Aryoch - The Arrival

Chronique CD album (01:00:56)

chronique Aryoch - The Arrival

Le black sympho est un style plutôt risqué. En effet, il n’est pas donné à tout le monde de marier la saleté assumée du black metal aux cheveux ternes avec les orchestrations baroques à la perruque poudrée.

Le résultat de cette liaison dangereuse peut facilement être ennuyeux sinon ridicule. Aryoch est un jeune projet parisien et leur premier album The Arrival mérite qu’on s’y attarde parce qu’il n’est pas ennuyeux et encore moins ridicule.

Projet car celui-ci semble mener par l’inspiration débordante d'un metalhead au nom de scientifique du XIXème siècle: Louis Borel Pasmanian, un touche à tout crédité dans à peu près tous les postes de l’album. Au menu donc, le chef et sa brigade vous proposent 6 plats de résistance bien roboratifs qui vous bastonneront le bavoir pendant pendant 32 minutes. Un mélange bien dosé de black-metal et de death plus ou moins brutal accompagnés d’orchestration épiques, symphoniques ou cinématiques.

Malgré une densité que l’on devine voulue, les morceaux ont quelque chose de très accessible, très évident et restent très digestes. Si l’ensemble n’est pas vraiment d’une originalité ou d’une inventivité incroyable, il n’en reste pas moins très efficace, inspiré et surtout crédible. On sent que c’est le premier album du groupe mais pas le premier album de celui ou ceux qui l’ont écrit. Si vous aimez le black qui n’hésite pas à troquer ses trémolos pour des choses plus techniques dans lesquelles le riff sait être complexe et sortir du chemin trop balisé par la gamme mineure, vous allez être servis.

 

Les riffs sont hyper catchy, pleins d’énergie, de petits ornements qui rendent le jeu dynamique et jamais lassant. Certains plans de "Sumoning Of Astaroch" m’ont même rappelé d’autres d’Unexpect. Le travail de voix est très intéressant, Lucas Henry joue beaucoup avec les tessitures, les interprétations, les hauteurs, superposant les prises pour donner à la voix le rôle d’un instrument à part entière, exploité au maximum. La batterie, que l’on devine programmée, remplit son rôle de soutien rythmique mais l’humanisation n’est pas au rendez-vous et l’interprétation manque de nuance et de vie. Dommage. Les arrangements symphoniques sont globalement très bien pensés et efficaces. Utilisés à bon escient et dans la bonne quantité, ils donnent à l’ensemble une petite saveur néo-classique qui devraient satisfaire les amateurs des brandebourgeois.

Malheureusement, comme pour la batterie, la programmation manque parfois de finesse pour faire complètement la blague. Je sais à quel point c’est là une étape chronophage et ingrate et le résultat est déjà honorable mais pas encore tout à fait pro. Côté mixage, on est dans l’autoprod et...bah...ça s’entend...The Arrival sonne plus comme une très bonne démo qu’un bon album. Entre la batterie hyper sèche, sans claquant (et sans nuances, ce qui n’arrange rien à l’affaire), les guitares assez étriquées sans coffre, la basse quasi absente, la compression à coup de machette et un équilibre pas toujours respecté entre les instruments, c’est écoutable mais pas encore appréciable.

 

The Arrival est un album très inspiré et bien écrit, efficace et bien interprété mais que l’on sent un peu accouché aux forceps. Il aurait mérité plus de travail au niveau de la programmation de la batterie et du mixage pour mieux mettre en avant la densité saisissante des morceaux et de leurs arrangements. Espérons que ce premier jet donnera un peu plus de visibilité à ce groupe/projet et lui permettra d’exploiter son beau potentiel avec plus de moyens et plus de temps.

 

On aime bien: la densité des morceaux, du black/death sympho classique mais efficace

On aime moins: les instruments programmés qui sonnent trop programmés, le mixage trop démo.

photo de 8oris
le 16/07/2021

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