Saison De Rouille - Déroutes sans fin

Chronique Vinyle 12" (43:26)

chronique Saison De Rouille - Déroutes sans fin

Une ou deux fois par an, je me retrouve dans ses pages à devoir parler de l'impossibilité. Dans le cas présent, ce qui me rassure, c'est que même les protagonistes font de même.

Pour rappel, Saison de Rouille est le projet de Karl S, ancien frontman de Danishmendt, dont on cause ici et aussi. Déroutes sans fin arrive après un Calduta dei Gravi revu dans ses lignes.
 

Alors oui, le radoteur de disques lambda aime qu'on lui titille les oreilles avec des choses difficiles. Ça lui permet de faire le malin, à sortir une série de groupes obscurs en référence... tous géniaux, il va s'en dire. Poseur, même si parfois, il estime l'indéfendable. On parle d'honnêteté... propre au moment, où le disque est disséqué. Suffit de traîner deux minutes sur des blogs ou des forums, pour comprendre ce que représente cette fameuse honnêteté, belle hypocrisie.

À contre-courant de cet état de fait, Saison de Rouille propose en deuxième salve, un ensemble cohérent, inclassable, virulent jusqu'à l'inaudible ou presque. Ça c'est en première lecture dudit disque. Vous vouliez être rassurés ? Perdu !

 

Si vous passez le cap de la première écoute, vous avez dépassés tous les éléments dérangeants de ce disque. Là, vous entrez dans un autre monde musical (si) semblable à l'outre-mangeur – un monde à s'en gaver. Oui, Déroutes sans fin est un album généreux. Une intention assumée, des passages de guitares très adroits qui conduisent au delà de la simple ambiance mortifère. Il faut atteindre la deuxième partie de l'album dès « Le carnaval (Landes III) » pour y goûter pleinement. Les deux premiers titres appartenant à la phase inaudible de l’œuvre. Comprenez trop de trop, les nuances allant littéralement au diable ! À l'opposé, la triplette « Impasse », « La vallée de la ferraille » et « Romances » sont des réussites maîtrisées.

 

On retient le jeu guitaristique fourni donc, la voix toujours dominante, lancinante, volontairement désagréable bien qu'accrocheuse, le reste étant un habillage de synthés bricolés en support et d'une basse bien timide. À la violence manifeste, on se plaît à aimer déjà la folie en plus, indispensable que garde en eux, les protagonistes.

 

photo de Eric D-Toorop
le 26/11/2014

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