Headcharger - Slow Motion Disease

Headcharger - "Slow Motion Disease"
chronique Headcharger - Slow Motion Disease

« Groupe qui monte », « jeunes premiers du metal français » et autres « valeur montante du gros rock hexagonal » sont autant de qualificatifs trompeurs pour vous introduire ici les Headcharger qui viennent de livrer leur quatrième album studio : Slow Motion Disease. Couverture nationale, voire même internationale, media planning qui va avec, dates de tournée alléchantes, à n’en pas douter le quintet caennais a changé de division. Passée la révélation Watch The Sun, passée la confirmation The Ends Starts Here, Headcharger a les crocs et cherche désormais l’intronisation. À l’instar de l’artwork de l’album, il est vrai que le metal français se cherche un patron depuis une dizaine d’année et la retombée du soufflé au fromage nü metal. C’était annoncé, marqué dans le marbre, le Headcharger de 2012 n’est pas là pour vendre des cravates, il est bougrement ambitieux. Une question à la Michel Drucker s’impose : alors, ça y est, c’est l’album de la maturité ?

Comme il nous l’avait dit avant de partir en enregistrement (interview à lire ici), le groupe accouche d’un bébé totally homemade : fini les producteurs artistiques, Slow Motion Disease a été conçu en totale autonomie et ce, de l’enregistrement au mixage. Comme à l’accoutumée, le son signé La Souleuvre est irréprochable. À la première écoute, peu d’ingrédients ont changé dans la recette. Mêlant toujours rock stoner et metal, Headcharger calibre juste un peu plus ses titres façon usine à singles. Calibrer ? Pourquoi ne pas dire aseptiser tant qu’on y est ? Non, tout de même pas. Le groupe n’a pas été jusqu’à mettre du glucose dans ses chansons, mais on remarque clairement que Slow Motion Disease ratisse large pour plaire au plus grand nombre. Exit donc le hardcore’n’roll des débuts avec son chant crié et ce son abrasif, Headcharger joue maintenant la carte du rock sudiste à tendance hard FM. Plus que des clins d’œil parsemés, la transition est désormais assumée. AC/DC sur « Should Be Running », Iron Maiden sur « Dusty Dreams », Skid Row sur « All Night Long », Corrosion Of Conformity sur « …Drifter », le catalogue des influences est comme un livre ouvert. Cette forme de standardisation à l’américaine pourrait détourner les true evil fans si on ne sentait pas que toute cette musique était jouée avec une énorme banane sur le visage. Headcharger joue avec toutes les variantes du hard rock pour les rendre presque ludiques et accessibles. Là doit être le défi que le groupe s’était lancé.

Slow Motion Disease, du Headcharger pour les nuls ? Réponse normande pour un groupe normand : ptet bien que oui, ptet bien que non… En gommant ainsi toute aspérité, Headcharger perd un peu de sa personnalité, mais gagne en exposition. Moins accrocheur que ses prédécesseurs, indéniablement, cet album cherche plus à installer le groupe comme locomotive décomplexée du heavy rock français. C’est tout le mal qu’on leur souhaite. Affaire à suivre…

photo de Geoffrey Fatbastard
le 08/03/2012

2 COMMENTAIRES

Kurton

Kurton le 12/03/2012 à 20:02:27

On va dire que c'est gentillet et que ca passe plutot bien

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 12/03/2012 à 21:24:21

Le tout premier éponyme était bien à fond à fond à fond.
J'ai déjà eu plus de mal avec "The end starts here" alors je ne sais pas si je vais tenter celui-là...

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