Coilguns + Never Void - split

Coilguns + Never Void - "split"
chronique Coilguns + Never Void - split

Si vous avez suivi les épisodes précédents (qui sont bien entendu sortis dans le désordre), vous comprendrez assez vite que ce second split de Coilguns si situe chronologiquement entre un premier split jouissif, violent mais déjà entendu quarante douze fois et un album plus récent, jouissif, violent et, pour le coup, assez passionnant.

 

Histoire de ne pas ménager le moindre suspense, les deux titres que les suisses nous livrent ici se situent entre ces deux repères et ce à tous les niveaux. La production, l’inspiration, la pertinence, la maîtrise… Tout semble s’être considérablement développé depuis le premier split. Mais tout semble aussi un bon cran en dessous des compos à venir. Le fait de n’avoir que deux véritables titres à se caler derrière la cravate ne m’aide pas non plus à avoir un jugement plus poussé et/ou nuancé. En substance, on commence à voir débouler des riffs qui font autre chose que d’envoyer du décibel, de la dissonance et de la couille par palette : la musique des suisses semble s’enrichir et se fait un tantinet plus fine malgré le déferlement quasi constant de testostérone mal contenu qui déborde à chaque mesure. Le premier des deux titres, « Mandarin hornet », est bien la preuve à lui tout seul que le groupe évolue et sa musique avec : en un seul titre de sept minutes, le trio nous dévoile plus de facettes qu’il n’en avait esquissé sur tous leurs efforts précédents réunis.  A la formule primale que l’on a pu découvrir sur le split précédent, s’ajoute donc de la mélodie, des grosses séquences lourdes, des explosions punk hardcore et une sacrée dose de mojo supplémentaire. Un titre monstrueux qui préfigure à merveille la branlée que le groupe va nous mettre moins d’un an plus tard. Je mettrais tout de même un petit bémol sur une production pas forcément très équilibrée qui nous fait perdre pas mal d’intensité en nous collant le chant très (trop) en avant dans le mix.

 

A noter que l’on peut aussi trouver deux titres live supplémentaires sur la version téléchargeable du bouzin et que ces titres sont aussi intéressants que des titres live d’un groupe de noise math-hardcore-mes-boules peuvent l’être : efficaces, super bien enregistrés (c’est à dire un peu plus qu’écoutables) mais néanmoins anecdotiques quand on a les versions studio à dispo... Je découvre néanmoins « Parkensine », issu de leur tout premier ep que je ne connaissais pas, bien punk et frontale comme je l’aime.

 

Sur la face de Never Void (ou Nvrvd, j’ai pas bien compris), on parle le même langage, partagés que nous sommes entre la finesse des braillements de porcs, la légèreté des grosses guitares dissonantes et la délicatesse des constructions chaotiques chère aux deux groupes. On peut donc ressortir notre vocabulaire fleuri à base de noise, de mathcore, de metal et de chaos. On peut aussi se remettre à compter les temps, les breaks et les changements de tempos le long des deux titres que le groupe nous propose ici. Ou alors, on compte pas, on oublie le vocabulaire et on se contente d’apprécier la déflagration comme il se doit, ça marche aussi pas mal. Ça marche même d’autant mieux que, contrairement aux suisses, les brutes de Nvrvd (oui, c’est plus court et oui, c’est des brutes) ont un penchant encore plus prononcé pour le posage de burne sur la table. Les grosses voix gutturales aident, les riffs à deux accords aussi. Du coup, on bouge bien la tête c’est sûr mais on se demande aussi comment une musique aussi complexe peut se révéler à la fois aussi stupide et frontale… Plus clairement, on touche ici (et c’est très subjectif) le point à partir duquel je me demande si je préfère pas m’envoyer un bon gros pavé de grindcore primaire au lieu de cette mixture hybride qui émane en ce moment de mes enceintes. Après, ne me faisons pas dire ce que je n’ai pas dit : les allemands savent nous dévisser la tête et on sent qu’ils y mettent de cœur… Dans le fond (et si je n’étais donc pas un gros con subjectif), ça devrait pouvoir suffire à notre bonheur à tous, parole.

 

Ah oui… On trouve également deux titres live du groupe sur la version numérique du split et, au risque de me copier/coller, c’est chouette, bien enregistré et assez clair mais bon, ça reste pénible à écouter en comparaison d’un bon enregistrement studio surtout que dans le cas des allemands, ça en devient presque frustrant tant les pistes live semblent plus variées et inspirées que celles présentes sur le split.

photo de Swarm
le 06/06/2013

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