Grandeur - Aurea Aetas

Chronique Maxi-cd / EP (17:38)

chronique Grandeur  - Aurea Aetas

Il est temps de reprendre mon bâton maudit de pèlerin encapuchonné et d’arpenter les chemins obscurs de la scène Black Metal mondiale, européenne surtout, afin de débusquer les projets soli qui ont attiré mon attention en 2021 (je ne manquerai pas de parler en février 2022 de l'Indonésien Januaryo Hardy avec son Pure Wrath).

 

Avant de vous parler d'un Anglais (Joseph Hawker/Etheral Shroud), d’un Allemand (Noise/LeiÞa), d’un Russe (George Gabrielyan/Gloosh), d’un Italien (Vittorio Sabelli/Dawn of a Dark Age), d'un Hollandais (Carchost/Helleruin) et de deux Français (Arsonist Tohliam et Rats, respectivement pour Ars Moriendi et Morguiliath), je vais m’attarder sur l’année féconde d’un Autrichien, Erech Leleth, qui a connu selon moi son point d’orgue avec l’une de ses créations pourtant les plus ramassées – en l’occurrence un EP de 4 titres –, puisées parmi l’un de ses très nombreux projets : Grandeur !

 

Adepte fervent des formats courts, cet Erech se démultiplie en effet dans sept autres projets qui touchent aussi bien au Black/Death (Order of Ištar), au BM gothique (Haunted Palace), mélodique (Narzissus), atmosphérique (Der Toten Lebend Schein), au Black/Thrash (Golden Blood), au Raw Black punkisant (Carathis) qu’au BM épique (Ancient Mastery) !!! Les propositions sont forcément inégales, mais chaque sortie déborde d’enthousiasme, de sincérité et de qualité d’une écriture charpentée autour de riffs soignés et finement associés à chaque univers abordé. Sans oublier un shriek impeccable (à la Shagrath), ainsi que – et c’est peut-être même là l’essentiel – un sens très aigu et souvent scotchant de la mélodie.

 

Hymns To The Tower, EP de Carathis

 

D’aucuns ont peut-être été hameçonnés à la nébuleuse d’Erech par l’entregent de Narzissus ; pour ma part, je l’ai approchée en arpentant les pistes d’Ancient Mastery. Son premier jet Chapter One: Across The Mountains Of The Drämmarskol – le début d’une quadrilogie en l’honneur du royame de Valdura – a embelli mon mois de janvier 2021, avant que le dernier album de Grima vienne le magnifier ! L’orchestration du synthé y est tellement décomplexée qu’elle peut faire sourire à l’occasion d’une première écoute forcément insuffisante. En fait, dès le premier titre "To Valdura" et plus encore sur "The Majesty of Aztara" (quelle gradation à la 4e minute !), elle s’avère totalement flamboyante, pleine d’ardeur, au point qu’elle (trans)porte son auditeur vers un ailleurs merveilleux. Alors qu’on approche du Metal transylvanien à la Sur Austru sur "The Forest Gate" (belle utilisation de la flûte), on frôle un peu trop le kitsch sur "The Passage"…

 

Chapter One: Across The Mountains Of The Drämmarskol, premier album d’Ancient Mastery

 

Malgré tout, quel plaisir sincère d’apprendre la sortie d’un nouvel effort, dès le 7 avril, plus chiche celui-là (3 titres seulement), intitulé The Chosen One. Et quelle bonne nouvelle de voir que ce travail a tapé dans l’œil du label Northern Silence qui lui offre une (c)ouverture idoine avec une nouvelle date fixée au 12 novembre. À cette occasion deux titres inédits "Ad Mortem" et "Preacher’s Lament" sont mis sur la table, avec la présence forte d’une voix féminine, semblable à Agnete Kjølsrud sur Abrahadabra ("Gateways"). Il s’agit ici de Circe, compagne d’Erech, déjà placée sur le morceau éponyme. Sinon on y retrouve scrupuleusement la même ambiance épique et exaltée, farcie d’émotions. Le synthé y est toujours aussi triomphant et son association avec le chant nous ramène d’emblée au Dimmu Borgir des années 1990, sur le fort bien intitulé "Shadow of the Past" et plus encore sur "To Bear the Sword" !

 

The Chose One, dernier EP d’Ancient Mastery

 

Vous comprenez donc que c’est avec un grand intérêt, en fait avec un réel appétit, que je découvre le 14 juin 2021 Aurea Aetas de Grandeur. La large entame au synthé laisse penser à un simple copier-coller. Il n’en est rien. Dans ces 4 titres dimensionnés entre 4 et 5 minutes et chiadés en 15 jours seulement (écriture et enregistrement inclus !), cet EP encapsule avec urgence un pur condensé de Black Metal catchy, qui nous embarque dans un rythme très soutenu et dans une ambiance plus rude, moins épique ("Ultimum"), parfois plus hargneuse ("Aurea Aetas" où se cache des belles saillies à la guitare, à la Grima). Quant au génial "Exordium", celui-ci fait son effet après une minute : je suis resté béat de satisfaction devant cette p’tite pépite entraînante (quels riffs !).

 

La prolificité d’Erech ne dilue pas du tout l’intérêt que l’on devrait accorder à chacun de ses projets, spécialement à Ancient Mastery et Grandeur, mes préférés. Et cela s’explique aisément. Par un mot en fait. Et un seul : le talent.

 

photo de Seisachtheion
le 06/12/2021

1 COMMENTAIRE

Seisachtheion

Seisachtheion le 21/12/2021 à 13:41:35

Un nouveau Carathis... Déjà 😅!!!
https://carathisbm.bandcamp.com/album/the-amethyst-fortress

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