Oar - The Blood You Crave

Chronique CD album (42:09)

chronique Oar - The Blood You Crave

Si je vous dis black metal, vous ne penserez pas, de prime instinct, à l’Australie. Je suis navré de vous dire que vous avez bien tort puisque la scène y est particulièrement foisonnante. Un rapide coup d’oeil sur metal archives peut finir de vous en convaincre. 875 entrées, il y a de quoi s’occuper. Dans le lot, une formation m’a interpellé : Oar qui nous propose son premier méfait The blood you crave (Le sang dont tu as envie, pour les non anglophones) sorti le 7 janvier 2021 chez Blight Town Records pour l’Australie et Hammer of Exile pour l’Europe. On tape ici dans du black atmosphérique et rien que du black atmosphérique.

Analyse.

 

A peine The blood you crave lancé avec le titre éponyme que l’on est directement happé par le souffle rageusement glacial d’A.L, le frontman, particulièrement mis en avant dans le mix. C’est en soi une évolution notable ( et appréciable!). Le quartet se détourne du lo-fi/blackgaze caractérisant Sect Burner leur premier EP et prend enfin la confiance, faisant ainsi preuve d’une certaine maturité. La batterie, quoique légèrement trop étouffée, nous tabasse les esgourdes et insuffle l’énergie nécessaire pour nous propulser dans les strates atmosphériques. Ce vacarme s’accompagne de deux grattes, tantôt mélodiques, tantôt tranchantes et incisives ; mais toujours glacées.

Le décor est planté. L’ascension est terminée et il nous est maintenant impossible de redescendre dans des contrées plus verdoyantes et chaleureuses. A l’instar de l’artwork, nous voilà donc piégé dans un paysage brumeux et minéral tel des Prométhée des temps modernes.

Les parties de gratte sèche (« Doomed and Damned », « Perfect Agony ») n’y changeront rien. Au contraire, aussi brutes soient-elles, ces dernières renforcent le sentiment de désolation, de décharnement. Elles sont ici mixées sans aucune rondeur, ni profondeur. Dénuées de toute humanité, brutes, frontales. Ce n’est pas peu dire que les quatre d’Oar ne s’autorisent aucune douceur.

Les longues pistes ( trois des cinq composant l’album avoisinent les 10 minutes) s’apparentent à de longues et pénibles pérégrinations en terre hostile, oscillant entre désespoir et Volonté de Puissance (je vous renvoie à la théorie nietzschéenne par ici). « What once used to bloom » illustre tout particulièrement l’idée.

Il n’y a au final que peu de choses à critiquer sur ce The blood you crave. À la batterie quelque peu étouffée, comme dit plus haut, j’ajouterais des guitares un tantinet trop discrètes. L’essentiel de la puissance exprimée ici est due au chant. Ce dernier, à mon goût, aurait pu avoir un soutien plus prononcé de la part de la gratte rythmique.

 

Oar nous propose donc un premier méfait fort appréciable. Réussissant à pénétrer de force au plus profond de nos coeurs et nos esprits, là où tout est gelé et désolé, le quartet australien vient y rajouter un couche pour y répandre désolation, abomination et désespoir et ce malgré quelques écarts de mixages que l’on pardonne très vite.

photo de Vincent Bouvier
le 25/01/2022

1 COMMENTAIRE

Seisachtheion

Seisachtheion le 25/01/2022 à 08:41:49

Aaaaah, cool de te relire ! 

Pleine de ressources en effet la scène Black Metal australienne. Ma sortie marquante pour moi est Bleeding Sorrow. Le titre ''Surge" est sublime...

https://bleedingsorrow-northernsilence.bandcamp.com/album/drowning

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