Marrasmieli - Martaiden mailta

Chronique CD album (45:48)

chronique Marrasmieli - Martaiden mailta

Né à la fin de l’année 2017 dans la tête de Nattvind, jeune musicien désireux de créer un groupe de Pagan Black Metal et porté par la suite par deux autres acolytes, le guitariste Zannibal, un pote d’école, et le bassiste Maelgor, un compère d’anciens groupes tombés aujourd’hui dans les oubliettes, Marrasmieli (littéralement « esprit mourant » / « mort de l’esprit » en vieux finois) est devenu depuis une valeur montante de la scène Black finlandaise. Naturmacht Productions – encore ce label je sais… – semble l’avoir compris dès le début, en accompagnant le trio à l’occasion de la sortie de l’EP éponyme à l’automne 2018.

 

En dépit d’une production perfectible (p’tit souci de placement de la base rythmique dans le mix final) et de l’influence très nettement audible et presque encombrante de formations nationales (Moonsorrow, Havukruunu), le premier album Between Land and Sky (début 2020) avec des propositions claires-obscures telles que "Those Who Are Long Gone", confirme largement le talent prometteur de Marrasmieli. Le line-up s’est étoffé il y a deux ans maintenant, avec le renfort du claviériste et accordéoniste Dödkveld, jusque-là guest session, et d’un second guitariste, Hordak.

 

Un réel équilibre a été trouvé dans ce Martaiden Mailta, avec la présence de chœurs pris en charge par l’ensemble du quintet ("Oaks of England", "Far in the Frozen North") et l’utilisation d’une palette assez incroyable d’instruments, jugés indispensables pour forger l’identité Pagan des compos. Si le batteur chanteur Nattvind utilise aussi bien la guitare acoustique que le tambour chamanique, le gratteux Zannibal, véritable cheville ouvrière du groupe qui écrit la majeure partie de la musique, gère aussi bien le bouzouki, le violon, la flûte, le ukulélé et même – sur "The Forest of My Soul" – le jaw harp ! Notons que Remi Hermunen (Hordak), auteur du joli solo sur "Oaks of England" (à la 8e mn), a malheureusement quitté Marresmieli très récemment pour se consacrer à son groupe de Heavy Metal Nightstryke. Ça va le changer, pour sûr…

 

Servi par une production et des arrangements cette fois-ci impeccables (bien que 100% faits maison) et regardant désormais davantage vers des groupes comme Cân Bardd, Saor ou Grima, Martaiden Mailta est – de mon point de vue en tout cas – encore plus solide que Between Land and Sky. Le face-à-face Pagan / Black est fort bien digéré et solidement restitué. À l’image de l’accordéon au coeur de la structure de "Ghosts of Future and Past", de la flûte placée sur "Oaks of England" et du bouzouki irlandais indispensable à l’outro, chaque instrument trouve SES moments d’expression. Même les plus « classiques » jouent un rôle significatif : je pense ainsi au clavier qui allège ou, à rebours, met en tension l’ambiance générale des morceaux.

 

Et c’est alors que ces artistes nous transportent dans un authentique rituel païen, en totale communion musicale et métaphorique avec les éléments de la Nature : forêts inaccessibles, étendues marécageuses, cavernes mystérieuses, falaises escarpées, lacs gelés, … Cela a été permis par une écriture complexe : Zannibal n'a pas hésité par exemple à placer pour les 5 dernières minutes de "The Forest of my Soul" une longue section purement instrumentale ou à s'appuyer pour "The Oaks of England" sur un poème de la fin du Xe siècle "La Bataille de Maldon" pour placer des paroles en vieil anglais. Le plus cartonnant et le plus beau dans tout ça demeure sans nul doute le morceau final intitulé "Far in the Frozen North", que je vous conseille d’ailleurs d’enchaîner aussitôt après la courte intro dimmuborgesque "Frozen, Far North" (une longue piste finalement rabotée à 1mn37s). Basé sur le folklore finlandais et narrant l'histoire d'un shaman pris entre deux mondes, cet ultime voyage, épique et envoûtant, dure … 17 mn et nous plonge dans un constant jeu de contraste musical entre lumières et ombres, tantôt gemme blanche, tantôt diamant noir, avec le riffing à 9mn30 s comme point de bascule. Superbe !

 

Dans chacune de ses vidéos, Naturmacht Productions a pris l’habitude d’apposer ses quelques mots :

« Where life becomes art… »

À l’écoute de Martaiden Mailta de Marresmieli, je serais tenté de rajouter :

« Where nature becomes music… »

photo de Seisachtheion
le 22/09/2022

1 COMMENTAIRE

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 22/09/2022 à 16:16:22

Wat iz Ziss ?? Ah oui c'est sympa comme tout ça. Et puis ça cause de la bataille de Maldon où Byrhtnoth, ealdorman d'Essex a perdu la tête face à des enfoirés de vikings (truisme).

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