Blacklisted - When People Grow, People Go

Blacklisted - "When People Grow, People Go"
chronique Blacklisted - When People Grow, People Go

Blacklisted existe depuis une douzaine d'années et constitue un bon bourrin racé dans l'écurie Deathwish. Je pourrais arrêter ma chro ici mais ce serait particulièrement malhonnête car peu de groupes mêlent avec talent la fougue oldschool d'un HxC verruqueux et les expérimentations musicales. Les Américains font partie de ce cercle restreint.

 

Equipé d'un son puissant When People Grow, People Go demande tout de même un temps d'adaptation certain pour un Coreux de base. Le titre d''intro "Insularized" faite en effet flipper son crâne rasé mais pas dans le bons sens du terme. Heureusement tout s'emballe très vite sans sommation avec une violence réjouissante pour de nouveau replomber le morceau de façon catastrophique. Mala suerte ! Drôle de choix pour ouvrir un album... autant dire pas loin du tranchage de veine avec un couteau émoussé.

 

La dissonance guitarististique semble être une gimmick du groupe pour montrer le côté expérimental déjà évoqué. Je me gausse en fait. Blacklisted est en effet un groupe de bœufs se parant d'atours civilisés. Un peu de gling glong de-ci de-là ne fait pas un album expérimental. Le chant de George Hirsch ne traîne pas aussi, heureusement, dans le registre plaintif car le monsieur a du coffre et fait beaucoup pour la rage du combo. On sent la névrose pointer le bout de son nez, genre je fais de la musique en guise de psychothérapie. Je devrais m'y mettre, tiens.

Deuxième gros atouts des gars de Philadelphie, la guitare tranchante et abrasive de Pepito (mi corazon ?). La six cordes sait se faire aussi plus nuancée de façon impromptue, ajoutant un parfum southern sur la fin de "Gossamer".

Le blase de leur ville native signifie « amour fraternel » mais point d'amour sur When People Grow, People Go. Car les baisses de tempo ne sont là que pour alourdir le propos. "Foreign Observer" est un bon exemple de morceau groovy et puissant, grâce à une basse grondante. Pourtant ici on n'oublie pas qu'on joue du HxC, les morceaux sont donc courts en majorité, secs et sauvages. Blacklisted ne perd pas de temps à développer son propos préférant utiliser un laminoir comme la société américaine sait si bien l'être pour ses "intouchables".

 

Rejeton d'un Oncle Sam désabusé, d'un cauchemar éveillé, Blacklisted continue son odyssée au milieu d'une scène HxC souvent auto parodique, avec identité et passion.

photo de Crom-Cruach
le 11/02/2015

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