Section 37 - Legion / Ausländer / Aural Oncology

Chronique CD album

chronique Section 37 - Legion / Ausländer / Aural Oncology

Peu après ma découverte de Section 37 via Kudos Of A Serial Killer, son principal créateur, Stuart Harris m'a contacté pour m'expliquer que le dit album avait près de dix ans et que sa musique avait pas mal évolué au fil des trois albums qui avaient suivi. Une transaction PayPal, quelques jours d'attente et le reste de la discographie de Section 37 (vous trouverez parfois le nom Sect 37, il s'agit de la même entité) atterrissait dans ma boîte aux lettres. Comme j'ai donc découvert ces trois opus en même temps, et pour éviter certaines redondances et répétitions, je vais vous en causer en une fois.

 

Publié en 2013, Legion a été composé comme étant la suite thématique de Kudos Of A Serial Killer. Pas réellement un concept album, chaque titre aborde cependant un désordre mental qui l'oriente vers un style différent, tout en restant sur ce qu'on pourrait qualifier de tronc commun. Section 37 pratique toujours un Électro plutôt ancré dans les 90's. Ni totalement dansant comme un Cubanate, ni foncièrement malsain comme un Diabolo Rising, le groupe rappelle plutôt l'univers de The Kovenant sur S.E.T.I. (sans les guitares, même si on en trouve parfois). Je ne vais du coup pas vous faire un inventaire à la Prévert, mais on retrouve sur Legion des pistes radio friendly, des spoken-words, des piano / voix... qui s'enchaînent, sans que les différences stylistiques ne choquent outre mesure, liés entre-eux par la voix et par les thématiques évoquant parfois l'univers de The Bombs Of Enduring Freedom.

 

Trois ans plus tard paraît Ausländer, qui marque un sensible pas en avant en terme de composition et de son. Comme son prédécesseur, il a bénéficié du masterîng de Greg Chandler (Esoteric). Pitchshifter est le premier nom qui me vienne à l'esprit à son écoute. Si la recette n'a pas foncièrement changée, elle a gagné en maturité et cohérence. Legion avait tendance à partir un peu dans tous les sens, Ausländer quant à lui est plus ramassé, les titres se rapprochent plus du format "chanson" avec parfois de vrais refrains mémorisables ("Behind Your Eyes"). Les vocaux sont également eux aussi plus maîtrisés, Stuart Harris semble s'être concentré sur un style, et de ce fait, il ne donne plus cette impression de schizophrénie, qui correspondait bien aux thématiques des précédents opus. Ici, l'artiste porte un regard à la fois critique et désabusé sur la société moderne ("Connected... But Alone" et son texte déclamé par une voix féminine, et dont l'intro me rappelle durement mon récent passé professionnel).

 

Stuart Harris, dans sa très grande bonté, m'a fourni une version de Aural Oncology qui n'a été réalisée qu'à une dizaine exemplaires. Heureux homme que je suis! Cet album, que le musicien considère comme le plus aboutit de sa carrière, marque un nouveau tournant dans l'orientation musicale de Section 37. En effet, il est beaucoup plus tourné vers le Spoken Words, tout en conservant cette base Electro qui lui est chère, mais plus dépouillée. Cette dernière de ce fait prend ici une teinte un peu plus Ambiant. L'instru de "Oubliette" quand à lui est clairement d'inspiration Synthwave. Les déclamations critiques envers les dérives technologiques et sociétales de ce début de XXIe siècle ont ce détachement et ce flemme typiquement britannique. Au final, le résultat est moins varié que ce qu'il avait proposé jusqu'à présent malgré le fait que la composition ait gagné en maturité et en assurance (la fin de "The Quarry").

 

Loin de toute l'industrie musicale dans son ensemble, Section 37 est un pur rejeton du DIY. Il se dégage de l'intégralité de la discographie du projet un sentiment de naïveté qui le rend particulièrement attachant à mes oreilles. Il est évident que jamais il ne percera, mais c'est peut-être ça qui lui confère une honnêteté désarmante.

 

photo de Xuaterc
le 24/03/2018

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