Harm - Demonic Alliance

Harm - "Demonic Alliance"
chronique Harm - Demonic Alliance

Après le Top départ donné en 1998 par The Haunted au moment de la sortie de son revigorant coup de fouet éponyme, ça a été la ruée, la grande foire d’empoigne d’où ont émergé les Carnal Forge, Corporation 187, Dew-Scented, Terror 2000 & co. Noircissant un peu le trait à coups de suie et de vocaux – voire d'un folklore – inspirés du black, un réseau emmené par The Crown s’est formé en parallèle, entraînant dans son sillage les Dimension Zero, Impious, Defleshed et consorts. Que reste-t-il de ces courants aujourd’hui, en dehors des têtes de pont qui se reforment, périclitent ou se diversifient? "Peau d’zob!", tout à fait mon cher Léon! La source semble effectivement bel et bien tarie…

 

Laisser s’éteindre un pan entier de la grande famille metal? Vous n’y pensez pas mon ami! Nos voisins germains ne sauraient tolérer pareil laisser-aller. Et en effet, comme ils ont entretenu la flamme death suédois old school avec Fleshcrawl avant même que les Death Breath et autre Bloodbath ne poussent leur premiers vagissements, les voilà qui dégainent Harm pour remettre du charbon dans le poêle « furious death/thrash » à la mode The Crown.

 

Vous connaissez sans doute de réputation la rigueur, la qualité et le sens des traditions allemands, au moins par le biais des pubs dont nous abreuve l’industrie automobile. Eh bien Demonic Alliance sort du même tonneau, et vous rentrerez dedans comme il y a quelques années dans Silent Night Fever. Les vocaux acides, les sprints riffés, les soli thrash furieux, les débrayages mid tempo guerriers, la basse au vrombissement métallique de vieux trampoline rouillé, les excès de vitesse bouillonnants… Welcome back to good ol'death/thrash motherfuckers! Sauf que bon, travers fréquent du metal teuton de tradition: l’application bête et méchante des règles du genre pêche un peu par manque de folie et de génie. Et si « The Line In Between » permet de démarrer cette galette du bon pied, la suite sombre assez vite – poignée en coin même! – dans le routinier.

 

Ah mais attendez: on m’apprend à l’instant qu’il ne s’agit pas ici du Harm germain qui fait dans la boucherie death, mais de norvégiens plus versés dans le thrash. Ach so! Et les sagouins qui donnent du « Eins, Zwei, Drei, Vier » sur « New Brutal Vitality » pour mieux tromper l’ennemi! Pourtant les remarques ci-dessus s’appliquent à merveille... Diantre, il va falloir revoir ma copie!

Oh et puis non, allez vous faire voir hein!

 

Et finalement, comme pour donner raison à ce revirement de nationalité de milieu de chronique et se démarquer de la sage conformité allemande, sur la seconde partie de l’album, le groupe remet un peu les gaz, stoppant la course descendante prise par la courbe de notre intérêt. Ce regain de vitalité prend tout d'abord la forme de la tornade « New Brutal Vitality » (à qui il manque quand même encore un petit quelque chose pour être digne d’un grand album), puis de « Random Numbers » (qui manifeste un vrai début d’accroche et de personnalité), pour culminer sur un « Fuck The Fame » enlevé dont le capital sympathie évoque les vieux Hatesphere. Si l'on veut désespérément trouver à Harm quelques singularités qui le démarquent de ses augustes prédécesseurs, on pourra évoquer l'artwork, ainsi que quelques samples horrifiques épars semblant attester de lointaines accointances brutal death – qui par contre ne se manifestent pas musicalement.

 

Demonic Alliance est donc tout particulièrement indiqué pour les nostalgiques de la scène de la fin des 90s / début 2000 qui voudraient ressortir le blouson de cuir et le bolide métallique afin de jouer les ghost riders comme à la grande époque de Deathrace King. M’enfin pas de quoi non plus réconforter durablement ceux que le dernier The Crown n’a réveillé qu’à moitié…

 

PS: à noter la présence d'un DVD bonus contenant un clip, le making of de celui-ci ainsi que les bouffonneries diverses et avariées d'usage... 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courteDemonic Alliance est un autel sanglant à la gloire de The Crown, avec le cambouis et les excès de vitesse de rigueur, mais l’originalité et la personnalité au point mort.

photo de Cglaume
le 24/01/2012

2 COMMENTAIRES

Vink

Vink le 14/09/2014 à 16:11:23

" The Line In Between » permet de démarrer cette galette du bon pied, la suite sombre assez vite – poignée en coin même! " _----- pas d'accord, plus on avance dans l'album et plus il monte en puissance avec un fuck the fame qui vous finira sur place....bordel de merde... c'est puissant ,lourd... c'est HARM !!!

cglaume

cglaume le 14/09/2014 à 17:28:48

En effet, le groupe reprend un peu du poil de la bête en fin d'album (c'est d'ailleurs écrit dans la chro :P )

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