Sinner Sinners - Excuse Our French

Chronique Maxi-cd / EP

chronique Sinner Sinners - Excuse Our French

Mais que s'est-il passé chez Sinner Sinners, alors que pas mal de groupes mettent de l'eau dans leur vin en cédant au mirage du rêve américain ?

En effet, le couple Franco-Hollandais émigrés à L.A. a décidé, apparemment, de couper son jaja Horror Rock/Punk membré, avec de l'éthanol pure. Du qui peut se boire mais qui rend aveugle et surtout sourd.

Émoustillé par un clip présenté par un prêtre moustachu échappé de Eagles Of Death Metal, plein de bières et de bombass en bikini jouant à la pétanque sur la plage, je ne pensais tout de même pas que Steve et Sam prendraient le mort (vivant) aux dents, à ce point.

En ce mois de juin 2013 et la possibilité de télécharger gratuitement cette grenade à fragmentation de trois titres, le divin Dieu du Rock'n'Roll est descendu encore une fois sur ma tronche avide de sensation chaude et brutale.

Car avec son titre en forme de boutade, Excuse Our French décharge trois bastos fumantes qui valent largement un barillet de six.

 

"Reckless" débute le gunfight par des riffs forcément galvaudés mais au combien énergiques et destructeurs. Et puis le chant s'impose au bout de 40 secondes montre en main, hurlé, écorché, saturé, soutenu par une basse cinglante. Ça fonce, ça crache tel un James Dean sous speed au volant d'un véhicule non homologué avec un moteur de F16 sous le capot.

 

"A.F.O." est plus dans le style habituel du groupe, du moins celui qu'il pratique sur leur très bon premier album (Cardinal Sins), avec son clavier fantomatique, sa guitare terriblement couillue, et sa rythmique version Beep Beep et le Coyote. Piétine ton voisin, fais lui bouffer la dune, il te rendra grâce et taira sa gueule. Humilié ? Un paquet de groupes de rock devrait l'être en entendant ça.

 

"Riot" enchaîne dans une veine également particulièrement velue: grésillement garage mais férocité de bonobo en rut se rapprochant d'un Punkcore des familles. Même la délicate Sam semble avoir bouffer du piranha au chili. Pas mieux pour faire chauffer le poudron et les glumes destinés au pied tendre venu traîner ses tiags dans la mauvaise ruelle, au mauvais moment avec les mauvaises personnes. De quoi ranger son drapeau sudiste et aller prier Custer ailleurs, loin.

 

Le Bourbon Kid est ainsi de nouveau comblé. Ses flingues fument encore comme les trous qu'il a forés dans les mickeys qui ont voulu jouer à kikalaplugross.

Il se sert un dernier verre, le Juke Box déglingué lance de nouveau ce Ep, et le dessoudeur se dit qu'il se mettrait bien au français si Sinner Sinners causait réellement la langue de Molière. Il est comme ça le Kid, un esthète amateur de planches.

Si elles vont par quatre évidemment.

photo de Crom-Cruach
le 11/07/2013

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