Fake Idyll - Therapist

Fake Idyll - "Therapist"
chronique Fake Idyll - Therapist

Je vois... Ce matin – outre le bipbip du radio-réveil, l'appel urgent d'une nécessaire vidange et, pour ces messieurs, la joyeuse raideur d'une béquille persistante –, vous vous êtes levés avec une envie de metal à la fois grassement bourru et gravement barré, façon Carnival in Coal / Crotchduster, mais en plus néandertalien et sans l’enrobage électro ininterrompu de Whourkr... Pas vrai? Eh bien amateurs des grands écarts osés de Cephalic Carnage, de la basse toute-puissante de One Step Beyond et de la jouissive polyphonie de l’extrême de Frightmare, ne cherchez plus: Fake Idyll est le nouveau meilleur ami avec lequel, sales garnements que vous êtes, vous allez violer des poupées Barbie et sniffer de la poudre de Carambar dans le bac à sable du metal extrême crouteux!

 

C’est chez nos germains de voisins d’outre-Rhin que naquit ce groupe d’obsédés sexuels porteurs de gros nez rouges. Et si l'on y regarde de plus près, l'origine exacte de la déflagration provient des caboches de membres de Japanische Kampfhörspiele, Jack Slater et de tout un tas d’autres groupes aussi méchants qu’un rottweiler soufrant d’hémorroïdes. A l’écoute de ce cocktail de grind, de death,  de gore, mais aussi de crust, de musique de film, d’indus/noise, de tech-math-truc, de musique classique, de bruitages d’hiver-Eva-riait  et de metal mélodique, on se dit que l’environnement qui a vu naître ces 8 compos devait être lourdement chargé en ces matières psychotropes dont les Cephalic Carnage – justement – raffolent. Comment expliquer, sinon, ce refrain happy-youpi-synthé « The-rapiiist gets aaall the giiirls », les légères pointes de scratch sur « Dead Cow Pizza » ou encore ce téléphone qui tombe comme une soupe sous le cheveu à 1:55 sur « Supreligious »? Et puis quel groupe de sobres métalleux aurait eu l’idée de coller un morceau de – allez, tentons une étiquette – soft électro/dub/indus martial (« Bekifftin Deutschland ») plus 4 minutes d’indus/noise minimaliste et velouté (« Moho ») après un tel déferlement de gros décibels grumeleux?

 

Bon c’est vrai que Therapist est un peu foutraque et donne parfois l’impression que tout un tas d’idées a été balancé dans la marmite dans un grand élan d’enthousiasme peu soucieux de cohérence. Sauf qu'à l’écoute du tubissime « Schlangenmilch » – ode aussi puissante qu’accrocheuse à la gloire de la spermo-cosmétique, et qui comporte entre autre incongruité un passage de rapcore misogyne en français dans le texte – ou de l’ambitieux « Supreligious » – qui combine le faste de la musique classique, la puissance persuasive d’un death viril mais mélodique, et des élans épiques dignes d’une B.O. – on se dit qu’indéniablement, tout ça sent le talent à plein nez!

 

« Mouais, sauf que le problème de ces projets barrés, c’est que c’est impossible à faire sonner, la furie blast’n’growl se mêlant rarement harmonieusement avec les beats tecnho et les digressions délirantes »

À ça je ne répondrai qu’une chose: le mixage et le mastering ont été confiés à Jacob Bredahl, et faites-moi confiance, le souffle brûlant qui jaillit de vos enceintes a de quoi méchamment vous roussir les rouflaquettes!

 

Bon, parlons peu parlons bien: vous aimez l’odeur du napalm in the morning? Vous aimez le sexe crapuleux et les mélanges improbables mais costauds? Vous n’êtes pas de ceux qu’un peu de bordel ambiant rebute? Essayez Therapist de Fake Idyll, d’autant que les 4 derniers morceaux étant des versions instrumentales, ça vous donnera une occasion inespérée de rencontrer vos voisins du dessous pour une séance de karaoké endiablée qui pourrait déboucher – qui sait, l'acool et le poppers aidant... Un évier ('tain la chute trop drôle)!

 

 

 

 

La chronique, version courte: un bon petit mélange de Cephalic Carnage, One Step Beyond et Frightmare, mais en plus frappé du ciboulot!

 

photo de Cglaume
le 26/06/2012

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