Clown Core - Van

Chronique mp3 (17:07)

chronique Clown Core - Van

Il est important d’être bien entouré. Et dans la CoreAndCo team, c’est clairement le cas. Car en ce lieu censé être le Temple francophone du Nawak Metal (COreandCO se lit et se dit CO&CO, si si, comme COCO Lapin… et Lapin = Nawak, tout le monde sait cela voyons), il aurait été inconcevable de ne pas parler de Clown Core. Parce que « Nawak Metal » se dit aussi « Circus Metal » (demandez donc aux Australiens), et qu’en matière d’OVNI wa2feuk, le duo ricain se pose là. Heureusement, donc, que mon estimé collègue 8oris s’est saisi du dossier Toilet, qui menaçait dangereusement de s’ajouter à ces impasses impardonnables que nous faisons parfois à l’insu de notre plein gré, pauvres chroniqueurs passionnés mais faillibles que nous sommes.

 

Mais cessons de reluquer ce nombril pour en revenir aux gros nez rouges: tout ce que vous a dit 8o8o est non seulement exact, mais également toujours valable 2 ans plus tard. Car Van est dans l’exacte continuité de Toilet, à ce détail près que les respirations sonores entendues parfois dans les interstices des morceaux laissent cette fois filtrer des ambiances d’habitacle de monospace Toyota Previa plutôt que des bruits d’évacuation de chiottes de chantier. On apportera toutefois quelques précisions par rapport à la chronique précédente pour vous indiquer:

-  que de gros soupçons existent quant à l’identité des 2 marioles masqués. Il s’agirait de Louis Cole et Sam Gendel du groupe Knower, pas des marioles quand on sait qu’ils ont rédigé des copies doubles et des copies doubles d’écrits universitaires sur le Jazz, et qu’ils ont par ailleurs déjà ouvert pour les Red Hot

- qu’en plus du saxo et de divers claviers, nos hurluberlus utilisent un kit de batterie mini de chez riquiqui ainsi que 2 klaxons. Avouez que vous aviez besoin de savoir pour les klaxons

 

On prend les mêmes, donc, et on recommence. Même format court (17 minutes pour l’« album », 2 minutes-même-pas en moyenne par piste). Mêmes masques grimaçants. Même humour pince-le-scrotum-sans-rire. Et même mélange Breakbeat / Lounge / Noise Horrific Grind / Jazz nawako-absurde parsemé de clins d’œil et de quelques accroches bien placées qui font passer la pilule expérimentale et les gags sans lendemain (les 7 secondes de « McRonalds ») jusqu’en ces poches endocriniennes où s’élabore la chimie du sourire. Parfait symétrique de « Hell » – quoique peut-être plus catchy – le trépident « Flat Earth » voir nos synapses s’emballer sur des embardées rythmiques plus ou moins électroïdes, un lead de saxo parfaitement compétent, des Beuarghls de train fantôme et des breaks décalés à base de pouets irrésistiblement irritants. Puis, pour bien insister sur le fait que la dimension « Metal » extrême du projet est importante, le morceau-titre tartine une bonne grosse tranche de gras comme Mülk (un groupe satellite de la Whourkr-Igorrrosphere) sait les mouler.

 

Jusqu’ici tout va donc pas trop mal…

 

Sauf que Clown Core tient manifestement à ce qu’on continue à se demander si c’est du grand nimp’ ranafoot ou s’il y a lieu de s’extasier. Et pour nous énerver juste ce qu’il faut, outre le « McRonalds » précédemment évoqué, les sagouins font crisser leurs doigts sur le tableau noir en éclaboussant l’espace sonore avec:

- un « Song » – notez l’ironie du titre – dont la première moitié n’est constituée que d’une pauvre note de clavier fantomatique alternée avec le couac d’une poire de klaxon

- un « Tears of God » qui tisse sans conviction une musique Lounge indistincte, façon début de coma version démo, exercice qui sera prolongé dans une déclinaison plus duveteuse (et plus acceptable) sur le quasi-conclusif « End »

Mais les pieds de nez de ces messieurs sont parfois plus amusants. Ainsi, reprenant à Carnival in Coal le concept du titre de morceau le moins représentatif possible (remember « Cartilage Holocaust »?), le duo place en queue de peloton un « Infinite Realm of Incomprehensible Suffering » à ce point rose bonbon qu’on croirait être en compagnie du capitaine Merrill Stubing, de Doc et de Gopher sur le paquebot de la Croisière s’Amuse.

 

Alors quoi? Eh bien Van est trop court pour qu’on ait le temps de s’énerver. Et puis tout compte fait on kiffe bien « Flat Earth », la 2e moitié de « Song », cette rédemption planante à base de saxo qui illumine « Computers » en sa moitié, ce « Keyboard » répétitif mais à la fois flippant et sexy, un « Existence » plus globalement Nawak, et même « You Are Pregnant » qui a pourtant le défaut de rappeler l’insupportable « Tu tatuta tuta ta » de Pinocchio. Du coup eh bien oui: c’est assez cool de se faire ainsi troller les oreilles. Et puis de toutes façons si on avait bon goût ça se saurait!

 

… Comment? Il aurait fallu finir la chronique de Van par une vanne? Trop facile les copains, trop facile.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courte: vous aviez aimé vous faire troller dans les Toilet? Vous allez donc apprécier faire un tour dans la Benz-benz-benz que Clown Core a achetée à l’occasion de son troisième « album ». Quand on aime les growls sur fond de saxo, les Nawakeries pince-sans-rire, les gesticulations électroïdes et la musique d’ascenseur aspergée de klaxon, on ne peut espérer mieux!

photo de Cglaume
le 17/12/2020

1 COMMENTAIRE

8oris

8oris le 17/12/2020 à 10:36:38

Ahhhh je l'attendais celle-là! Heureusement que le Lapin de Noël est en avance cette année.
Déjà, il est évident que pour troller à ce niveau, il ne pouvait s'agit que de deux excellents musiciens. Et Louis Cole, dans le genre batteur qui défouraille, il se pose là.
Après, j'ai trouvé cet album un poil moins expérimental et barré que le premier, en tout cas plus accessible, moins austère. Mais je trouve génial le concept de deux musiciens aux registres plus "classiques" profitent d'un projet complètement schizophrène pour se lâcher musicalement. 
Evidemment, super chronique (comme d'hab). En complément, les curieux iront voir les "clips" particulièrement WTF qui accompagnent les morceaux.

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