Lurk - Around the Sun

Chronique CD album (29:52)

chronique Lurk - Around the Sun

Lurk est un quintette Chicagoans qui est passé au travers des mailles des filets de notre superbe équipe rédactionnelle. J’ai donc l’honneur d’ouvrir les festivités et j’espère que cela suscitera des vocations tant j’ai eu du plaisir à découvrir ce groupe via leur premier album; premier album qui n’est pas non plus leur première sortie étant donnée que le groupe a déjà une démo à leur début (en 2017) et plusieurs EP à son actif.

Lurk a donc pris son temps pour sortir un album et a bien fait.

Lurk, c’est du rock qui veut ressembler à la pop mais n’arrive à utiliser que sa fibre punk pour y parvenir.

Lurk, c’est une leçon de choses musicales qui mêlent énergie, écriture de titres ultra catchy (l’intro et le refrain de "Strut" se pose là côté goosebumping, "Around The Sun" qui sonne comme un morceau de Sheryl Crow sous acide).

Lurk, c’est un groupe taillé pour le live (on trouve d’ailleurs des lives sessions d’excellente qualité sur le site au triangle rouge) avec des titres comme "Pressure Points" et son refrain qu’on s’imagine reprendre en coeur au milieu d’un public survolté.

Lurk, c’est aussi des titres au format FM mais la FM des belles années, celles qu’ont connues celles et ceusses trop vieux pour être des boomers et trop jeunes pour se foutre de la tronche des boomers, celles du rock alternatif, ce grand fourre-tout d’où naquirent quelques pépites, mainstream certes mais au diable l'élitisme et l’underground. “Top Secret” sonnerait presque comme la BO vénère d’une teenage movie mais ça passe crème.

Lurk, c’est une section basse-batterie typique du rock: d’aucuns diraient “du poum poum tchak doum doum simple et revu”, je préfère “sans fioriture et solide”. Il serait en tout cas difficile et diablement mal venu de ne pas reconnaître qu’elle est sacrément solide et efficace (l’intro de "Crack A Smile"), plus qu’un soutien, le parfait piédestale d’une statue bien agitée.

Lurk, c’est du riffing de guitare, du vrai, du beau, du bien juteux, du parfois lourd ("Fear/Loathing"), du parfois noisy ("Sterilizer"), du toujours catchy, du qui ne joue pas la carte de la facilité que ce soit dans l’approche sonore ou mélodique, du qui sonne la mort, du shoe-gazien qui sent la recherche du son et les crises de G.A.S jusqu’à tard le soir sur Ebay.

Lurk, c’est Kevin Kiley au chant et c’est rien que du bonheur. Si le groupe titille le haut du panier à bien des égards, le talent de ce chanteur mériterait une large reconnaissance, au moins de la part de ses pairs. Une voix qui chante, pousse, tire, cogne, s’éraille, s’écorche dans un bal de tournures pop où personne ne sait comment danser mais tout le monde se lance. Une voix à la couleur superbe, teintée d’accentuations provocantes et savoureuses. Le bonhomme a déclaré “On voulait faire quelque chose qui sonne comme Devo qui rencontre B52’s qui rencontre les Ramones”. On peut tout à fait dire que côté voix, c’est un peu ça. Improbable? Balek, ça fonctionne diablement et Kiley accède directement à mon top 10 des voix qui valent le coup.

Lurk, c’est aussi un joli mixage, bien réparti, qui n’a pas ce côté un peu anémique/lofi de certains albums qui se voudraient de la même trempe mais se trompent. Ici, c’est organique, ça croustille de partout, ça taquine les limites du vu-mètre sans jamais fatiguer l'écoute, avec cette fantastique impression que le groupe joue en live rien que pour nous.

 

 

Ils n’ont sûrement rien inventé et ont peut être tout repris mais ils le font tellement bien que j’ai été conquis. Si vous cherchiez un groupe qui apporte de la vraie fraîcheur, de la modernité dans ce rock punkifié et habité de chamaniques auras, pas besoin de lurker plus loin, ne perdez pas votre temps dans les méandres abyssales de bandcamp, foncez sur Lurk.

 

 

 

On aime bien : taillé pour la radio, taillé pour le live, taillé pour l’écoute, le titre "Strut" que j’ai du me passer en boucle environ 200 fois pendant l’écoute de cette chronique et que je vais écouter encore un bon paquet de fois

On aime moins : la pochette n’est pas ouf, la typo non plus (fallait bien dire quelque chose).

photo de 8oris
le 04/10/2021

2 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 04/10/2021 à 12:05:09

Sympa "Strut" en effet (même si ça donne l'impression d'écouter Ouï FM)

pidji

pidji le 04/10/2021 à 22:50:11

En effet, très radio FM des 90's 😁
Mais l'écoute est plutôt cool.

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