Enola - inner ruins

Chronique CD album (45:40)

chronique Enola - inner ruins

Réunion de la rédaction de CoreandCo, 29 Octobre 2021.

 

Pidji : Bon, ok, donc c'est bon, tout le monde est d’accord pour changer les serveurs d'hébergements du site et de passer chez NoMore503.…Des questions? Oui, quoi encore, 8oris? Encore une idée foireuse qui va me faire modifier tout le code du site? Alors, moi, je te rencarde sur des groupes mortels et v’là comment tu me remercies.

 

8oris : Ah non, pas cette fois, jefe. Là, pour les besoins d’une chronique, j’aurais besoin de l’avis de la rédac' sur...hmm...qu’est ce qu’un bon groupe de hardcore...euh...en 2021...

 

Pidji : Euh...Ok...Les autres ? Des idées? Papy Cyril?

 

Papy Cyril : Ahhh le hardcore, je me souviens, ça a été inventé en 52, c’était juste après la bataille de Gergovie...Naahh, je déconne, j’suis pas si vieux...Par contre, je me souviens quand j'ai revendu mes plateformes bleues à paillettes pour un perfecto en cuir. Enfin...Bref, un bon groupe de Hardcore, faut qu’il ait un nom avec lequel je peux faire des calembours dans les news. Mais, sinon, je crois bien que c’est le trait d’union entre le métal et le punk, non?

 

Cromy : Alors, je t’arrête tout de suite. Pas de calembour avec le hardcore...Le hardcore, c’est un style à part, pas l'association louche de deux styles qui n’ont rien à voir. Le hardcore, c’est du punk. C’est de l’énergie sans concession, qui te crache à la gueule des vérités que tu ne veux pas entendre, pas un truc de faiblard en cuir qui s’astique le manche sur un bout de bois à 3000 € en te racontant des histoires de dragons et de promenades en forêt. Vas-y, ça fait 30 ans que j’explique ça au moins 30 fois par an dans les commentaires, j’en ai marre, j’me casse.

 

Le reste de la rédac': Ta gueule, Cromy. Tu restes!

 

Sepulturastaman: putain de merde, je suis d’accord avec Cromy!

 

Cromy: Pour que je me casse?

 

Pidji : Ca suffit les deux là, faites vous des bisous! Lapin, une idée?

 

*Pchttt* Cromy ouvre discrétos une cannette avant de l'offrir Sepulturastaman, surement du jus de raisin

 

CGlaume : Le hardcore, ça ne rend pas les gens d’accord, et ça, c’est clair comme une pissounette après deux litres de Jenlain. Mais, le hardcore, faut pas pousser mémé dans le pit et reconnaître que c’est quand même un peu des metalleux cannés à la KoenigsBier qui auraient laissé le chien de leur voisins punk becquetter dans la gamelle du leur. C'est sympa mais ça manque un peu de nawak, de fusion, de métissage pour moi.

 

Seisachtheion : le hardcore, c’est sûrement pas du blackmetal donc bon...

 

Xuaterc: je pense que c’est le truc indéniable qui ressortira de cette conversation. Et je suis bien d’accord. Ca manque de dépression, d'oppression, le hardcore. A la limite, le post-hardcore, ça s’envisage. Ouep, un bon groupe de hardcore pour moi, c’est un groupe de post-hardcore...

 

Vincent Bouvier: effectivement, ce que je préfère dans le hardcore, c’est le post-hardcore, c’est encore ce qui se rapproche le plus du doom.

 

Freaks: hardcore..hardcore...hardcore...C'est assez vague. Ça regroupe des styles hybrides. C'est quelque chose de difficile à étiqueter clairement...

 

El Gep: Je ne répondrais que dans les commentaires, en mode furtif.

 

Tookie: moi c'est pareil mais seulement si l'album et sa chronique en valent la peine!

 

Pidji: mais qu'est ce que vous foutez planqués sous la table vous deux?

 

Eric D-Toorop: le hardcore, c’est l’influence de la rue, l’intellectualisation du débat social des minorités dans la musique punk, c’est du Levi Strauss à coup de barres à mines...avec une binouze.

