Ordos - The End

Chronique CD album (47:28)

chronique Ordos - The End

Dans le top10 des sorties de 2019, nous sommes peu à inclure cet album tout droit venu du pays des meubles en kit, des boulettes de rennes et du Wasa, et pourtant, quel album, qu’il serait dommage de passer sous silence !

 

Ordos n’officie ni dans le death mélodique ni dans le black metal ni dans le disco pop mais dans un sludge aux forts accents métalliques. Un sludge sans chaleur. Les voix se veulent caverneuses, davantage enregistrées dans une cave humide plutôt que dans les grands espaces fouettés par un vent venu de terres arides. On n’ira donc pas chercher une quelconque chaleur sur The end, on y trouvera lourdeur glacée et sombre. Mais ces qualificatifs ne suffisent assurément pas à définir la musique d’Ordos. Car si elle se montre effectivement sombre dans ses ambiances, et lourde dans ses tempos adoptés, elle puise allègrement dans divers puits d’inspiration (d’aucuns y entendent du Mastodon, du Crowbar, du Moonspell) pour instiller du groove et des éclats de blues à ses longues plages rampantes. Exemple, « The hunter of Hades » : lourd, enlevé, sombre, jusquà ce qu’il s’emballe, 3 minutes plus loin, dans un pont suivi d’un solo dément pour un final infernal. « Let the darkness come to us », nous enjoint « Embrace the dark » : répété à l’envi, comme une incantation, cette phrase plonge le titre dans une ambiance de sabbat.

On l’aura compris, le chant joue un rôle important dans la musique d’Ordos, elle participe activement à sa lourdeur, ses envolées cauchemardesques proches du black metal, comme sur « III », titre qui fait glisser l’album vers du stoner plus ronronnant. Glissement confirmé par le titre suivant, « Upsala ».

 

En clair, si la lourdeur reste le fil conducteur de tout l’album, « The end » navigue cependant insidieusement entre les flots de diverses ambiances, du post-metal mélodique et apaisé de « Omega » au stoner tribal de « Ginny » (dont la partie centrale basse/batterie appuyant les lamentations vocales vaut le détour, si vous envisagez de sacrifier une chèvre au clair de lune pour vous sentir vivant), en passant par le doom lorgnant du côté du black de l’ensemble des titres.

Un album qui livre une cohérente ambiance d’ensemble, mais qui se révèle davantage si on pousse le nombre des écoutes. C’est précisément le genre d’œuvre qui résiste aux morsures du temps, car ses trésors se tapissent dans ses recoins, et c’est en fouillant avec patience et parcimonie qu’on les déniche.

photo de Moland Fengkov
le 14/04/2021

0 COMMENTAIRE

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements

  • Winteriip II - Metal Hardcore Festival à Tours le samedi 18 Décembre 2021