Heavy Days in Doomtown (Toner low + Moss + Cough + Conan + Belzebong + Saturnalia Temple) le 02/05/2013, Ungdomshuset, Copenhague

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Heavy Days in Doomtown

Il faut que je vous parle du festival des Heavy Days in Doom Town, le meilleur festival auquel j'ai pu assister jusqu'ici. Pour plus d’accommodation, nous utiliseront le sigle HDDT. Ce festival a réalisé deux éditions jusqu'à présent, dans un grand squat un peu excentré de Copenhague, au Danemark. L'équipe qui organise ça, les "Undergrundsmusikens Fremme" (UMF), des crusts organisés comme j'en ai jamais vu, travaillaient déjà sur le Killtown Death Festival depuis un moment.

 

Pour vous donner une idée de l'état d'esprit des HDDT, la meilleure solution serait que je le compare au Roadburn. Le Roadburn, c'est 4000 personnes, une programmation Doom Stoner Sludge avec des exceptions Black, expérimental, Drone... Un billet qui coûte 180€ pour trois jours, des petites salles remplies facilement vingt minutes avant que le concert ne commence. Un line up de dingues à chaque fois, qui justifie le prix du billet, et des visuels recherchés, du cinéma, une ambiance cool.

Les HDDT, c'est guère plus de 600 personnes pour deux salles tout aussi accessibles l'une que l'autre, un billet à 55€ pour quatres jours, un line up certes moins "top of the pops" que le Roadburn mais très axé sur le Doom Sludge Stoner sans compromission, donc idéal pour les fanatiques, les freaks du genre, avec des groupes rares, des visuels créés spécialement pour le fest, des expositions d'art, du cinéma, et une ambiance incroyable, fraternelle.

 

En résumé, les HDDT sont plus petits, plus accessibles, moins cher et tout aussi agréables à vivre. La démarche du festival est entièrement DIY, c'est à dire que l'argent collecté sert à payer les frais de transport des groupes de musique, aucun ne demandant un cachet monstrueux dans le line up du festival. Il n'y a pas de système de promotion du festival mis en place non plus, les plateformes médiatiques sont sciemment ignorées, le réseau se fait de bouche à oreille, par le net. Et ça marche !

 

Avant de parler de la musique, il me faut faire un détour par les galeries d'art mises en place tout au long du festival, entre le magnifique livre "Tabula Obscura" que je me suis allègrement procuré, rassemblant les œuvres de Manuel Tinnemans, Sami Albert Hynninen et Timo Ketola, parmi lesquelles on reconnaît pelle-mêle des covers et artworks dédiés à Deathspell Omega (les trois artistes ont bossé pour ce groupe), Urfaust, Jarboe, Portal, Necros Christos, Saturnalia Temple, Fall of the Idols, Reverend Bizarre, Jex Thoth, Amorphis, Centurions Ghost, Hexvessel, Lord Vicar, Sunn o))), Arktau Eos, Watain, Dissection... Autant dire que le lien entre la musique et le visuel est complet ici, une joie pour les festivaliers présents !

 

Arrache-toi un oeil, de Paris, que l'on connaît pour avoir réalisé pas mal d'affiches de concerts sérigraphiées, a proposé, dans une petite pièce adjacente à la plus petite des deux scènes, une pièce montée en papier sérigraphié, avec des "sculpture" de papier, comme des chandelles, des tables... Je n'ai pas pu voir tout, certains festivaliers peut être un peu fatigués et saouls s'étaient assis sur certains reliefs... L'ambiance, au Bleu-vert, était pour le moins décalée avec le reste du festival, ça faisait pas de mal.

 

Il y avait bien d'autres artistes, je n'ai pas eu le temps de voir tout et de tout retenir, mais il faut bien que je finisse en citant le 13th sign collective, d'Allemagne, qui a réalisé tout le visuel autour du festival, qui vaut le coup d'oeil, et le chapeau bas, je ne sais pas pour les autres, mais me concernant, c'est comme s'ils avaient deviné ce que je voulais voir.

 

Les groupes donc ! Je ne vais pas passer par quatre chemins hésitants, pour vous la faire courte et bourrin : un bon 60% de Sludge cradingue dégeulasse et saoul qui vomit dans le micro, un bon 20% de Doom avec une ambiance mystique, une aura occulte, et enfin 20% de rock psyché détonnant, retro vintage 70's tout ce que tu veux qui ressemble à Black Sabbath, allant parfois jusqu'à du Folk.

 

Je précise que le suivi du festival a été relativement sporadique, et que l'intérêt de cette page est plus lié à l'envie de vous faire découvrir le festival en lui-même plutôt que les groupes.

 

Jeudi 2 Mai, le festival ouvrait dans la Stengade, une scène exclusivement réservée pour ce jour. La suite se fera au Ungdomshuset.

