Horseback - The Invisible Mountain

Horseback - "The Invisible Mountain"
chronique Horseback - The Invisible Mountain

Attention nous ne naviguons pas ici sur les terres du Drone experimentalo-blague, ni sur celles du Doom, lent, à pat’ d’eph, peut-être un peu sur celles du Black Metal, et encore, pas sur celles du Black « grande audience ». Si ce deuxième album de Jenks Miller sous le nom de Horseback est quand même un peu de tout ça c’est surtout bien plus pour une déclaration d’amour en 38 minutes au Metal en général, et à l'obscurité en particulier. Par contre, là où le sujet devient intéressant, c’est que The Invisible Mountain n’a vraiment rien d’une blague.

 

La décomposition des trois premiers morceaux est très simple : une mélodie guitare simple ou un riff, une ligne de basse tout aussi simple, une marche rythmique mélodique basique de la batterie – oui seulement « un » ou « une » ! – répétées chaque piste durant (oscillant entre 6 et 8 minutes). Répétées d'abord, répétées ensuite, répétées enfin, répétées toujours. Cet assemblage à l'apparence, simple, donne naissance à une texture sonore dense et au final compliquée à réaliser. De ces « motifs », hypnotiques donc, à la saturation très légère pour un son majoritairement clair, à la production superbement aérée, se dégagent soit une voix posée typiquement « Black », à savoir saturée et placée judicieusement en retrait, soit des soli très psychédéliques, voire « free », aux sons cristallins devenant eux mêmes des motifs se superposant aux thèmes des morceaux et surtout se répandant sur des mesures rythmiques différentes. Le tout sur un mid-tempo déstabilisant.

 

De cette composition des chansons, l’auditeur sera tout autant saisi par l'immobilisme posé par la rythmique, qu’il se sentira emporté par les ouvertures amenées par la voix ou les soli. On a affaire à un terrible travail sur la dualité qui ici si, sur la forme, manifeste celle existant entre la retenue et l'explosion n'a néanmoins, sur le fond, que pour but d'emmener l'auditeur à celle existant entre le corps et l'esprit, même si ce n’est là que mon ressenti.

Clou sur le gâteau, Jenks Miller après les 3 premiers titres que l’on pourra considérer comme un accompagnement dans l’accomplissement de ce qui au final semble être un rite, nous lâche sur un "Hatecloud Dissolving Into Nothing" complètement abstrait de 16 minutes. Qui l’aime le suive, mais de toutes façons, ceux qui préfèrent une musique plus frontale auront déjà quitté le navire.

 

Le rendu de l’ensemble est vraiment superbe et l’on ne peut que saluer cette création qui, devant sa qualité, ne devrait pas seulement satisfaire les disciples de Earth ou ceux de la face B du Filosofem de Burzum, mais bien tous ceux qui recherchent de la profondeur en même temps que de l’originalité dans leur musique.

photo de R.Savary
le 20/06/2012

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