Gronibard - Regarde Les Hommes Sucer

Chronique CD album (37:28)

chronique Gronibard - Regarde Les Hommes Sucer

Deux prostituées sont dans un ascenceur. Soundain, l’une dit: “Dis donc, ça ne sent pas un peu le sperme?”, l’autre répond “désolé, je viens de roter”.
 

Cette blague ne te fait pas rire? Alors ferme cette page rapidos parce qu’on s’apprête à parler du dernier album de Gronibard. Exit donc les enfants nés dans les choux ou dans les roses, les puritains fragiles, les moteurs de référencements pudibonds, les SJW imperméables au 12ème degré, Christine Boutin et tous les phobiques de la grivoiserie parce que les patrons sont de retour et ont posés leur énormes couilles poilues sur le calendrier des sorties attendues de l’année.

 

Pour être franc, à la rédac de Gore And Co, ça a un peu bandé mou quand la proposition de chroniquer cet album est arrivée sur la table. "Le problème, c’est que je suis un peu vieux pour ça" ou encore "oui, tu sais, un album de grind, à mon âge, c’est une fois par mois et si je suis en forme" ou bien "tu sais, le grind, c’est bien quand tu es jeune, moi aujourd’hui, je suis à la recherche de quelque chose de plus profond". Plus profond? Qu'y a-t-il de plus profond qu’un album de Gronibard? Même si c'est profond à sec et avec des graviers.

Pour ma part, j’étais plutôt curieux de voir ce que les 5 joyeux lurons du nord seraient capables de pondre 10 ans après, surtout sachant que le bouzin sortait chez Season Of Mist (ce qui m’avaient quelque peu mis la pute à l’oreille pour accepter le gros niquage de cet album). 10 ans donc, 10 ans qui auront laissé le temps à leur digne engeance, Ultra Vomit, de conduire savamment (ou pas) le grindcore franco-rigolo-porno-crado vers quelque chose de plus mainstream (les pelouses de l’Élysée quand même). Le grivois diablement choquant serait-il devenu sagement marrant? Gronibard est de retour pour répondre à cette question que tout le monde se pose sauf eux.

 

Pour commencer, les pépères pervers nous rappellent que la recette parfaite du grind débile, elle est simple comme le scénario d’un gonzo de chez Brazzers: des riffs en 105D, une batterie BBW qui prend cher dans le derrière, une basse accordée en MILF, des voix alternant passages aiguës qui font pitié et growls qui font pitchés, des morceaux courts enrichis au FisTubLub, des thématiques qui tournent autour du caca, du pipi et la saint-trinité du gore-grind (anus, pénis, vagin), illustrés aussi bien par les textes que par de superbes samples style film érotiques scénarisés avec le cul. Chez Gronibard, on mélange le tout vite fait pour un résultat incroyablement réussi malgré le niveau de rien-à-foutrisme des mecs derrière le projet.

Tous ceux qui appréci(ai)ent Gronibard avant s’y retrouveront donc ici largement. Tout y est, rien n’a été perdue avec les années, comme quoi, à sempiternellement faire les gamins, on parvient à toujours rester frais.

Mais attention, Gronibard continue à faire du gronibard mais a plus qu’évolué. Pour commencer, les morceaux ressemblent à…bah…de vrais morceaux. C’est toujours gronibaresque (groovy, catchy, direct et hyper efficaces) mais juste ce qu’il faut de plus structuré, de moins bordélique et…c’est trop cool ! On a envie de dire "Ah bah, enfin!". Si Gronibard d’il y a 10 ans pondaient des gif animés musicaux aujourd’hui ils font plutôt dans la vidéo tiktok. Dans les deux cas, on peut vivre sans mais on a envie de l’envoyer aux copains potaches pour les faire marrer.

Les mecs continuent donc à faire les cons mais le font avec ce qui semble bien être…mais oui…un poil plus de sérieux ! Et ça fonctionne, Simone ! Même dans la mise en place et l’interprétation, si Gronibard a toujours été propre (si si, je vous assure), là, c’est non seulement propre mais bien réfléchi. Mention spéciale à "Intermerde" et "Sperm Smokers", absolument superbes, deux médiocrités éjaculatoires qu’on écoute avec plaisir, deux trois kleenex ou une chaussette (100% coton idéalement). Mention d'honneur à "De Mysterfriize Pomme Bananas",  qui plus, qu'une parodie de ce qu'il me semble être Mayhem, sonne comme un tribute plutôt solide et finalement assez juste.

