Hentai Corporation - Fuck You Like A Chameleon

Chronique Maxi-cd / EP (15:25)

chronique Hentai Corporation - Fuck You Like A Chameleon

Sur Mufta, sa toute première démo, on sentait bien qu’Hentai Corporation avait du potentiel. M’enfin celui-ci était encore enfoui sous les poils indomptables et les excès de sébum de l’adolescence. Du coup lorsque ceux qui connaissent les deux albums du groupe et l’EP Dokktor Zaius découvrent cet enregistrement sur le tard, ils vivent une expérience similaire à celle de la collégienne qui, après avoir vu Titanic et The Beach, tombe sur le Leonardo de The Revenant. Ça fait… drôle! Même si, derrière la rugosité de surface, on reconnait sans mal le(s) loustic(s).

 

Le choc est bien moindre à l’écoute de Fuck You Like A Chameleon. D’ailleurs c’est tout juste s’il est justifié de parler de choc. Car pendant que l’on se demande ce que ce titre peut bien vouloir signifier (Rouler des yeux de manière indépendante durant la saillie? Copuler en attrapant des mouches avec sa langue? Voir l’apparition spontanée de tatouages « voie lactée & comète de Halley » sur le ventre de son/sa partenaire pendant qu’on le bricole sur des draps « nuit étoilée »?), on retrouve le Nawak bondissant et le chant gouailleur qui nous avaient fait craquer sur le reste de la discographie des Tchèques. OK, les Whou-ou-ouh tapissant le refrain du très Rock’n’Roll « Johnny » auraient sans doute pu être remplacés par quelques trouvailles vocales plus punchy. Mais nom de nom, ce morceau déborde d’énergie, recèle un excellent passage Ragamuffin, ainsi que de vrais gros craquages de slip et un petit côté « Rock musette » – sur les leads de gratte accompagnés d’orgue – pas crado. Certes « Grave Digger » trahit certaines petites maladresses, mais il montre lui aussi le potentiel fou du groupe, notamment à travers le chant talentueusement exubérant de Radek, qui réussit toujours à sortir le groupe des quelques ornières existant au sein de ses compos. « I Hate The Girl » sonne quant à lui comme un morceau sombre de Faith No More et finit l’EP tranquillement, sans nous époustoufler mais sur un tempo qui nous voit dodeliner de la tête comme pour marquer notre adhésion tacite.

 

Alors oui, comme sur Mufta les musiciens prennent ici parfois un peu trop leurs aises "en mode lead" au détriment de Radek. Oui, on sent que les morceaux gagneraient à être un peu rabotés par-ci, un peu musclés par-là. Oui, à cette époque Madame Maturité n’avait offert au groupe qu’une petite séance de consulting – la mission longue durée attendra l’enregistrement d’après. Néanmoins il y a peu de chance que les 3 titres de Fuck You Like A Chameleon puissent réellement décevoir les fans. Alors suivez donc l’adage qui dit que « Nul ne sert de zapper les débuts d’un groupe: il faut savoir écouter à point » et laissez cet EP conquérir vos oreilles... Vous verrez que vos doigts vont claquer dès les premières secondes de « Johnny »!

 

PS: l’ordre des morceaux donné dans cette chronique ne reflète pas les infos trouvées sur le net. Mais même là, les infos sont contradictoires. Du coup ho, hé, hein, bon…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: trait d’union stylistiquement et qualitativement logique entre la démo Mufta et le reste de la discographie du groupe, Fuck You Like A Chameleon est un EP Nawak « simple et funky » dont Hentai Corporation n’a clairement pas à rougir.

photo de Cglaume
le 26/01/2020

2 COMMENTAIRES

obhspb

obhspb le 31/01/2020 à 13:00:42

j'adore

cglaume

cglaume le 31/01/2020 à 16:44:03

Alors il faut écouter toutes les sorties d'après :)

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