Lowburn - Phantasma

Chronique CD album (40:35)

chronique Lowburn - Phantasma

Qui a dit que les Scandinaves ne versaient que dans le black metal ? Personne ? ça tombe bien, puisque les Finlandais de Lowburn officient plutôt dans le stoner boosté à l'alcool fait maison, distillé au fond d'un sauna qui sent bon la transpi et le renne faisandé. Témoin, « Phantasma » sorti en 2019, qui dès le titre d’ouverture, annonce la couleur : de l’énergie, de la chaleur, de la virilité à tous les étages. En outre, « Freaks », le second titre de l’album, enfonce le clou, tout en faisant bien comprendre à l’auditeur qu’il va avoir droit à de la variété bienvenue. Groovy en diable, le morceau se montre nerveux, burné, poilu. On enchaîne en appuyant sur le champignon avec « Cloud valley » et son break à la basse d’une sensualité folle. En clair, en 3 titres, le tableau est dressé. « Phantasma » délivre du stoner d’excellente facture, aux mélodies bien huilées et servi par des riffs nourris au nitrométhane qui puent le sexe.

 

Mais que l’on ne s’y trompe pas. Il ne s’agit pas de verser dans la surenchère de la vitesse à chaque nouveau titre de l’opus. Lowburn sait soigner et varier ses ambiances et ses arrangements. Si la totalité de l’album déborde de testostérone, il délivre des titres dont l’atmosphère psyché et poussiéreuse, sans refaire tomber l’intensité, insuffle un surplus de sexitude torride aux compos. Ainsi, « Walking on thirds » qui sent bon le désert et le cactus et surtout « Song of a preacher », avec son solo enfiévré.

 

Energie pure, groove sensuel, « Phantasma » varie les plaisirs. Mais l’album n’en reste pas là. Il peut également verser dans une certaine lourdeur de bûcheron avec des titres comme « Ghosts » et « Urban funk campaign » qui s’éloignent un peu des influences stoner pour taquiner le metal et hacher menu quelques nuques tout en surveillant la cuisson des steaks. Le tout, avec une base bien bluesy. C’est simple, mais d’une efficacité déconcertante. Pour ceux qui ont poussé l’écoute jusque là, la récompense se tapit à la fin de l’album, avec « Hypnopomp », titre épique, psyché, sensuel, couillu, bref, réunissant tous les ingrédients composant l’album : de quoi faire partir en transe, notamment grâce à un solo de gratte complètement intersidéral qui donne envie de piquer une tête dans un lac séculaire, sous le soleil de minuit, cul nu, évidemment. Tout en jouant à la corde à sauter avec un serpent à sonnette. On imagine aisément la scène, en public, en live. Ces titres doivent y gagner en puissance et en ampleur. En attendant de pouvoir le vérifier un jour, il convient de relancer l’album, une fois terminée son écoute, car 40 minutes, c’est outrageusement trop court !

 

photo de Moland Fengkov
le 27/03/2024

2 COMMENTAIRES

Thedukilla

Thedukilla le 28/03/2024 à 07:42:52

Très chouette opus, merci pour la découverte ! Entre celui-ci et l’annonce du nouveau Fu Manchu (avec un 1er extrait solide), on se prend vite à rêver pour la line-up du prochain DesertFest à Anvers…

Moland

Moland le 28/03/2024 à 08:01:20

Ah, content de faire découvrir et encore plus que ça te plaise. Oui, le Desertfest Antwerp risque encore de promettre une belle affiche. 

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