Phrymerial - Xenomorphic Creation

Chronique CD album (25:04)

chronique Phrymerial - Xenomorphic Creation

Grouik Grouik…

 

Voici Phrymerial, un groupe au nom aussi prononçable que son logo est lisible, qui nous propose du slam death technique et brutal rempli de cochonailles fabricado en españa (Ahhhh la charcuterie espagnole…Merde, c’est vrai, je suis végétarien! Rahhh le con!) .

Après Human Cleansing sorti en 2016, voici Xenormorphic Creation. Si vous aimez le deathcore moderne qui sent l’Axe “Wild Yuzu”, le death technique pondu par une équipe d'ingénieurs en musicologie du MAI ou ces autres styles underground aussi propres sur eux qu’à la mode, passez votre chemin. Phrymerial distille en effet son technical slam death avec la finesse digne d’un boucher charcutier atteint de la goutte. Xenormorphic Creation ressemble donc à un étal dégoulinant de minerai de viande qui ferait syncoper à n’importe quel végan de chanvre vêtu.

 

La musique alterne donc passages ultra rapides qui vont vous débarder le museau au hachoir et grooves abyssaux à 50 bpm pour finir de dégraisser la carcasse. Dans ces derniers, les silences, longs et pesants entre deux coups de china, sont quasi comiques (finalement) et l’incalculabilité (ouais, moi aussi, je sais faire de l’imprononçable et du virelangue) des rythmiques forcée à l’excès ("Intramolecular Massacre"). Il ne manque que quelques coups de cow-bell et j’aurai mis un “saucisse sur dix” mérité.
Niveau son, plus que lourd, c’est abyssal, inhumain ("Genesis" et son outro éditée à la feuille de boucher), délicieusement étouffant. Mais cela fait partie du style et entre les guitares qui se la joue pancetta avec supplément de mou et la batterie qui sent le fromage de tête, c’est clairement la fête à la saucisse (que l’on prendra soin de ne pas confondre avec la “fête de la saucisse”, bien que ça y sente aussi parfois un peu l’andouillette, il faut bien l’avouer).
Même les tentatives plus aériennes, style mousse de foie Paul Prédaut, sont plombés par la lourdeur du son. Des trolls? Possible. D’ailleurs, il y a même du solo game boy ("Present Of Our Gods") digne de ces bons vieux nourrains de Rings Of Saturn. En tout cas, il y a clairement du gros skill, c’est indéniable, tout le monde est en place et rien de la technicité des 5 compères ne sent le boudin.

Pour les voix, ça n’est pas vraiment Halal...Plutôt à l’al...sacienne. Donc: du cochon, plus de cochon et encore du cochon et parfois, mais plus rarement, un peu de cochon. Mais tant mieux, le cochon, c’est tellement bon. Donc au menu: pig squeal, pig scream, pig...squeam et pig...screal. Les paroles sont parfaitement inintelligibles comme le veut la coutume et n’ayant malheureusement pas eu accès au livret (comme le veut aussi la coutume), je ne peux donc pas vous en proposer une analyse littéraire digne de ce nom même si je doute que le groupe cherche à passer un quelconque message philosophique...quoiqu’un titre comme “Anunaki Sperm Shot” agite ma curiosité érotico-mythologique.

 

Evidemment, l’album est extrêmement linéaire et bien que ce style m’amuse beaucoup, j’avoue ici être saisi de quelques doutes car, et j’ose à peine l’écrire, on ne sait jamais si c’est du lard ou du cochon. Le délire est là, perceptible mais tellement sous-jacent qu’on sourit sans jamais rire aux éclats. Mais, finalement, une bonne daube de temps en temps, ça reste appréciable (ah merde, je suis toujours végétarien...). Et comme le groupe a utilisé le fameux “Wuppa Luppa Dub Dub” de Rick Sanchez et d'autres références à cette série (le titre "C-137", univers dans lequel on trouve la citadelle des Ricks), cela vaudra bien un point supplémentaire.

Troll ou pas, original ou pas, Xenormorphic Creation est un album de slam death technique solide, crédible, qui ne s’éternise pas et participera habilement à la bonne santé de votre appareil colorectal. J’ose croire qu’il n’avait pas d’autres desseins et que le pari entéropathique de Phrymerial est donc réussi.


Grouik Grouik…


On aime bien: un album AAAAA, les plans à 50 bpm complètement claqués du métronome, la lourdeur étouffante du son, la durée idéal, le côté trollesque
On aime moins: le côté trollesque peut-être pas assez trollesque

photo de 8oris
le 07/12/2020

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