Napalm Death - Throes of Joy in the Jaws of Defeatism

Chronique CD album

chronique Napalm Death - Throes of Joy in the Jaws of Defeatism

Un coup d’œil, même d’un borgne, sur cette terrible et magnifique pochette de Froede Sylthe (déjà responsable de la précédente) suffira à planter le décor pour les rookies.

 

Napalm Death fait de la musique politique et le fera toujours.

“The artwork specifically uses a white dove as a centerpiece, which of course is a commonly recognized symbol of peace and cooperation. The dove has been mauled very violently by a sterilizing hand and in death appears particularly broken and bloodied. However, through the violence you can see an equality symbol in blood on the chest of the dove, which perhaps demonstrates — visually at least — that equality cuts through in the end. A positive amidst many negatives then, much like the album title itself being a bit of an oxymoron, the celebration of humanity even in the mangling jaws of negativity.”

 

L’absence du guitariste Mitch Harris des photos officielles (qui annonçait déjà son départ en 2014, à cause de problèmes familiaux) pose, ici, une question cruciale : Throes of Joy in the Jaws of Defeatism allait-il conserver le génie féroce étalé sur son prédécesseur de 2015, Apex Predator – Easy Meat ?

Rassurez-vous, Harris est toujours présent, en studio, associé à Embury pour les parties grattes. Mais il ne reviendra pas sur les planches avec le combo.

C’est con.

Les deux morceaux du EP Logic Ravaged by Brute Force sont par contre vraiment absents du présent skeud.

Autant dire donc que nous avons à faire à de la barbaque toute fraîche attendue au tournant.

 

On a l’habitude des entrées saignantes avec les Rosbifs et "Fuck The Factoid" ne déroge pas à la règle. Mais le morceau se suit facilement, principalement à cause d’une mélodie un peu déviante de la guitare. Cet aspect mélodique plutôt tordu est une nouveauté de l’album et se retrouve également ailleurs, sur l’étrange "Amoral" ou sur le refrain de "Contagion". Ce premier titre possède la force d’impact commune au groupe, aussi, avec sa construction très simple, très punk en réalité. La basse se fait conquérante et Barney totalitaire. On aime donc, forcément, cet impérialisme musical de la part de ces gauchos légendaires.

Cette basse, à la fois oldschool dans son jeu et bénéficiant d’un son moderne, ouvre le deuxième titre en mode insecticide.

Si ce premier single est bon, le premier gros carnage du skeud pointe son groin sur "That Curse of Being in Thrall", avec son riffing de maboule et ses blasts qui font du bien.

Sauf que le Napalm Death 2020 ne mise pas tout sur sa rapidité proverbiale et sait ménager des breaks tétanisants. Ces accalmies relatives dans les BPM trouveront leur point d’orgue plus tard.

Sur "That Curse of Being in Thrall", il demeure 3 minutes et des bananes de sauvagerie qui mettent à l’amende les suiveurs/copieurs et ton frangin qui bat le beurre de sa rancœur. Barney pue la haine sur ses fins de phrases et on a envie de glavioter avec lui.

"Contagion" commence pépère, catchy, mais groove sa mamie aussi. Car il est désormais clair que Napalm Death relâche la pédale d’accélération pour décupler l’efficacité de son propos.

Au rayon des expérimentations, on trouve alors le Young Godien "Joie De Ne Pas Vivre." Pas une totale réussite, mais la plage agit comme un intermède malsain au milieu de la tracklist. "A Bellyful of Salt and Spleen" mettra la pédale indus en marche également. Entre Ministry sortant le sale porc et Godflesh nettoyant les rues.

Il y aussi "Invigorating Clucth" à la lourdeur et à la lenteur peu commune comme un point d’orgue de la démarche entrevue ici et là. "Amoral", déjà évoqué plus haut, sera alors un titre qui vous ravira ou vous dégoûtera selon votre degré de tendresse pour Killing Joke.

Et pour ceux n’aimant que le Napalm Death à fond de violence, "Zero Gravitas Chamber" et le titre éponyme remettront tout le monde au tapis avec leur Death hystérique.

 

Et ça continue encore et encore, dans ce Throes of Joy in the Jaws of Defeatism, les patrons du Grind Death poutrent toujours en mode hardcore mais en ayant toujours la capacité de surprendre l'auditoire. Cela reste exceptionnel pour une si longue carrière non ?

 

"Gna gna c’est plus Grind depuis longtemps, c'est nul.

 - Flatule flatule... ton avis, dont on se bat les testicules. Écoute et arrête de faire ton benêt, c’est toujours la bande de Barney."

photo de Crom-Cruach
le 17/09/2020

5 COMMENTAIRES

pidji

pidji le 17/09/2020 à 09:19:30

Bon bah, énorme disque de ND tout simplement. Quelle claque !

cglaume

cglaume le 17/09/2020 à 12:39:16

On m’a trop chauffé sur cette sortie. Du coup les deux premières écoutes m’ont laissé tout tiède... Faudrait que je le réécoute. Mais il y a tellement à écouter, et tellement peu d’heures par jour...

Xuaterc

Xuaterc le 17/09/2020 à 16:21:40

Une buterie, en bonne et due forme!

Crom-Cruach

Crom-Cruach le 17/09/2020 à 16:50:45

Ben j'vous l'avais bien dit non !

Nonard

Nonard le 18/09/2020 à 07:13:50

Napalm Death, c’est le groupe le plus violent du monde. Ce groupe a une bonne réputation. C’est une valeur sure. La voix de Barney est travaillée. Les guitares virent au punk. Lorsque je regarde en arrière et que je regarde la photo arrière du cd « uthopia bannished » je comprends que Napalm restera toujours un groupe de punk politique extrême. Et dire que Barney a peur de prendre l’avion😂

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