Lightning Bolt - Sonic Citadel

Chronique CD album (52:46)

chronique Lightning Bolt - Sonic Citadel

4 ans après Fantasy Empire, Lightning Bolt remet le couvert et après près de 20 ans de carrière, le duo noisy prouve avec ce Sonic Citadel qu’il sait toujours comment pondre des morceaux de...Lightning Bolt.

 

Dans les grandes lignes, Sonic Citadel reprend la recette des albums précédents, à savoir une voix lo-fi aérienne et éthérée, une basse soliste, solide, rentre-dedans, polymorphe alternant passages rock et délires noisy à grand renfort d’effets oscillants entre le bien dégueulassisant et le parfaitement salissant et une batterie faussement simpliste qui comble l’espace rythmiques de roulements snariens psychotiques et le parsème de matraquage hyperactifs de cymbales.

Une recette qui a fait la renommée du duo de Rhode Island mais qui devient moins surprenante après toutes ces années d’une discographie bizarrement très régulière par rapport au style musical proposé.

Sonic Citadel confortera les fans du groupe, ceux qui aiment le rock aux relents de hardcore, bruitiste et chamanique mais...invitera peut-être les détracteurs à revoir leur jugement.

 

Car Sonic Citadel est la suite logique de la lente mais indéniable évolution du groupe. Fondamentalement noisy et libéré de toutes contraintes musicales, Lightning Bolt se meut doucement, mais sans jamais se renier, vers quelque chose de plus mesuré, de plus intelligible.

Ceci dit, ne vous méprenez, moins noisy ne veut pas dire moins énergique, bien au contraire. Là où on avait parfois tendance à se perdre dans les délires stéréo-low-phoniques des deux Brians du groupe, Sonic Citadel est plus construit, plus structuré, on se risquerait même à écrire “plus abouti”. Les interludes bruitistes ont été remplacés par des séquences bruyantes, moins gratuites et de plus en plus au service des morceaux. 

Du coup, on se retrouve quelques pépites qui m’ont correctement mis la bidoche en PLS. “Hüsker Dön't” et ses 4 premières minutes martiales qui se transforment avec grâce en une mélodie expiatoire pour terminer en pleine hallucination auditive avec son outro où les cris des instruments se mélangent avec ceux de Brian Chippendale. “Big Banger” et ses gimmicks harmoniques flippants, dérangeants qui nous transportent avant même qu’on les supporte. “Don Henley In The Park” et son côté folk savamment gâchée par une batterie trollesque. “All Insane” et ses relents d’électro-pop noisifiée par une basse pitchée en mode WTF. 

Je serai plus circonspect sur le morceau de 9 minutes qui clôture l’album, brûlot bruitiste vomissant d’acides remontées musicales, il est la preuve que le monstre à deux têtes n’a pas perdu sa passion du vacarme.

 

Le son a pris un joli coup de vernis. Bien que ce soit toujours Seth Manchester derrière les manettes, Sonic Citadel m’a paru moins abrasif que ses prédécesseurs même s’il y a largement de quoi vous poncer les cages à nougat. La basse est plus gonflée qu’avant (“Air Conditionning”), les médiums ont plus de punch et l’espace sonore est plus rempli, nous enveloppant ainsi encore mieux. 

 

A la manière de la pochette, Sonic Citadel propose un véritable paysage de bâtiments musicaux, coloriés par deux enfants fous maîtrisant parfaitement leurs travers psychotiques et ce pour le plus grand bonheur de leurs amateurs. Mais ils savent aussi se faire plus mesurés comme pour une invitation à ceux qui ne le sont pas encore à rejoindre le cercle épineux de leurs folies musicales.

 

On aime : un groupe de noise qui évolue vers des registres plus éthérés tout en conservant un gros grain de folie...

On n’aime pas : ...auquel on s’habitue, une évolution à petit pas qui imposera d’attendre encore si vous êtes peu enclin aux sonorités les plus agressives du groupe.

photo de 8oris
le 09/03/2020

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