Pictured - The Strand of Time

Chronique CD album (42:59)

chronique Pictured - The Strand of Time

Phase 1: avant l’écoute. Jusqu’ici, tout va bien…

Oui, jusqu’ici tout va bien. C’est que The Strand of Time est arrivé chez nous via l’une de ces navettes express effectuées par Air Klonosphere, et on connait la compagnie: c’est du sérieux, pas le genre à faire voler de vieux coucous rafistolés avec des bouts de ficelle. Coup d’œil à la bio: si Pictured est un groupe relativement frais, son premier et unique EP, The Dwelling, semble avoir été plutôt bien reçu. Coup d’œil à l’objet: joli digipack, bel artwork. Un sans faute jusqu’ici.

 

Phase 2: premières écoutes. Jusqu’ici, tout va bien…

Miam, gros son (Drudenhaus inside), guitares qui tranchent l’espace sonore comme le couteau tiède fend la plaquette de beurre Elle & Vire, fières mélodies, vitesse et justesse, le tout s’ébattant joyeusement dans un bain bouillonnant de melodeath suédois à l’ancienne (avec vocaux blackisant), de thrash/death sprinteur et aiguisé, de heavy black acrimonieux et de fuckin’ rock’n’roll. Bref, du classique, mais suffisamment varié et dynamique pour séduire. Dans la foulée, un constat s’impose assez vite: ici les guitares sont toutes-puissantes, et nos oreilles ne cessent d’être éclaboussées de leads et de soli incessants. Bon, le chant peut parfois prendre une coloration un peu irritante, proche des Ghoulunatics et autres Wild Karnivor, mais rien de bien méchant. Le seul truc qui me chiffonne, c’est que les écoutes régulières – certes un peu superficielles – ne laissent que peu de traces dans ma vieille caboche. M’enfin allez, il n’est pas rare que certains albums ne se dévoilent qu’au prix d’un effort soutenu de concentration…

 

Phase 3: écoutes attentives. Jusqu’ici, tout va… SPROUTCH!

Soyons clairs: The Strand of Time propose du matos sacrément charpenté, technique – flamboyant même parfois –, sans cesse sur la brèche, et très construit. Mais rien à faire, ça n’arrive pas à nous titiller le dedans des glandes… C’est qu’en dehors du relatif classicisme de la formule, il manque ce petit je-ne-sais-quoi imperceptible qui transforme certaines compos-citrouilles touchées par la grâce en tubes-carrosses. De fait, c'est malheureux à dire, mais les 9 morceaux proposés par nos petits français nous glissent dessus comme l’onde tiède sur le ciré de l’ondiniste prévoyant. Allez, j’abuse un peu quand même: « The Howling Forest » réussit à impressionner durablement avec son approche plus spécifiquement « from Göteborg », par ailleurs enrichie de mélodies finnoises sucrées. Et de son côté, « The Dwelling » marque de sérieux points avec ses twins à la Maiden et ses saccades thrash bien couillues. Mais pour le reste, on est toujours dans l’attente du moment où ça décollera enfin.

 

Conclusion: snif. On reste sur l’impression d’un vrai gâchis. Pas parce qu’on aurait entre les mains un vieil album pourlingue de fond de back-catalogue, non, bien au contraire. Tous les éléments étaient a priori rassemblés pour que The Strand of Time soit un bon petit missile bien explosif. Mais au lieu de cela, l'album passe sans presque qu’on le remarque, et semble bien parti pour finir sa course dans la fosse commune pleine à craquer des groupes talentueux mais sans génie. Allez les gars, faites-moi mentir sur le prochain opus!

 

 

 

 

 

 

 

La chronique, version courteThe Strand of Time ou l’archétype de l’album de melodeath classique, classieux, carré… auquel il manque malheureusement le feu sacré.

photo de Cglaume
le 12/11/2012

2 COMMENTAIRES

Carcinos

Carcinos le 12/11/2012 à 18:29:10

L'artwork en déplié par contre est pas mal, le logo ptet pas super bien intégré, ça se trouve sur facebook sur le profil du groupe

cglaume

cglaume le 12/11/2012 à 18:36:00

Bel artwork en effet. M'enfin ça reste lèg' comme argument pour justifier l'achat :)

AJOUTER UN COMMENTAIRE

anonyme


évènements

  • EARTH au Petit Bain à Paris le 19 novembre 2019