 

Margoth: le hardcore, c’est bien mais des fois, pfouu, on a envie de leur dire “hey, chiiiilll, les gars, détendez vous un coup, soyez pas aussi nerveux. Venez, on va se faire un petit Among Us tranquillou!”...

 

Moland Fengkov : le hardcore, c’est un style rapide, direct. Les albums font rarement moins de 50 minutes, à chaque fois que j’en écoute un, j’ai l’impression d’écouter un single d’Opeth en vitesse x2 sur Youtube. C’est pour ça que je préfère le prog. Impossible d’écrire une chronique de 5000 mots sur un album de Hardcore.

 

Pingouins: t'exagères, quand on aime, on ne compte pas, ça vient tout seul, je t’assure que je pourrais écrire un roman sur un album de hardcore, post ou pas post....

 

8oris: Et si je vous disais que j’ai trouvé un groupe qui se revendique sous l’étiquette “hardcore” mais tout en remplissant pas mal de critères que vous évoquez? Enola! Fondé en 2012 et qui après deux EP en 2014 et 2017, a trouvé le temps de faire un album...un bien bel album...un sacré foutu putain d’album!

Le genre d’album qui ferait réagir un El Gep ou un Tookie qui se fendraient peut-être d’un “Oué, bon oké, cé vré, cépatromal” (avec deux biens meilleures plûmes, celles qu'on leur connaît...et qui nous manquent). Enola, ils sont 5 et viennent de la ville la plus rose de France. Pourtant, leur hardcore ne l’est pas, oh que non. Il est légèrement teinté de cette aura mystico-dépressive que l’on peut trouver dans le black. Faisant la part belle aux ambiances "chappes de plomb enrichi en arsenic", ils m'ont un peu rappelé Celeste, moins opprimant mais tout aussi prenant. Du bon post-hardcore lancinant parfois, énergique d'autres fois, souvent porteur de vibes suffisamment malsaines pour entraîner l’auditeur mal à mais avec plaisir vers de sombres pensées.

Mais Enola, ça n’est pas que du post-hardcore, c’est aussi très progressif, très porté sur les ambiances et ce dès le premier titre éponyme de l’album. Un titre foutrement bien nommé, "Inner Ruins", un titre que Pingouins ou Moland décrirait dans une de ces métaphores imagées et bien senties, de celles capables de transporter le lecteur dans le titre comme ce dernier nous transporte dans ses méandres.

Enola, c’est aussi parfois un mélange sludgy de screamo hardcorisé voire mathcorisé ("August") dont la puissance émotionnelle est plus que palpable et bougrement honnête mais aussi de la lourdeur avec "Black Teeth" qui alterne arpèges tourbeux, refrains blastées et ponts aériens. Superbe!

Enola joue donc, intelligemment et avec une aisance naturelle presque énervante, avec les ambiances et nous entraîne dans une tornade de styles. Ils transforment la grammaire du "hardcore" pour en faire un créole parfaitement compréhensible...Voilà qui pourrait faire lever une oreille à notre lapin jaune préféré.

Pour Margoth, Enola sait aussi se poser quand est fait le pari d’une balade aux accents presque pop "A Link Between Us". Et...ça fonctionne parfaitement. On découvre à cette occasion un chanteur avec un brin de voix claire au charme incroyable. Mais le tour de force est de conserver cette ligne de chant quand la la musique évolue vers des contrées plus violentes. Il y a du talent là-dedans, comment pourrait-il en être autrement ?

Bon, ok, du hardcore, il manquera peut être à certains ce côté punko-colérique et revendicatif. "War Torment Sorrow" leur donnera tort mais le propos artistique d'Enola est d'aller plus loin que l'essence originel du style qu'il pratique.

 

Côté son, les choses ont été plus que bien faites, la richesse fréquentielle est au rendez vous et un savant travail de répartition des instruments rend l'ensemble très large, très aéré, ce qui contrebalance certaines ambiances oppressantes, et cela fonctionne, relève le tout comme cette pincée de sel que l'on met dans un biscuit sucré. Tous les instruments sont mixés avec soin, c'est donc très agréable à l'écoute.
 

