Gravity - Syndrome

Chronique CD album (60 minutes)

chronique Gravity - Syndrome

 

Tout part de là : "L'enfer c'est les autres" (Sartre) ou plus simplement "Monde de merde" (George Abitbol)
Un astronaute décide de quitter la Terre sur laquelle il ne s'y retrouve plus. Mais cette montée vers les étoiles pour échapper au chaos ne sera qu'une lente et progressive descente dans la confusion d'un héros habité. 
 
Ce voyage d'une heure s'appelle "Syndrome", et il a beau n'être que le premier album de Gravity, il se présente comme une belle pièce. Pourtant le groupe ne s'est pas donné la tâche facile puisque le chant est en français. L'exercice a beau être acrobatique, on se laisse happer par une écriture qui ne sombre pas dans la facilité mais qui arrive à faire mouche. Le mieux dans tout ça c'est que le chant a beau osciller entre Angela Gossow d'Arch Enemy, Candice de Eths tout en allant emprunter au métal symphonique : ça tient plus que bien la route.
C'est ultra accrocheur et la prononciation rend le texte très compréhensible. Une audace qui ne s'avère bancale que sur la première minute d'"Obsession" : tout le reste est très intéressant et parfaitement calé.
L'appui masculin growleux toujours discret apparait à quelques occasions, histoire de durcir le ton lorsqu'il semble trop doux.
 
Derrière, si c'est moins audacieux, ça n'en est pas moins fait pour plaire aux fans de métal en général. On va taper dans des riffs à la Gojira. A certains moments la ressemblance passera de l'état de troublant à gênant. "Part 1 Espace" et "437" nous poussent à l'interrogation : hommage ou pompage ? 
Toujours est-il que le rouleau compresseur avance et écrase entre rythmiques saccadées (la batterie est un sérieux atout), des riffs qui s'osent au métalcore, au thrash, au death.
On croit rêver lorsqu'on découvre que "Souffrance" dure plus de 10 minutes : sombre et suffocant, l'intensité ne baisse qu'à 2 minutes de la fin.
Complexe, Gravity n'en ignore pas moins l'importance des mélodies et sait taper là où le métalleux l'aime : des rythmiques qui prennent nos oreilles pour des punching-balls, des riffs pour lesquels le pachydermisme passe pour un concept trop léger.
 
L'album peut connaître une petite baisse de régime : la lassitude prenant parfois le pas, Gravity s'efforce néanmoins de proposer des breaks avant d'entamer un crescendo captivant.
Et le groupe réussit malgré tout à nous captiver puisque sur "La constante aléatoire", le déchaînement imagé par un chant tourmenté provoque une foule d'images que l'avant-dernier morceau instrumental nous permet d'affiner après ce riche voyage...
 
Aujourd'hui pour échapper à l'enfer qu'est les autres, on peut se payer un aller-retour dans l'espace avec 20 millions de dollars. 
Avec Gravity, il ne faudra que 15 euros. En plus il n'y a que l'aller et ça se termine, fort heureusement, assez mal. Le calcul est vite fait...
photo de Tookie
le 26/07/2011

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