Masada - II

Chronique CD album (21:11)

chronique Masada - II

Deuxième sortie pour le combo Screamo Allemand Masada, un album qui trouvera par la seule force de l’imagination de ses représentants son courageux nom II. Pour ce qui est de l’intituler et de l’affreuse couverture de cet album, vous en conviendrez surement, il n’y a vraiment pas de quoi s’enthousiasmer plus que ça. C’est sobre, pauvret, austèrement foutage de gueule et pourtant en total asymétrie avec ce que propose le groupe. Evoluant dans un registre Screamo, lorgnant ostensiblement sur des influences Emo-Punk, Masada envoie une série de cartouches live dont le calibre est souvent variable ; et pourtant elles atteindront toutes son cœur de cible : L’emo-kids nourrissant une rage incendiaire mâtinée d’une cruelle et rongeuse mélancolie.

 

L’élément déclencheur de l’album sera « Japan », premier titre qui fait directement allusion aux motivations du combo quant à la genèse de cet album, à savoir un petit trip au Japon. C’est de l’ordre de l’anecdote mais comme le disait Barbara en des temps savoureux : « Que c’est beau les voyages…». Oui c’est beau ! Seulement pour celles et ceux qui peuvent partir et profiter de leurs inspirantes retombées. Masada semble faire partie de cette catégorie de gens, et c’est tant mieux pour eux. Se nourrir de ses expériences pour mieux les traduire musicalement. Mission accomplie sur ce II qui s’est révélé être, au fur et à mesure des écoutes, un album de qualité.

 

Pour commencer, on peut compter sur pléthore de riffs, qu’ils soient directement d’inspirations Emo-Punk, comme sur la mise en route de « Rekindling Hope », ou bien qu’ils soient davantage taillés dans l’Emoviolence le plus frontal « Sweetness ». Des séquences plus skramzy viennent également agrémenter un disque « Do No Harm » qui alterne entre Hardcore et Emo. Pour faire simple, et par soucis de commodité on classera donc Masada dans l’Emocore. Levée de boucliers à suivre...

 

Niveau granule et ambiance on alterne entre un son bien Crunchy lorsque l’attaque des guitaristes se veut tranchante et un son d’une clarté élémentaire, mais qui dans les moments arpégés fait son office. Un réglage binaire des amplis qui relève d’une approche Raw et dépouillée. Une production et un enregistrement live qui par moment sonne quelque peu fouillis, la faute à une exposition et un équilibre instrumental qui laisse un peu à désirer surtout lorsque la vélocité et la violence sont de mises. Cet album relève donc d’une démarche DIY, ça s’entend, et ça sonne comme tel. Que ça plaise ou non, ce genre de choix donne la primauté à l’authenticité Punk, et ça bah on a beau dire, c’est aussi ce qui fait tout le sel de la démarche et de l’esthétique Punk-Hardcore. Quand bien même les critères de production dans la culture DIY ne sont pas forcément synonyme de foutoir ambiant hein ! Ne me faites pas dire ce que je n’ai pas pensé. En bref ! On a à faire à un enregistrement live, sans filet dont on savoure toute la rudesse malgré les quelques imprécisions de ci de là des musiciens. Le batteur quant à lui (et vous en conviendrez surement, les batteurs ne sont pas vraiment des musiciens à proprement parlé Mouaha !) donne du corps à cet album à partir de sections rythmiques très très bien senties.

 

Enfin, j’ai beaucoup apprécié les moments où les arpèges rentrent en scène, une manière souvent sensible, mélancolique et mélodieuse « Still Life », « Quiet reloaded » de radoucir un peu toutes ses velléités Hardcore. Des velléités qui en contre point fonctionnent toujours très bien. Petite parenthèse et focus séquentiel, le break de « Still Life », introduit par des notes esseulées et obsolescentes, me fait beaucoup penser à certains moments suspendus que l’on connaît bien à Circle Takes of Square ou encore à The Saddest Landscape. La mélancolie nous prend aux tripes quand notamment les Spoken Words se font aussi plaintifs que suppliants. On finira cette chronique par les voix qui dans leurs clartés sont toujours émouvantes, pleines d’une vulnérable et déchirantes teneures. Les Spoken words sont nombreux, les arrachages de gorge sont déployés et généreux. On pense souvent à la gouaille de Jeremy Bolm et d’Andy Maddox.

 

On préfèrera nier l’existence de cette couverture et on retiendra l’authenticité d’un combo qui met l’accent sur le Spleen Emo-Punk tout en y insérant quelques bonnes grosses saillies emoviolentes et Skramzy.

 

photo de Freaks
le 25/11/2021

2 COMMENTAIRES

Pingouins

Pingouins le 26/11/2021 à 12:02:44

Ptain j'ai l'impression d'avoir chopé du diabète rien qu'en regardant la pochette.

Freaks

Freaks le 27/11/2021 à 10:48:14

Screamo! C'est beau la vie.. Pour les grand et les petits :p

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