Krasseville - Nous Sommes Faux

Chronique CD album

chronique Krasseville - Nous Sommes Faux

La vie est belle. Nos proches ne disparaissent pas. La maladie est un concept lointain. Personne n'est obligé de suer sang et eau pour survivre. Le bonheur est l'affaire de tous. Les Enfoirés sont ce qui se fait de mieux en matière de musique. La paix dans le monde...



Naaaan. La vie est pourrie. On ne vit pas dans le monde de Miss France et il faut se battre à chaque instant. Et Krasseville est là pour nous le rappeler. Vous ne pensiez quand même pas qu'avec un tel nom, on nagerait en plein glam à paillettes. Si le bourbon coule à flot dans des vapeurs de narcotiques, ce n'est pas pour se taper des putes siliconées au bord d'une piscine. C'est plutôt pour oublier un quotidien merdique. Les campagnes françaises ne sont pas sexy façon L'Amour Est Dans Le Pré. La situation n'est guère plus enviable que celle des anciens bassins miniers du Nord-est. La misère sociale et affective ronge les villages. Nous le rappellent avec une infinie justesse est groupes comme MC Circulaire ou ce duo originaire de Mayenne.



Nous Sommes Faux est leur premier album. Underground, sale et sombre, cette collection de chansons désabusées n'en reste pas moins abordable pour des oreilles profanes. Difficile de décrire de décrire en quelques mots cet assemblage improbable qui emprunte autant au folk américain, au hip-hop, aux musiques de film, à l'électro... A l'image du cerveau torturé de ses deux créateurs. Majoritairement instrumentale, les seules voix présentes sont des discours plus proches de la déclamation que du chant et quelques samples dont le «L'amour s'en va quand vient la mort. On est tout seul dans son linceul.» introductif, qui, après quelques notes d'orgue d'église, nous plonge directement dans l'ambiance suicidaire du disque.



Essayez d'imaginer Ennio Morricone sous crack qui mettrait en musique Mammuth de Delépine et Kervern, et vous aurez une petite idée de ce qu'à quoi peut ressembler la musique de Krasseville. La réalité décrite par cette dernière, moite et puante comme la cave d'une ferme de la Beauce, est aussi déprimante qu'un bouquet de chrysanthèmes fané par une pluvieuse journée de février.


photo de Xuaterc
le 13/02/2016

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