Master Musicians Of Bukkake - Far west

Master Musicians Of Bukkake - "Far west"
chronique Master Musicians Of Bukkake - Far west

Si vous ne vous êtes jamais penché sur ce projet chamarré et polymorphe, ne serait-ce que pour l'absurdité de son patronyme, il est temps de vous mettre en selle. Chaperonné par Randall Dunn et comprenant des membres de Earth, Burning Witch et j'en passe, cette entité musicale fait office d'OMNI (objet musical non identifiable) dans le paysage un peu avant-gardiste tournant autour de la bande de Southern Lord Records et consorts. Après la trilogie Totem qui a révélée le groupe aux oreilles en mal d’expérimentations et de paysages sonores nouveaux, le combo multi-instrumenté revient avec un Far West nous contant sa propre histoire des États-Unis.

C'est un disque fort que nous présente là MMOB, très varié et pourtant très cohérent. Le choix de mettre en valeur ses multiples facettes musicales aurait put s'avérer périlleux pour le groupe tant la propension à tomber dans l’éclectisme outrancier et les expérimentations bruitistes sont courantes dans cette branche soniquement hallucinogène. Au contraire, ce que j'aime particulièrement sur cet album, et ce qui me semble être sa plus grande réussite c'est l'ambivalence entre la touche "exotique" du groupe, toujours présente sous une forme de world musique sous LSD, ainsi que son caractère rock 70's ultra psychédélique, voir carrément electro/shoegaze ("White Mountain Return"). Entre rythmiques tribales et synthétiseurs minimalistes ("Arche"), plages vrombissantes et envoutantes à la limite d'un Asva ("You Are A Dream Like Your Dreamer: The Dark Peace") ou lorgnant vers une folk sophistiquée ("Circular Ruins"), les différents paysages aux travers desquels nous voyageons aux côtés de Master Musicians Of Bukkake sont autant variés que singuliers.

Ces paysages justement sont le point fort de cette épopée, et ce qui marqué tout au long de ce périple sonore c'est l'ambiance désertique qui en ressort. Le son régulier des sabots sous le soleil dans les canyons et les plaines sableuses américaines, mêlé aux cris des vautours et aux chants rituels indiens. On y retrouve une ambiance proche d'un Hex: Or Printing In The Infernal Methods de Earth par exemple sur des morceaux comme "Gnomi". Les voix quant à elles flânent langoureusement sur quelques titres de l'album, contant de façon désenchantée une conquête éthérique de l’Amérique, un brin de blé au bec et le chapeau bien vissé sur la tête.
Le morceau phare de cet album étant clairement "Cave of Light: The Prima Materia", condensant à merveille toute la musicalité du groupe dans une odyssée épique et transcendantale, entre le western spaghetti et El Topo de Jodorowsky. Si au premier abord la chaleur qui en ressort peut sembler étouffante et le soleil de plomb qui tape au dessus de nos têtes nous assommer; ce n'est pour autant pas l'oppression du climat ou la peur de l'inconnue qui guide nos pas vers le grand ouest et ses richesses. On ressent au contraire une certaine candeur, de l'espoir et un plaisir de découverte d'un nouvel espace dans lequel la créativité peut s'exprimer librement.

Master Musicians Of Bukkake signe donc avec cet album autant la bande son parfaite de la conquête de l'ouest Américain sous trip au Peyotl qu'un album de Lucky Luke sous acide. Une ruée vers l'or qui à trouver là une sacré pépite.

photo de Viking Jazz
le 10/07/2013

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