Calvaiire - Rigorisme

Chronique Maxi-cd / EP (9:00)

chronique Calvaiire - Rigorisme

J’ai pas mal parlé du merdier ambiant qui secouait des villes comme Laval ou Rennes autour de l’excellent label Throatruiner notamment. Effectivement, il n’y a qu’à mesurer le potentiel et la niaque des groupes issus de ce microcosme pour se retrouver à attendre comme un con la mandale suivante... Sans oublier que les différents acteurs des groupes qui nous squattent la platine depuis une paire d’années se mettent parfois à jouer la carte du gang bang et nous pondent des projets  à géométrie variable. Ce fut le cas avec Hourvari, reliquat de postcore massif réunissant des membres de Birds In Row et de  As we draw en 2011 ; à l’époque, j’avais plus perçu ce projet comme un bœuf récréatif et le résultat ne m’avait que très moyennement intéressé. Que voulez vous, on peut pas non plus être pertinent et flamboyant à chaque essai non plus hein, surtout quand y en a qui tournent aux states et sortent des disques sur Deathwish.

 

Cela dit, et pour souligner la stupidité de ma dernière phrase, le dur contexte de la scène hardcore internationale n’a pas empêché nos petits amis à recommencer à taper des partouzes en salle de répet’ et à s’échanger des membres comme on trade des cartes Panini. Le résultat ? ça s’appelle Calvaiire et ça s’adjoint les services d’une paire de baguettes de chez Birds In Row, d’une gratte de chez As We Draw, d’une basse de chez Puzzle et de la gorge qui servait à habiller les compos de Pigeon. Le  premier constat au vu des 4 compos de ce court EP, c’est qu’on n’est pas prêt de revivre l’ennui latent qui m’avait submergé à l’écoute des autres infidélités récréatives suscitées… Déjà, on en a pas le temps ; après, le petit logo Throatruiner sur le disque promo nous fait religieusement croire en la pertinence de ce nouveau projet (indépendamment du fait que le chanteur de Calvaiire est également le « patron » du label, héhé !). Et, finalement, il s’avère que les 4 compos en question sont tout simplement très bonnes.

 

Même si le bordel que génère le groupe ne m’a pas une seule seconde fait espérer une révolution future des musiques extrêmes (il serait temps pourtant, non ?), on peut au moins dire qu’il m’a pleinement rassuré quant au potentiel de certains connards à perpétuer la tradition d’un hardcore sans concessions, malsain, bruyant et grinçant, le tout à leur niveau avec tout ce que cela peut impliquer en modestie et en urgence… Tout comme j’aime quoi. Au final, ça va vite, c’est sauvage, c’est tordu et pas mal vicieux aussi. Il y a pas mal de plans déstructurés mais heureusement pas assez pour rendre les 9 minutes de l’Ep indigestes. Le son est loin d’être incroyable mais on s’en branle gentiment en se remémorant tous ces merveilleux disques qui n’étaient pas forcément mieux produit mais qu’on écoute encore inlassablement aujourd’hui. Le chant quant à lui mérite un petit détour rédactionnel tant il porte en lui une bonne partie de la colère du groupe. Entre certains couinements qui ne sont pas sans rappeler ceux de Jacob Bannon et des hurlements certes plus traditionnels mais tout aussi dégueulasses et suintants, l’éventail émotionnel de la rage et du désespoir est bien malmené… Nos tympans aussi mais il paraît que l’on aime bien ça au fond.

 

Pour conclure, je dirai ce que l’on dit toujours sur les premiers Ep : c’est très court et très insuffisant pour se faire une idée réelle sur la véritable résonnance que pourra avoir un tel projet à terme. Mais bon, le simple fait que le groupe s’enfourne de jolies tournées un peu partout (même si je n’ai pas eu le plaisir de les voir) et projette d’enregistrer un véritable album un jour prochain me rassure amplement. 

 

La chronique en version courte : Calvaiire signe avec ces 4 titres un amuse gueule qui saura émoustiller tous les afficionados de musiques extrêmes, chaotiques et sombres comme le trou du cul d'une baleine bleue.

photo de Swarm
le 16/11/2012

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