L'homme Puma - Bandanascope

L'homme Puma - "Bandanascope"
chronique L'homme Puma - Bandanascope

Est-ce parce que je suis le belge de service que je suis invité à parler des disques House que l'on reçoit à la rédac ? Nan, c'est vrai quoi, les clichés... Belgique, havre du Hardcore sous toutes ses formes (même la plus techno) et de l'Electro-House... on ne voit pas que ça quand même, hein... si... mince, notre service après-vente n'est pas terrible.
Voilà donc, si j'en juge à la première écoute, que je vais vous causer du premier album disco-house reçu dans nos bacs !

Que vois-je L'Homme Puma... heu... mais ils étaient pas dans le screamo-post-machin, eux ?

 

Je me souviens d'un groupe étonnement réservé, froid, sur scène délivrant un post-hardcore très cinématographique lors de leur passage au eL bAr (si si, je vous en ai déjà causé du lieu). Ils étaient en pleine tournée avec Sugartown Cabaret de Caen, avec un EP en commun. Sur scène donc, un homme assis en self made man avec des claviers, un bassiste très appliqué, un batteur engagé, et un guitariste ingénieux... un son très puissant sans une once d'agressivité. Un set plaisant.
J'avais accroché benoîtement au nom... un relent marvelien dans l'esprit... bien loin du navet italien des seventies avec Donald Pleasence et Sydney Rome, en tout cas... Dans leur musique, on décelait des plans assez « populaires » dans les groupes pop sombre à guitares du moment. Je me souviens d'une attitude très studieuse du public (des musiciens) tout occupé à disséquer les effets.

Si je suis passé à côté de leur EP, j'ai pris du plaisir à redécouvrir le groupe sur le très réussi On remplace les yeux cassés. Un autre album pour musiciens par des musiciens. Le très nostalgique « Toy Division » apportait déjà une lecture pour l'album qui nous intéresse aujourd'hui. Un album ambitieux qui mêlait les différentes marottes des protagonistes, passionnés de toutes les choses post..., de cinéma et d'Electro donc. Tout cela fort est bien expliqué par Toukene mon très estimé collègue ici-même.

 

En parlant de House et de Disco, il groove bien ce nouvel opus. Il est froid sur toute la durée, mais il dodeline. Les cinq minutes de titre éponyme mettent en situation. Un disco, donc, froid vu chez Tycho Brahé du temps de « Turbine », tout en gardant sous le pied. « La Jetée » propose avec le chant de Liza Bantegnie la pop song parfaite que l'on retrouve dans les soirées hipsters tendance go-goth... diablement efficace – payes ton Adult-song - ! Décomplexés, ils proposent un habillage dès plus seyant à... Britney Spears sur leur "B.S Player" s'octroyant une incursion chez Daft Punk en mode Curiste (cette basse!). Un vrai travail de prod et ça fonctionne plutôt bien. « Time Warping » est le titre le plus enjoué, poppy dans l'esprit... une chanson pour les festivals, vite chantée, vite oubliée.

 

Voilà une bien étrange destinée que celle de L'Homme Puma. Entité à vies multiples, qui semblent muer à chaque changement de personnel. Leur bio résume au mieux (c'est rare chez les groupes) leur parcours - « We used to be 4, then 3. Now we are 2.
We used to play screamo, post-rock. Now we like synths and guests. ».

Et que penser de ces changements, me direz-vous ?
Tout cela est très plaisant et on ne s'attend pas à l'explosif « Chestburster »... Screamo en synthé ; suivi de près par « M Buddy » emmené par le chant tout aussi screamo et en français. Si la minute trente du premier accroche un sourire complice à l'auditeur, le second laisse de marbre. Et puis, on est tellement bien dans les trois premiers titres, on trouve nos marques dès la troisième écoute, merde c'est vraiment bien foutu. On les imagine bien tailler le bout de gras avec le stakhanoviste JP Marsal de 202 Project histoire de coldifier un peu tout ça davantage. Donc les incursions screamo très réussies, tombent un peu à plat. Et le final tout post-rock-cinématographique-à-la-Microfilm « L'Uomo Puma » remplit tout juste son rôle de terminus.

 

Bandanascope est un trait d'union entre les différentes aspirations du duo et il est fort à parier que le prochain opus des ingénieux parisiens surprendra avec encore plus de convictions, une fois le tri effectué.

 

photo de Eric D-Toorop
le 27/11/2013

2 COMMENTAIRES

Tookie

Tookie le 27/11/2013 à 16:29:53

Décidemment, et à la découverte de l'album, je trouve ce groupe de plus en plus énigmatique, j'avais eu ce sentiment sur "On remplace les yeux cassés", et le mystère s'épaissit ! J'sais pas trop où ils vont, mais ils y vont et des fois j'aime bien les suivre ! (mais pas toujours)
J'me laisse qques temps et pas mal d'écoutes pour avoir un avis plus tranché...

pidji

pidji le 27/11/2013 à 16:47:29

Oui, ce disque est vraiment "à part", pas facile d'accès.

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