Allobrogia - Sonnocingos

Chronique CD album

chronique Allobrogia - Sonnocingos

Appelez cela du chauvinisme si vous voulez mais pas plus concernant Allobrogia.

Pas d'équivoque et pas de doute avec moi quand je chronique du Pagan même de chez oam, de la Savoie.

 

Ici on l'appelle Sapaudia, le pays des sapins, un nom attesté seulement à partir du quatrième siècle qui remplaça celui de l'Allobrogie en désignant aussi une région bien plus vaste. L'inspiration des païens concernés ici remontent bien à la tribu des Allobroges (le nom laisse peu de doute), un peuple gaulois globalement homogène, évoqué la première fois par Polybe, ayant servi de mercenaire et ayant mené plusieurs révoltes contre les Romains avant et après celle de Vercingétorix. Ce fut apparemment un peuple puissant et riche. Sapaudia powa quoi !

Voilà, maintenant que le décors est planté (dans la mouille d'un légionnaire si possible), passons à la pochette de la troisième sortie de ce jeune groupe savoyard, formé en 2012.

Roue solaire, carnyx (trompe de guerre gauloise) comme gravés sur le chaudron de Gundestrup : simplicité et crédibilité.

Le titre de l'album, Sonnocingos (la marche du Soleil, sa course annuelle donc), est aussi un terme histo tiré du calendrier luni-solaire de Coligny, le plus long texte rédigé au Gaulois découvert jusqu'à ce jour. Le thème de l'album est donc facile à piger. Niveau emballage et background, on ne se moque donc pas du paysan celte, même bourré à la korma.

 

Côté musique, les gaziers font chauffé le bronze et le fer (on ne parle pas encore d'acier à cette époque) avec leur intro finissant justement sur les notes d'un carnyx. Juste après, l’âpreté du son des Savoyards saute à la gorge.

Ici on cause de Pagan Black. Le rustre, l'épais (mais pas seulement), et l'habité. Les vocaux du frontman se font donc particulièrement belliqueux soutenus par des chœurs déclamés communs à la scène mais rudement bien placés. Les textes sont écrits en Arpitan (terme signifiant montagnard) ou francoprovençal, une langue romane indépendante dérivant du latin et parlée en Italie, en Suisse et dans la région Rhône-Alpes.

Ses sonorités particulières et assez mystérieuses, pour tout dire, apportent ainsi la touche trad indispensable.

Car la musique d' Allobrogia est dépourvue d'instrument folk du coin ou d'ailleurs. C'est là le point faible du combo. Mais la bonne variété des riffs et le souci de ralentir parfois le propos pour amener l'ambiance nécessaire aux fêtes païennes comme Beltan (fêtée le 1er mai et troisième des quatre grandes fêtes celtiques) compense cette anicroche stylistique. Le groupe se pare alors d'atours southerns sinistres et écrasants propices aux sacrifices. Le combo sait aussi prendre des détours mélodiques, dans les chœurs principalement et les leads.

 

Avec cette plaque, Allobrogia franchit donc une sacrée marche (une marche sacrée plutôt) dans la scène pagan franchouillarde en acquérant une identité bien marquée faite de sincérité et de gros gnons dans le nemeton.

 

Au fait, les Gaulois ne mangeaient pas de sanglier, le cochon domestique était plus facile à zigouiller.

photo de Crom-Cruach
le 16/06/2016

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