Buildings - Melt, Cry, Sleep

Chronique Vinyle 12" (31:00)

chronique Buildings - Melt, Cry, Sleep

Me voilà comme un gamin assis devant mon ordinateur, les doigts tremblants pour vous causer de ce  Melt,Cry, Sleep . C’est qu’à la cinquième infusion de ce bouillonnant cocktail, je ne me sens pas spécialement en état de vous en causer avec toute la sérénité et l’objectivité requise. Que voulez-vous ? En matière de rock bruyant, soit je m’ennuie, soit je m’emballe. Dur.

 

Dans la longue lignée des porteurs de casquettes de base-ball biberonnés aux tétons d’Amphetamine Reptile, je vous présente les Artistes avec un grand A! Prenons ce parti –là pour différencier ces jeunes échevelés qui pensent revisiter à leur manière le rock secoué.  Comme leurs fameux ainés, le tout repose sur le postulat guitare, basse, batterie, le tout sous un déluge de distorsions plutôt bien maîtrisées.  Oui, il y’a même de la mélodie là-dessous ma ptit dame.  Artistes, ils le sont ne serait-ce que pour le choix de leurs artworks  très forts. Il y’a fort à parier que cette nudité vorace fera fantasmer tous azimuts.  Sur le vinyle, l’orange écrasée hausse le ton blafard pourtant affiché. Sans être virtuoses, le groupe joue à merveille sur les tensions, les craquelures dans le sol, les terres qui se dérobent. Leur groove froid est sismique, la faute à cette basse omniprésente et exigeante et cette batterie survoltée. Brian Lake a ce grain rugueux dans la gorge, si familier pour les amateurs de la chose bruitiste. La mélodie garde une place de choix tout au long des dix titres coup de poings.

 

C’est là que commence le dilemme avec Buildings… on se précipite, on les encense ou on les descend pour ce foutu arrière-goût de copier-coller.  En plus, c’est Bob Weston de Shellac qui a fignolé la présentation du buffet, ben tiens ! Descendre un groupe honnête et travailleur… c’est contre ma religion. Bon et ça fait combien de temps qu’il tourne ce skeud…  « Invocation » rappelle le meilleur de Jesus Lizard, groupe qui est d’ailleurs présent sur l’ensemble de l’album. Plus qu’un influence revendiquée, c’est un véritable hommage auquel Buildings semble se livrer.  Que les esprits chagrins rengainent leurs vociférations d’hooligan du binaire. Buildings n’est pas QUE la décalque du Lézard. En filigrane, on ressent une belle personnalité qui puise autant dans le blues le plus rêche que dans certains plans presque new-wave (le flanger sur les guitares, ça marque forcément). A certains moments, c’est Helmet qui pointe le manche de sa telecaster.  « Mishaped Head » reprend d’ailleurs toutes les influences précitées pour un bien généreux cocktail.

photo de Eric D-Toorop
le 07/05/2012

2 COMMENTAIRES

Pidji

Pidji le 07/05/2012 à 09:32:09

J'ai bcp apprécié ce disque également !

Tookie

Tookie le 07/05/2012 à 12:34:38

Bien sympas ces titres en écoute !

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