Fat Supper - s/t

Fat Supper - "s/t"
chronique Fat Supper - s/t

Je dois bien avouer que le nom du groupe ne me donnait pas spécialement envie d'écouter.

Moi qui ne supporte pas la sensation de satiété, d'avoir trop bouffé, cette digestion lente et difficile, cette impression de n'être qu'un gros sac de victuailles mâchées prêtes à être transformées en merde.

Ouais, une bonne grosse usine à merde, un coup à finir anorexique !

Mais le bon Pidji a bien fait de me causer de ce groupe.

J'ai écouté.

Et j'ai oublié le nom.

On s'en branle des noms de groupes.

On s'en branle des belles/moches pochettes.

On s'en branle des pochettes ! On s'en branle de l'emballage !

On s'en branle de la réputation !

On s'en branle du styyyyyyyle !

On s'en branle des petites boîtes, on finira tous dedans quoiqu'il arrive, urne ou cercueil ! Entier versus hachis parmentier, pourrissant d'humeurs glaireuses ou cramé à moitié, même combat, on aura la même étiquette : « pauvre con, tu nous manques (ou pas) ».

 

Donc j'ai écouté Fat Supper. Super ! Pas vous ? Bah allez vous faire voir là-bas de ce pas.

Faut aimer le Rock détendu du corps caverneux qui se la joue Pop grassouillette et bancale, je sais pas moi, tiens, Lou Reed en Belgique sans le côté relou de gros connard.

Basse caoutchouc, guitare raclante et voix complètement bousillée apportent un charme certain aux morceaux plus ou moins nonchalants (surtout plus). "Tiny Wave" me fait même penser, par moments, qu'il y a du Creedence Clearwater Revival là-dedans, en moins lioneu (« lioneu », c'est pas les violoneux sans le viol, c'est plutôt comme le roi animal qui rugit), comprendre un peu moins véner, moins manche rouge, plus sarcastique posé avec sa moustache, dans le fond, là-bas.

Ça sent la moustache ! Et c'est pas les Kings Of Leon qui me contrarieraient !

 

Tout passe tranquille, relax, avec classe. Y'a vraiment du travail sur les sons, une patine vintage, ma chère, très agréable, naturelle.

En fait, je sais pas si vous connaissez, mais ça me rappelle gravement ce groupe, là, Dead Man Ray (ex-dEUS inside, me semble), notamment le disque Berchem Trap. Le délire est proche en tous cas.

Ça vous fait une belle jambe !

 

Ça groove, tout ça, quoiqu'il en soit. Et cette voix éraillée, cassée, brisée, niquée de chez niquée, fait des miracles.

On pourrait craindre la pose, la posture, le maniérisme, à de multiples reprises, mais finalement, ça passe à l'aise, Vic Chessnutt serait content.

Il y a même du chant féminin plutôt charmant sur "Knowledge And Feeling" et ses jolis arpèges, et du crooning nocturne élégant tout le long de "Gravity None" (putain ces sons de gratte!), qui recèle un pseudo refrain de chœurs clairs très beaux.

Ça ne s'énerve jamais vraiment, même dans "Basement" qui se contient dans le bouillonnement... alors qu'on aimerait parfois que ça s'excite un peu. Un peu plus, quoi, montrez que vous avez de la poigne, les gars, sans rentrer dans le concours de bite !

Bon, ça n'engage que moi, comme d'hab'.

 

Donc pour résumer, un beau disque Pop-Rock (dans le genre petite boîte aux contours flous, paie-toi « Pop-rock », ahahahah!), absolument pas variétoche, pour ceux qui aiment l'esprit laidback, les arrangements et les sons autant organiques que travaillés... Et les bonnes compos !

Un groupe hors du temps (et forcément hors-modes), ambitieux dans la miniature, qui sculpte son répertoire dans la Mère-glaise, comme des hommes, des vrais, ceux qui ont du cœur et du poil.

Très agréable intime moment entre bears, merci Pidji pour les présentations, la prochaine fois, je t'invite, promis.

I'm coming ! I'm coming... OUT !

 

(désolé)

photo de El Gep
le 13/04/2013

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