Mike Litoris Complot - The Six Whoresmen

Chronique CD album (49:26)

chronique Mike Litoris Complot - The Six Whoresmen

Deux ans après un sympathique The Art Of Pony Party (cf. la chronique chamarrée du lapinou), revoilà Mike Litoris Complot, de bons gars du cru luxembourgeois, qui remettent le couvert avec The Six Whoresmen.

Un album façon “on prend les mêmes et qui recommence”. On se retrouve donc peu ou prout avec la même formule que précédemment. A savoir : un album de slam death de près de 50 minutes, réparties en 19 morceaux dont les titres présagent des histoires loufoques..ou grivoises...ou les deux. Les auditeurs dont l’humour oscille entre les blagues Carambar et “‘ncule un mouton”  devraient donc largement apprécier. Même si on est loin d’un mythique “Mon anus est héliport à gland” ou d’un non moins poétique “Je Te Chie dans le Cul avec une Verrue Plantaire Sur l'Anus”, j’avoue avoir eu un début de rictus avec “Cockosaurus Sex”, qui se transforma en gloussade avec “David Hasselcock” et qu’"Hydrolic Handjob" m’évoque bien des images (plutôt dignes d’un épisode de Rick & Morty que d’une vidéo YouPorn).





La pochette illustre bien elle aussi le côté rigolo grâce à un montage photocrotte absolument dégueulasse et claqué mais qui dénote d’un certain effort pour un groupe de cette mouvance; montage dans lequel on voit, entre cent autres choses, nos “Six Whoresmen” (dont le surnom vous aura sans aucun doute rappelé un groupe de thrash hard-rock rock yeahhh rock)  dans un rocambolesque assaut à dos de cheval dont l’un s’envoie un bon gros spliff (dafuk?) pour fuir un gorille en bikini (dafuk?), des cochons dans un vaisseau spatial (dafuk?) et...des baleines (dafuk?). Cela n’égale pas la classe ultime de la pochette de Dookie de Green Day mais ça nous change des photos de dégueulis et autres scènes de dissection de gonades. Il semblerait donc que le groupe n’ait pas pris la sortie de l’autoroute de l’humour, et ce même si je n’ai malheureusement ni eu accès aux textes des morceaux, ni aux différents concepts abordés dans l’album.

L'humour est aussi au rendez-vous avec les intros, entractes et autres interludes inspirés par je-ne-sais quelle muse qui les habite, qui mettent dans l’ambiance et introduisent les différentes histoires dont il est question dans chacun des morceaux. Le groupe ne s’est pas contenté de sampler la dernière diarrhée de Jean-Michel Colonitéguë mais nous offre de véritables petites scénettes dignes de fictions radiophoniques. Mention spéciale à “March Of the Landwhales” qui m’a rappelé les belles heures de la techno balbutiante.  Mention d’honneur à “The Menu Card”, interlude dans lequel l’imitation, d'une personne  sans doute arrivée à pied par la Chine, n’aurait pas été reniée par Michel Leeb et ferait sûrement bondir la CRAAF (la version asiatique de la CRIF).

Le groupe luxembourgeois se paie même le luxe de délaisser l’anglais le temps d’une “Baguette Dans Ton Cul” qui n’est pas sans rappeler les belles heures, appartenants désormais au passé, des inénarrables Gronibard. Mieux (ou pis) encore, "Duuschtreg Jongen" , morceau aux allures folk qu’on s’imagine chanter à tue-tête dans un bar qui sent la Pelforth, est en luxembourgeois et basé sur une petite mélodie entêtante déclinée à outrance dans des instruments qui vont de la mitraillette au klaxon. C’est con mais ça fonctionne.



Côté sonore, on a du slam death propre, groovy (“Pony The Cash Machine”), bien exécuté, qui lorgne parfois dans le trash mosh-piteux, parfois dans des registres plus death (“Hydraulic Handjob”), voire progressifs (“Baguette dans ton cul”), nourri de sample débiles à souhait (bruits de pet, sirène de police, splatch, splitch sans oublier les sploutch),  duos basse batterie  ("Cockosaurus Sex"), mélodies cartoonesques particulièrement bien tournées ("Landwhales Don't Say No"), le tout agrémenté de pig squeals mais aussi de chant clair façon crooner qui fait mais alors carrément la blague (“David Hasselcock”).

Le mixage est très bon et on sent bien qu’aucune panne de micro dans la pièce du fond n’a brouillé l'écoute de l'ingé son.



Enfin, il ressort de cet album l’impression incontestable d’un groupe qui non seulement s’est fait plaisir mais veut aussi faire plaisir à son public. Pochette, track-listing, histoires, The Six Whorsemen est la preuve que d’une intention qui paraissait taquine peut naître un très bon album, une petite puce qui nous convie à sa fête.



Bref, du pure slam death rigolo qui n’est pas sans rappeler les premiers Ultra Vomit, en moins rigolo, ou les derniers Gronibard, en moins groovy. Mais, et c’est un grand mais, là où les Lillois ont toujours eu un côté trop minimaliste-DIY souvent frustrant, là où les Nantais ont viré dans un style finalement de plus en plus convenu et un poil trop parodique à mon goût, j’affirme et ce, sans tracas jusqu’au cou, que Mike Litoris Complot est le chaînon manquant, la berge qui précède le vide entre ces deux références, et finalement une page inouïe de la scène slam death potache.

Si The Art Of Pony Party faisait largement l'affaire aux toilettes, The Six Whoresmen transportera facilement le groupe dans les autres pièces de la maison.



On aime: le son, l’esprit, le délire assumé et complet, les contrepèteries (sauras-tu les retrouver?).



On n’aime pas: quand les groupes ne mettent pas les lyrics dans les kits presse (bordel, mais c’est la base).


photo de 8oris
le 14/10/2020

2 COMMENTAIRES

cglaume

cglaume le 14/10/2020 à 09:50:42

Haha mais c'est que ça donnerait envie de rempiler dis !!

el gep

el gep le 14/10/2020 à 09:55:16

D'où l'expression désormais courante: "regarde, maman, j'ai mis les lyrics dans les kits presse!!!"
"C'est bien, bon petit"
"Mais je croyais que tout l'monde s'en foutait et qu'ils ne liraient pas une ligne, maman?!?"
"T'inquiète, mon petit, ils font semblant, c'est des grands"

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