Metal Studies - French Metal studied

Chronique CD album

chronique Metal Studies - French Metal studied

Il existe des scientifiques qui analysent ton goût pour l'humour gras répétitif, tes cris de sauvageon, ton intérêt pour la bière tiède de supermarché, tes choix vestimentaires discutables, ton maquillage trop chargé et tes goûts musicaux.
Même que cela s'appelle ISMMS : The International Society for Metal Music Studies.

J'emploie le terme scientifique, parce qu'il s'agit de travaux universitaires. Et puis on parle de gens qui, parfois, travaillent dans les sciences sociales. Tu sais, ces poids morts de la société libérale qui interviennent 3 minutes tous les 8-10 ans sur France Culture (radio publique écoutée par une trentaine de personnes) ou dont on utilise les travaux sur Twitter pour "gagner" un débat en réinterprétant des données partielles pour les faire coller à ses opinions et s'imaginer plus malin que l'on ne l'ait.
Bref, pas facile d'être universitaire.
Mais le sujet n'est pas là : ça a de la gueule tous ces gens hyper qualifiés dans leur domaine pour ton cul poilu montré à Quotidien, non ?
 

Au sein de la ISMMS existe la branche française sous le nom, forcément anglophone : French Metal Studies.
Tous ces gens se réunissent de manière biennale parfois pour des rencontres en live comme en 2019.
Pour 2020, ça tombe bien, aucun RDV IRL n'était prévu, mais c'est un livre qui vient consacrer quelques travaux et va à la rencontre du (grand) public.

190 pages, six articles pour deux grandes parties : la première consacrée aux acteurs et institutions, la seconde aux festivals et festivaliers (le sommaire est à découvrir ci-contre).
Les auteurs sont des chercheurs ou d'étudiants chercheurs et ces articles sont des extraits de thèse, des synthèses de mémoires. Une littérature riche en informations...mais assez rébarbative, surtout pour ceux qui n'ont pas su se défaire d'un style scolaire parfois...un peu plat.

Une lecture qui, même récréative, ne s'aborde donc pas avec légèreté : elle donne des clés de compréhension sur le microcosme metal dans la France pré-COVID sur des sujets bien précis.

L'ouvrage a l'intelligence de s'ouvrir sur un état des lieux général avec l'enquête de Pandora Charansol. Un article plutôt plaisant qui jette des bases et permet de mieux appréhender les travaux suivants.
Le metal comme cas d'étude peut se révéler particulièrement complexe lorsqu'il s'agit, pour la première partie des rapports avec les institutions culturelles. Fans et musiciens attendent parfois plus de reconnaissance tout en souhaitant demeurer underground. À ce titre, le travail sur les SMAC, au style plutôt rebutant est néanmoins très intéressant.
Le travail d'Aladin Chambal est également passionnant, malgré la notion à géométrie variable qu'est "l'authenticité". Il s'est penché sur celle tant (ré-)clamée par les fans de black-metal, une des galaxies de l'univers metal.
 

La seconde partie débute comme la première avec, d'abord, une enquête plus généraliste sur les festivals avant que ne soit abordé le cas du Motocultor pour s'achever sur une étude statistique menée lors du Hellfest 2019.
On retrouve dans ces articles une recette mêlant sociologie (plus particulièrement sur les spectateurs), statistiques et mesure d'impact sur les collectivités territoriales.
 

Il existe énormément de livres sur le metal : les groupes, des fests, des mouvements etc. avec de belles photos, jouant plus sur la nostalgie, à la recherche de la petite anecdote sur notre groupe préféré. Des "beaux livres" commerciaux (comme les deux ouvrages sortis pour les 10 ans du Hellfest), d'autres très spécialisés (aux éditions Camion Blanc) ... et il y a cette curiosité universitaire.
Ce premier recueil pose des bases, répond à quelques questions mais, surtout, en amène beaucoup d'autres. C'est peut-être là la plus première réussite des French Metal Studied : elles entrouvrent une voie vers laquelle des chercheurs et chercheuses vont pouvoir continuer à s'aventurer.
La seconde sera celle de trouver un public : des écrits de niche pour une musique de niche peineront sans doute à trouver un large lectorat dans un premier temps, mais l'infinité de sujets (et l'adoption d'un ton moins académique, sans rogner sur l'informatif) changeront peut-être cela...


SOMMAIRE :
 

Première partie :

Les acteurs et les institutions

Pandora Charansol
La scène metal en France.Situation et perspectives d’avenir  

Sam Mauree
Acteurs de la scène metal et institutions culturelles :  s’entendre et se comprendre au sein des musiques saturées  .

Aladin Chambal
Matérialisme et quête d’authenticité, ambivalence identitaire des passionnés  de la scène metal underground?  


Seconde partie :

Les festivals et les festivaliers

Olive Zombo
Le modèle festivalier en quête de renouveau  

Caroline Mounier et Pierre Agapit
Réussir à se démarquer au sein d’un secteur concurrentiel :  l’expérience festivalière au service des festivals. Le cas du Motocultor Festival Open Air

Corentin Charbonnier
Hellfest et Hellstats : enjeux de la connaissance du public  tant pour les organisateurs que pour une réflexion socioanthropologique

photo de Tookie
le 12/12/2020

4 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 12/12/2020 à 11:18:39

Que tout cela a l'air froid et analytique... A l'opposée de ce que l'on cherche dans cette musique en fait :P

Seisachtheion

Seisachtheion le 12/12/2020 à 12:36:24

Pop pop pop, lapin, ne dis pas de mal des chercheurs et des universitaires... ;p

cglaume

cglaume le 12/12/2020 à 16:03:27

Je ne parle pas de l'état ou du statut, mais du mode d'expression :P ;)

el gep

el gep le 12/12/2020 à 18:37:18

Voui, moi ça me donnerait plutôt envie d'utiliser des armes à feu...

Euh, pardon, pardon, je suis Samuel, je suis Samuel, aaaaaaaaaaahhhhhh!!! Je m'excuse pour toutes les offenses!!!

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