 

Bottom Feeder : entendu de loin, je venais d'arriver, mais ça avait l'air de cogner sec. Les locaux semblent avoir le potentiel de nous faire mordre la poussière. Sludge Punk crado, idéal pour ouvrir les hostilités !

 

Huata : faisant partie du groupe, je vais profiter de l'occasion du live report non pas pour parler de notre prestation, ce qui me semblerait déplacé de ma part, mais plutôt du point de vue que l'on peut avoir en tant que groupe dans ce festival, car je pense que cela peut-être pertinent pour que vous puissiez voir un peu l'autre côté de la médaille. Les organisateurs ont fait un boulot monstrueux, dès notre arrivée nous avions accès à des loges avec du cattering, soda, bière, pain et une espèce de crème de cacahuète à tartiner. le festival est vegan, mais cela n'empêchait pas que la nourriture était d'excellente qualité ! sur scène, nous avions le plaisir d'avoir affaire à des ingé son qui savaient ce que cela signifiait de jouer fort, vu la programmation y'avait intérêt ! Cela était d'autant plus confortable, car nous étions venus par avion donc uniquement avec nos instruments, cymbales, caisse claire, guitares et un mini-clavier, nous ne connaissions pas les amplis, il fallait régler la batterie et nous avions peu de temps pour nous installer (pas de balance, seulement un line check devant le public en attente). La patience des ingés sons et du staff nous a permis de nous concentrer sur tout ça, et ce dans une ambiance très relax. Daniel, l'organisateur en chef, prenait soin de nous fournir des bières (sans qu'on les demande !) sur scène, et nous avions aussi le droit à une serviette en sortant du concert ! Le public était aussi excellent, enjoué et demandeur, je pense que tous les groupes ont pu en tirer un bon moment. Nous dormions avec tous les artistes dans le grenier de la salle de Ungdomshuset, il y avait 40 lits, autant dire que l'ambiance était sympathique ! La plupart des artistes étaient accueillis, s'ils le souhaitaient, pendant toute la durée du festival, nourris, logés, soignés ! C'était donc, en plus d'un festival, une sorte de séminaire qui permettait beaucoup d'échange entre groupes, beaucoup de projets étaient en discussion de ci de là, c'était très vivant. En conclusion, j'estime énormément ce festival, car il vise tout sauf le mercantilisme, je n'ai jamais vu un aussi bon accueil réservé aux groupes, je pense que cela transparaît sur la qualité des concerts, et le public ressent sans doute mieux l'esprit de communauté, de famille, qu'il y avait durant tout le festival.

Hexvessel : l'équipe Suomi du Captain Kvohst a fait sensation, de par sa sensibilité et sa musique raffinée. Les aspects Folk enchantent, l'ambiance posée est intense, les voix sont d'une justesse déconcertante. Puis l'aspect Rock progressif prend peu à peu pied, tout se fait en douceur, pour finalement arriver à des morceaux plus enjoués mais toujours aussi planants.

 

Vendredi 3 Mai.

 

Alunah : Doom de Birmingham, Alunah trempe dans les influences d'Electric Wizard, The Wounded Kings, avec toutefois son propre caractère qui ne manque pas d'originalité. Les refrains sont entraînants, les riffs bien trouvés, la voix hélas n'était pas juste, on excusera la fatigue de Sophie Day, qui terminait sa tournée... En réalité, elle était trop en avant à mon goût, et surtout manquait d'effets, de réverbération et de delay, je pense que ça changerait complètement ma façon de percevoir ce groupe.

 

Toner Low : Les Hollandais fanatiques de lampes à lave, de fuzz et de Orange ont encore sévi, et je ne m'explique toujours pas leur absence constante au programme du Roadburn, tant leur musique dopée au fuzz et à la weed sont en lien avec le thème du festival. Doom Stoner rampant invitant à décoller, leur batteur, géant penché sur ses fûts, a ce don de faire traîner ses rythmiques sans jamais en perdre le fil. J'espère toujours que les musiciens utiliseront un jour des amplis deux fois plus gros.

 

Saturnalia Temple : Groupe atypique s'il en est, la bande à Tommie se remet sur pied après un changement de line up difficile, le batteur n'avait pu répéter que quatre heures avant d'arriver sur scène, mais je pressens déjà que le groupe a du potentiel et j'ai hâte de voir l'amélioration lors des prochains concerts ! Et, quoi qu'on en dise, le moment où ce morceau maudit, Aion of Drakon a déboulé, l'hypnose a commencé. Impossible de se détacher de ce riff monstrueux et de son emprise.