 

Niveau texte, c’est quand même beaucoup plus travaillé que We Are French Fukk You et ses antécédents médicaux. Alors, ok, on est passé du niveau maternelle à celui du cours élémentaire mais quand même…2 ème année du cours élémentaire (on sent que l’élocution s’est améliorée)…Evidemment, le fond reste débile, graveleux, crade mais…bah ça fait du bien d’écouter des mecs qui n’en ont absolument rien à foutre, cultivent la puérilité sans aucune forme de gêne hypocrite. En plus, ça a beau parler de pd, de doigts dans le cul, de mouchoirs plein de sperme, ce n’est jamais insultant et malgré tout souvent véridique car qui d'autre qu'un habitué des examens proctologiques pourrait contredire cette lapalissade : "un doigt dans ton cul, tu l'as senti" ?

 

Grosse évolution enfin sur la Prod, fini le temps du grind noisy avec un son de rouleau de papier toilette recyclé. Le son Gronibard est bien là mais disons qu’il n’y en a plus partout sur les bords et sur la lunette. On entend bien chaque instrument et ça joue (écoutez donc le lead noisy à 1:20 sur "Sperm Smoker" et osez dire que les mecs ont pas bossé les arrangements de cet album). Bref, c’est propre, moderne, bien fat et en plus pas fatiguant du tout. On a encore envie de dire "Ah bah, enfin!".

 

 

10 ans, c’est long surtout pour un groupe devenu malgré lui légendaire, la plantade aurait pu être prévisible. Et bah, non, ta gueule Boris, car à la manière d'un Meshuggah, Gronibard auraient pu intituler leur dernier album "Inenculables" parce que personne ne va la leur faire à l'envers: ils ont été, ils sont et ils resteront les patrons du style. Et, non, ils n'ont pas grand chose à voir avec Ultra-Vomit, qui joue désormais dans une autre cours de récré' : là où Ultra-Vomit est plus policé, Gronibard est plus injurieux, là où Ultra Vomit FMise leur son, Gronibard conserve leur patte originelle, là où Ultra Vomit ne fait plus que rire, Gronibard continue de choquer. Leur grind porno-rigolo est irremplaçable, increvable, inimitable et reste efficace et catchy. Il bénéficie pour l’occasion d’un couche de vernis couleur caca du plus bel effet qui ajoute de la crédibilité à l'ensemble (autant que faire se peut). Un album qui fait du bien et dénotera à l'heure de la morosité musicale parfois trop inscrite dans le politiquement correct vers lequel on tend.

 

 

On aime bien : une retour réussi, une évolution palpable mais sans renier l'essence, un album bien plus mieux qu'il n'y paraît

On n’aime moins: les fans de trve grind bien raw, abordé avec sérieux passeront leur chemin.

photo de 8oris
le 31/05/2022

9 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 31/05/2022 à 07:23:24

Chronique bien chouette, qui donne envie de tremper ses oreilles dans le caca 🤣

Euh par contre : « là où Ultra Vomit FMise leur son, Gronibard… » ???

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 31/05/2022 à 15:52:30

J'ai tenu deux morceaux.

Seisachtheion

Seisachtheion le 31/05/2022 à 16:33:35

Hé bvoui Cromy "les fans de trve grind bien raw [...] passeront leur chemin"...

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 31/05/2022 à 17:45:30

Pas fan de grind "bien raw" perso. Mais de la branche "canal hystérique", ah ça oui !

apsa

apsa le 02/06/2022 à 20:18:11

Ils auraient du arrêter depuis longtemps. Les plaisanteries les plus courtes sont les meilleures.

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 04/06/2022 à 10:32:55

Pour une fois que je suis d'accord avec un de nos lecteurs.

Pingouins

Pingouins le 04/06/2022 à 14:28:11

Un seul commentaire : no comment.

Ah merde.

el gep

el gep le 04/06/2022 à 22:25:48

Moui, le Grind Pouë-Pouët, très peu pour moi.

(Raah, on dirait un commentaire youteub, j'adore)

el gep

el gep le 04/06/2022 à 22:28:25

...mais j'ai le droit de dire que la pochette m'a l'air, comme ça, plutôt dingue?

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements

  • Soirée FRANKENHOOKER (DEAFHEAVEN + CELESTE + WHISPERING SONS + SLOW CRUSH) le 30 septembre à l'Elysée-Montmartre
  • Seisach' Metal Night #3