Albino Slug - Albino Slug

Chronique CD album (51:11)

chronique Albino Slug - Albino Slug

Norway's finest - Origins

 

De tous les disques que je possède, ce premier album d'Albino Slug, paru en 1993, est le plus entouré de mystères. Hormis les quelques info contenues dans le livret, rien. Pourtant, à l'heure de la connaissance universelle à portée de main grâce à Google, je me disais qu'il serait aisé de retracer la genèse de cet opus. Que nenni ! Je suis même incapable de me souvenir de la manière dont j'en ai entendu parler et de la raison qui m'a poussé à son achat. L'origine géographique est un début de piste.

 

Etrange est le nom du groupe, étrange est la pochette, étrange est la musique. Etranges aussi sont les titres des morceaux. Et (*insérez ici le nom de l'entité supérieure en laquelle vous croyez*) sait qu'en matière de bizarreries, je suis blindé. Les festivités s'ouvrent sur quelques notes faméliques qui peinent à former un riff, qui se transforme rapidement pour donner un morceau de fusion metal typé 90's. Je déteste faire des chroniques titre par titre, mais face à cet album, je me retrouve bien démuni pour l'analyser de manière globale. Même si l'ensemble forme un tout cohérent,, il est difficile de résumer l'approche musicale d'Albino Slug. En très gros, à coups de serpe, je la décrirais comme un croisement entre Faith No More et Franck Zappa, parsemé allègrement d'expérimentations électroniques mais sur des ambiances bien poisseuses et sombres dignes d'un groupe de black. Sur cette base viennent se greffer des touches hardcore, rock, trip-hop, noise, et j'en passe. Les vocaux, clairs le plus souvent, occupent une place peu importante, plus proche de la déclamation que du chant à proprement parler.

 

En gros, sur les sept titres, trois suivent réellement cette recette : « knrr8 », « Thorbud » et « Bleeding ». « Du Maa Ikke Sove » est la mise en musique d'un poème en norvégien de Arnulf Øverland au sujet, d'après ce que j'ai compris, de la WWII. C'est la seule fois où les paroles prennent le pas sur la musique. « Bring Water – Skinner Box » est une expérimentation bruitiste dans la veine des délires de Roger Waters sur le second disque d'Ummagumma. Vaffel voit le groupe sérieusement muscler son jeu avec une alternance de passages black (à la Deathcrush), rap metal (style Senser) et pétages de câbles. Enfin l'album se termine par une longue pièce de presque vingt minutes qui comporte trois parties distinctes. Toujours en mouvement, évoluant lentement comme une limace dans un champ de mines, le morceau ressemble dans un premier temps à « A Bloodsword And A Colder Sun » de Mayhem. Il se mue petit à petit en trip-hop minimaliste avec un beat et quelques bruitages qui se désagrègent progressivement et laissent place naturellement au silence avant de ré-attaquer sur un nouveau passage bruitiste et expérimental.

 

Je comprendrais si, après l'écoute de cet album, vous décidiez de me faire interner de force dans un HP, chaque écoute emporte une petite part de ma santé mentale déjà chancelante et me rapproche toujours plus près des Grands Anciens. A la fois ancré dans son époque et en avance sur son temps, Albino Slug semble être un élément clé dans l'apparition de la scène norvégienne formée autour des dissonants Ved Buens Ende. Mais peut-être me trompe-je...

photo de Xuaterc
le 22/11/2015

2 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 22/11/2015 à 11:58:08

Honte sur moi: je ne connaissais nullement la formation...

Xuaterc

Xuaterc le 23/11/2015 à 16:07:36

Honte à toi. Mais comme je l'écris en début de chronique, ma rencontre avec ce groupe relève du hasard complet je crois

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