Punch - Nothing Lasts E.P.

Chronique Maxi-cd / EP (09:50)

chronique Punch - Nothing Lasts E.P.

Dix ans déjà que ces dix minutes sont venues éclater mes enceintes pour la première fois.

Dix ans que ce disque compense les fois où j'ai oublié de racheter du café pour le matin, avec une efficacité proche du sans faute.

Dix ans que les paroles et le chant de Meghan, associés à la violence de la musique, viennent s'aligner sur ce qu'inspire le monde qui nous entoure.

Dix ans qu'à chaque écoute de ces sept morceaux, ce déferlement extatique et jouissif me plonge dans une ambiance fruitée : avec ce Nothing Lasts, Punch file à la fois la pêche et la banane.

 

Punch (qui a des bouts de Loma Prieta dedans), c'est – je pense – l'un des groupes qui porte le mieux son nom au monde. Pas de fioritures, on va direct à l'essentiel. Un petit larsen pour toute intro, pour très vite blaster à corps perdu, selon l'adage bien connu dans ce milieu powerviolence à tendance hardcore : « pas le temps ! ».

Nothing Lasts, « rien ne dure », au contraire, est un peu moins précis en termes de nom : bien que très court, l'épreuve du temps et des années est remportée haut la main par le groupe et par cet EP. Le temps est mis K.O. par Punch, en quelque sorte.

 

Les premières dizaines de secondes du premier morceau (« Do it yourself ») suffisent à mettre dans le bain : non contents de libérer une décharge d'énergie qui donne envie de tout péter autour de soi, et même d'aller sonner chez les voisins pour aller y foutre le bordel là-bas aussi, parce qu'il n'y a pas de raison qu'ils en réchappent, les riffs qui viennent raccrocher entre elles les parties de blasts dévastateurs ont en plus un groove qui ne peuvent que mettre de bonne humeur. Difficile de faire mieux en termes d'entrée en matière. Et au petit jeu de qui s'amuse à mettre le plus de coups de caisse claire à la minute, Punch est clairement dans le haut du panier. Une grosse pensée pour le batteur qui doit probablement dépenser plus d'énergie sur ces dix minutes que moi lorsque je pars randonner, même plusieurs jours, même en moyenne et haute montagne. C'est un autre genre de sommet qu'on trouve ici.

 

On a sur ce disque tout ce qu'il faut pour passer les meilleures dix minutes depuis bien longtemps : les intros justement groovy des morceaux suivants (« Time Apart », « Planning is easy ») qui conduisent droit à travers des murs de blastbeat furieux, des zones plus d-beat à faire remuer plus d'un séant (avant de les botter sévèrement), quelques lignes de guitares un poil plus claires qui surnagent au-dessus de la déferlante pour donner malgré tout un sens conducteur de la mélodie... et ce morceau final, « How Nothing Lasts », qui condense tout ça pour finir en apothéose.

Tout s'encastre parfaitement pour offrir une très forte dynamique à cet EP, qui ne laisse aucune place à l'ennui.

 

Là-dessus, les hurlements furieux de Meghan, cathartiques, viennent rajouter à l'effet libérateur d'émotions que provoque la musique du combo californien, pour signer une claire déclaration d'intentions et une prise de position, qui correspond totalement à la rage que l'on ressent souvent face aux injustices, choses que l'on retrouve dans les paroles : comme vous vous en doutez sûrement, on cause ici politique, féminisme, lutte contre les oppressions et l'exploitation qui structurent la société.

 

Un mot sur la pochette, qui illustre parfaitement l'esprit de cet EP : une course en avant et un saut vers l'inconnu, pour un plongeon vers un déchaînement d'émotions fortes et au final, une sacrée fraîcheur vivifiante à l'atterrissage !

 

On ne voit pas le temps passer que c'est déjà fini. Tout ce dont on se rend compte, après coup, ce sont les bouts de mur, les fragments de machins et les restes de trucs qui ont volé partout dans la pièce pendant l'écoute.

Rien ne dure, comme ils disent. Mais malgré tout, au bout du compte, c'est plutôt de bonne humeur que l'on ressort de l'écoute : pour un style proche, moins sombre ou étouffant qu'un Svffer (malgré la saturation sonore), plus incisif que des Tørsö ou autres Strafplanet, Punch ne donne ni plus ni moins que la patate, après avoir très justement envoyé la purée.

 

Bref, encore plus que sur Push Pull ou They Don't Have To Believe, absolument aucune seconde n'est à jeter sur ce Nothing Lasts, à mon sens le meilleur de toute leur discographie. Le superflu est évacué pour ne laisser que le nécessaire à un disque explosif, sauvage et frontal mais rafraîchissant, absolument indispensable pour qui aime se laisser aller aux délices du (de la ?) powerviolence. Si l'on pouvait associer le mot « urgence » à un disque, un seul, alors ce serait celui-ci, dans la musique comme dans les intentions.

 

10 ans. 10 minutes. 10/10. Et ancré dans mon top 10 non seulement de la décennie passée, mais de tous les temps.

photo de Pingouins
le 19/09/2021

3 COMMENTAIRES

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 19/09/2021 à 16:17:56

Petite préférence pour le suivant mieux maitrisé.

Pingouins

Pingouins le 19/09/2021 à 21:58:37

Pour le coup celui-ci est clairement mon préféré : juste le strict nécessaire, c'est tendu et passionnel.

Marc

Marc le 19/09/2021 à 22:48:24

Merci de la découverte, c'est vraiment ma came ce genre de trucs !

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