Inspiré et inspirant, Inner Ruins est un de ces disques à considérer dans son entièreté, dont la grande qualité d'écriture, l'immense richesse stylistique et l'identité forte mérite véritablement qu'on s'y intéresse. Enola a pris son temps et n'a pas fait les choses à moitié: sans faiblesse, sans longueur, sans fausse note, il plaira sans réserves aux amateurs de hardcore versatile. Pour les autres, c'est peut être bien cet album qui aura le pouvoir de les ouvrir, au moins un peu plus, aux explorations que certains offrent au style. Allez, hop, direct dans le top 2021.

 

 

On aime: la déclinaison d'un style géré avec une très belle maîtrise, l'interprétation, les ambiances, le son,

On n'aime pas: même sans méchanceté, faire dire des choses aux copains alors qu'ils les auraient sûrement pas dites...Ah et sur l'album? Bah rien, même la pochette a une certaine classe!

 

Au fait, Papy Cyril, la bonne blague, c’est de taper “Enola Hardcore” dans ton moteur de recherche préféré.

photo de 8oris
le 16/11/2021

9 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 16/11/2021 à 08:50:21

Haha, excellente chro :D

Freaks

Freaks le 16/11/2021 à 14:02:52

Franchement, placer Levi Strauss dans l'texte c'est plutôt classe. De lui sinon j'ai adoré "Tristes chroniques" mouaha!
Excellent ce harrrcore Toulousain! ça fourmille d'idées ;) Black teeth et without you c'est la grosse poignance.. Des réunions comme ça 8oris c'est qd tu veux ;) 

el gep

el gep le 16/11/2021 à 15:38:27

Sous ma table, j'ai ri (furtivement).

Pingouins

Pingouins le 16/11/2021 à 16:40:47

"quand on aime, on ne compte pas, ça vient tout seul, je t’assure que je pourrais écrire un roman sur un album" : ben ouais, quand on y connaît rien en musique faut bien trouver un moyen de faire semblant de savoir de quoi on parle. J'espère que ça fera illusion assez longtemps :D

Sinon à la première écoute, j'aime franchement bien. Faudra que j'en mette d'autres pour une vraie confirmation. Sinon, effectivement, je vois bien pourquoi Céleste se sont invités dans ta chronique, y'a en effet quelque chose qui les en rapproche (en moins intransigeant quand même).
Et c'est rigolo, sur les analogies y'a d'autres noms qui me venaient en tête, mais essentiellement français, et en plus surtout du sud ouest toulousaing (Plebeian Grandstand ou I Pilot Daemon, notamment).

A croire qu'il y a quelque chose dans le son de typiquement franchouillard, p't'être que c'est mixé à la baguette.

8oris

8oris le 16/11/2021 à 17:27:02

"moins intransigeant que Céleste", mais tellement!! c'était l'adjectif que je cherchais au moment de la rédaction et que...je n'ai pas trouvé.
Effectivement, il y a une patte sonore "locale" comme chez d'autres et franchement, bah... consommer local, c'est très bien aussi! XD

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 16/11/2021 à 18:37:52

J'aurais bien rajouté "bande de bâtards" après ma première tirade. 
Mais en l'état, toute la rédac est vraiment bien croquée.
Me suis bien bidonné. 
Et puis le combo ne fait pas trop baltringue: c'est écoutable quoi.

enola

enola le 17/11/2021 à 10:06:22

Salut,
8oris: merci pour la chronique excessivement généreuse !
Pingouins: pour le son franchouillard, les boulangers ne sont pas responsables. Il faut plutôt chercher du coté de chez Wild Custom (guitares + basse) et Thibault Chaumont (mastering).
Crom-Cruach: merci !

Eric D-Toorop

Eric D-Toorop le 19/11/2021 à 20:19:52

Je ne suis pas d'accord du tout et c'est tout le contraire (en vrai) ^^
Nice shot, man

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 20/11/2021 à 19:19:19

Ahstag enola: c'est un réel plaisir de faire plaisir, surtout qu'on rentre dans la période de Noël.
Ashtag Eric: l'humour belge, c'est comme les oignons, ça fait mal aux pieds.

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