (à 4:39 sur « Hector … »). Ou cette guitare metal tournoyante tout de groove sertie qui revêt une parure subtilement électro et décalée pour s’adonner à une danse du ventre hypnotique (à 3:56 sur « Ocham »). Ou encore ce geyser death metal suffixé de joyeux clairons portés par une guitare électrique oldy&funky (à 1:29 sur « Panzoni Pasta »).

 

Et quid des différences entre cette nouvelle édition et l’originale me demanderez-vous? Eh bien côté packaging, je ne saurais vous dire, n’ayant pour l’instant qu’une version promo de la toute dernière mouture. Côté musique par contre, il y a beaucoup à dire. Quelques menues pertes, puisque le très dispensable « Smn » a disparu du track listing nouveau. Un petit snif quand même pour l'absence de l'inénarrable « Apporte ma bière salope! », perle de poésie moderne tout particulièrement d’actualité en cette période de débâcle comico-footballistique française, qui figurait initialement en bonus track. Même absence du 2nd morceau bonus, « Pourquoi? », qui avait vrillé plus d’un nerf à l’époque. Ce sont par contre 5 nouveaux morceaux que le groupe nous propose, quasiment tous instrumentaux si l’on excepte le merveilleux ovni « Meglio Stasera » qui donne dans – avertissement: la pauvreté crasse de la culture musicale du chroniqueur va le pousser à écrire d'honteuses inexactitudes – la bossa nova ou autre spécialité tropico-hispanique, avant d’incurver sa course en une courbe plus typée « piña colada à St Germain des Prés » sur fond d’accordéon et de jazz. Autre apport de poids à cette nouvelle édition, « Thermostat 7 », remix d’Igorrr – l’une des 2 éminences grises derrière Whourkr – qui pioche dans « Super Mythoman » et « Toulofi Colum » pour nous offrir une version électro hyper-ventilée de l’univers du Sheraf Orkestär. Les 3 autres morceaux sont donc instrumentaux, à commencer par « Guignette », qui donne dans le gratouillis hispanisant décalé et légèrement inquiétant. Puis vient « Rockabiloose » qui jongle entre autre avec balalaïkas et ambiances Tarantinesques, et enfin « Gbs », trip claustrophobe entre B.O., électro et samples de films.

 

Allez, évitons les longs blablas conclusifs: « Universal Sprache » offre un long et beau voyage dans un univers pouvant rappeler celui de Mr Bungle, le tout étant néanmoins doté de sa patte propre, et ne tombant jamais dans le travers de délires hermétiques. Ainsi à moins d’avoir l’oreille très sensible et de craindre les coups de soleil musicaux et autre mal de mer sonore, je vous recommande vivement de tenter cet équivalent audio des univers de Caro&Jeunet, Gotlib et de Terry Gilliam réunis… A consommer sans modération!

photo de Cglaume
le 25/06/2010

Commentaires

Klaus Khan Truc

Klaus Khan Truc le 24/01/2014 à 13:58:37

IP : 188.154.144.220

ça tuue!!! être fan de Zappa, c'est le plus important! C'est le premier truc que j'ai vu!!!
(connexion impossible chez moi fuck!)

cglaume

cglaume le 24/01/2014 à 15:14:30

En plus ils sont à tu et à toi avec les Estradasphere et Trey Spruance les coquinoux !

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