 

Conan : Je connais le groupe depuis ses débuts, mais je n'avais jamais eu l'occasion de les voir en live, la salle du Roadburn était bien trop petite et bien trop remplie en 2009. Mais voilà, ils ont débarqué à Copenhague, et pendant le line check, nous avons fait l'erreur de nous moquer gentiment du son tout petit qui sortait. Les monstres avaient caché l'artillerie lourde, qu'ils n'ont lancé qu'une fois le line check terminé. Puis ce fût la guerre. J'ai déjà vu des groupes jouer fort, un paquet à vrai dire, mais chez eux, ça relève de la performance plus que de la musique. Le son massif sorti d'on ne sais où était là pour terraformer nos cerveaux.

 

Belzebong : Boire comme un Polonais, on connaît, mais fumer comme un Polonais, ça c'est nouveau. Et pourtant y'a du niveau. La lumière est verte et tamisée, les joints tournent à une allure déconcertante entre chaque morceau, le quatuor est muet car instrumental, et charie des riffs qui descendent directement de Bongzilla, sans pour autant que le groupe passe pour un clone. Excellent batteur, excellents riffs, le groupe distille ce genre d'ambiance surréelle où le cliché prend toute sa dimension : smoke weed, fuck the cops. Excellent show passé à dodeliner de la tête, Belzebong ne mâche pas ses riffs et j'ai eu la bonne surprise de voir qu'en live ils jouaient plus lentement que sur disque, ô joie !

 

Samedi 4 Mai

 

Heat : Encore un groupe à aligner sur la vague du revival 70's, derrière Kadavar, Orchid, Graveyard, Uncle Acid... Tout aussi talentueux, une voix qui se rapproche de celle d'Ozzy Osbourne, mais un côté franchement Blues Rock, un très bon moment !

 

Cough

: tapez-moi dessus, je n'ai entendu le groupe que de loin, mais cela m'avait l'air fort bien. On reconnaissait les titres phares du groupe, le son semblait costaud.

 

Pagan Altar

: Voilà un groupe qui mérite beaucoup de respect, pour avoir parcouru autant d'années dans l'ombre sans jamais lâcher prise. Pagan Altar, c'est le grand père du Doom, au sens vénérable. Il me semble que le fils du chanteur ou du guitariste se trouve dans leurs rangs, en tout cas on voit qu'il y a un écart d'âge entre le chanteur, le guitariste et le bassiste, guitariste rythmique et batteur. Le show a bien mal débuté, il y avait énormément de problème de son, le chanteur ne semblait pas s'entendre dans les retours, cela a bien duré un quart d'heure. J'imagine le désagrément pour le groupe, ça enlève beaucoup d'enthousiasme de commencer sur cette note incertaine ! Le début du show aura donc ce côté un peu brouillon, sans doute lié encore une fois à ces soucis techniques, mais arrivé à la moitié, il prend enfin une toute autre tournure. Je ne suis pas un grand connaisseur de la discographie du groupe et je ne pourrais pas réciter la set-list (pas plus que pour les autres groupes), mais ce morceau calme qu'ils ont joué au milieu m'a fait découvrir la véritable facette du groupe, mystique et majestueuse. Qu'on se comprenne bien : Pagan Altar a bien des qualités, mais certains de leur morceaux sonnent trop "Rock à papa" dans mes oreilles, ce côté heavy metal pas trop sérieux et festif, alors que l'autre facette laisse libre cours au chant nasillard et perçant de Terry Jones. C'est bien entendu celle-là que j'ai appréciée le plus.

 

Graves at Sea

: Les papas ricains ont débarqués, et autant sur album ça ne m'impressionnait pas plus que ça, autant sur scène ce sont des monstres d'énergie, gonflé au punk, d'ailleurs dans la fosse c'est le chaos, les membres de Samothrace se sont pas gênés pour aller se péter sans précautions aucune dans le public, j'ai cru voir quelques plaies après le concert d'ailleurs... Gros son, beaucoup d'énergie, un chant remarquable, Graves at sea est un groupe à voir en live !

 

Et voilà... Je ne pourrais pas vous parler de la programmation du Dimanche, navré, je suis reparti en avion ce jour là. Je garde un souvenir inoubliable de ce festival, qui peut compter sur ma présence à sa prochaine édition, sans faute.

Les quelques photos présentent ne permettent pas de rendre compte de l'ambiance du festival, mais je vous enjoins à regarder celles prise par le site festivalphoto, magnifiques, vous pouvez les voir en cliquant ICI.

Crédits photos : Alexis Darnoux.
photo de Carcinos
le 19/06/2013

Les photos

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2 COMMENTAIRES

Saucisson

Saucisson le 27/06/2013 à 17:22:45

Super intéressant ce report ! Une alternative au Rodaburn et au Desertfest qu'il me tarde de tenter..

Carcinos

Carcinos le 28/06/2013 à 23:24:52

Merci ! et désolé pour le manque de détails, j'avoue que je n'avais pas prévu, à la base, de taper ce report, c'est seulement au vu de la qualité du fest que je me suis bougé le cul pour en parler

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