Eepocampe - When things get abstract

Eepocampe - "When things get abstract"
chronique Eepocampe - When things get abstract

 

"Oui mais moi je veux du concret !" Vous n'avez pas de peine à revoir le visage de l'acariatre qui vous a hurlé cette phrase pour la dernière fois...
Maintenant, partout, à chaque instant, on nous réclame du concret.
Quelque soit notre travail, notre âge, notre vie.
 
Eepocampe nous sort de cette ambiance orageuse durant 42 minutes sans pour autant ignorer les tempêtes qui nous secouent depuis quelques années.
Un rapide zapping radio en guise d'introduction sur "Lions and elephants" laisse entendre que le thème de la 1ère piste sera l'économie.
Le plus concret des thèmes pour s'enfuir vers l'abstrait : une sorte de "pied de nez" qui nous encourage un peu plus à nous plonger dans cet album.
 
Le trio s'est endurci depuis Day after day... qui sonnait plus léger, plus post-rock, et peut-être plus innocent. When things get abstract est également le nom de l'unique morceau instrumental de l'album. 
Un véritable voyage dans lequel la chimère et l'onirisme se rencontrent. 9 minutes résolument post-rock, qui font le pont entre le passé du groupe et sa production actuelle. On entend ainsi un sample, au milieu du morceau, qui n'est pas sans rappeler les talentueux Microfilm.
Grâce aux angevins on mesurait déjà la finesse de la frontière entre le 4e et le 7e art... Et on se laisse facilement embarquer par l'ambiance du meilleur titre de l'opus.
 
Les éléments post-rock n'ont cependant pas complètement disparu avec une basse ronde audible en continu ou des explosions Mono-esques sur "Neumonal Realm". Les petits arpèges mélodiques chers au genre sont légions mais ne sont plus uniques.
C'est malgré tout grâce à eux que l'on poursuit notre voyage...
 
Si la voix était tremblante il y a quelques années, elle symbolise la grande assurance prise par les arrageois suite à leur première expérience studio.
Anthony varie, s'ose à quelques spoken words, s'emporte sur "Indecisive mind" et tire sur les cordes vocales ("Polaroid fades" ou le crescendo sur "Soliloquies of a further death"). L'anglais est clair mais l'accent difficile à ignorer.
 
Le groupe soigne ses créations en laissant s'exprimer un alto et un chant féminin sur "Heart of volunteer ". On notera également la présence d'un glauckenspiel sur la fin de "Soliloquies of a further death" (avec son passage acoustico-rock) et sur "Neumonal Realm" qui mériteraient presque une chronique rien qu'à eux.
 
L'évolution la plus marquante restera sans doute l'orientation "rock alternatif" qui permet d'explorer d'autres routes que celles de leur style de prédilection. Une route voisine à celle qu'aurait pu entamer Incubus ou Dredg si ces musiciens avaient su négocier leur dernier album...
Enfin, la mélodie prend toute son importance sans devenir une obsession dans ces 8 créations mises en valeur par un son parfaitement équilibré.
 
Autant d'ingrédients mêlés avec succès qui ne seraient pas loin de créer un nouveau genre : le post-rock-rock...
photo de Tookie
le 29/12/2011

2 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 31/12/2011 à 10:09:23

le post-rock-rock ou le post-post-rock ?

Tookie

Tookie le 31/12/2011 à 11:16:33

C'est pourtant évident voyons : l'étiquette post-post-rock ça fait super pompeux, alors que post-rock-rock est plus simple, plus droit au but mais surtout leur correspond mieux ;)

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