Thrudvangar - Tiwaz

Chronique CD album

chronique Thrudvangar - Tiwaz

Alors que je me plaignais, il y a peu, dans la chro du dernier Manegarm, du manque de bollocks de la majeure partie des groupes de la scène Pagan actuelle, un vent du Nord venu de l'Est (oui je sais mais mon truc c'est l'histoire pas la géo) est venu rafraîchir mes esgourdes de façon impromptue.

Impromptue car je n'avais jamais écouté un album de la discographie des Allemands de Thrudvangar avant Tiwaz. Je ne chercherai donc pas une quelconque évolution, stagnation ou régression dans les musiques des Teutons et me contenterai de me prononcer sur l'album pour ce qu'il est uniquement.

Tout d'abord qui dit Pagan et Black Pagan à fortiori ne signifie pas forcément l'utilisation de guimbardes, flûtiaux et autres panses de mouton farcies pour faire « c’était mieux la musique avant ».

Thrudvangar n’utilise pas en effet ces instruments souvent plaisants quand ils ont judicieusement placés. Nous parlons donc ici de Metal pour trou euh.. trve pardon.

 

Un album de Pagan, ambiance viking qui plus est, me pousse toujours à creuser un peu les termes barbares employés ou les thématiques usitées par les groupes, souvent juste pour éviter de tomber sur des neuneus incultes qui confondent païen avec amateur de bras levé et pas de l'oie.

 

Thrudvangar désigne tout d'abord les « Plaines de la Force », royaume du gros bourrin Thor.

Tiwaz est de plus une rune-dieu de l'alphabet Futhark : c’est la rune de Tyr, l’ancien dieu du ciel de l’Europe septentrionale. La mythologie nordique évoque le sacrifice courageux de Tyr alors qu'il se fit dévorer la main droite pour enchaîner Fenrir qui menaçait l’ordre cosmique. Tiwaz représente donc la justice, la responsabilité, la guerre, mais aussi le sacrifice.

Tiwaz symbolise également l'axis mundi, l'Yggdrasil, l'axe qui relie et sépare le ciel et la terre, c'est-à-dire le royaume des hommes et celui des dieux.

Thématiquement parlant, les Germains sont donc au poil de barbe.

 

Au niveau musicale, la production de Tiwaz, délicieusement vintage, est assez éloignées des standards boursouflés actuels. Certains y verront un manque de souffle pour moi c'est juste un signe d'humilité qui donne un côté organique pas dégueux à l'album.

Cette petite carence de patate se ressent tout de même dans le traitement réservé au chant, typiquement black mais qui aurait mérité plus de puissance, se cantonnant dans le sinistre alors qu'il aurait fallu un peu plus d’envolées guerrières. La batterie a également un côté monotone avec peu de relief, le gars fait le job mais sans plus.

Le riffing de l'album est par contre particulièrement véloce et donne son côté épique ou mélancolique aux compos. Le vieux Thrash des tribus est convoqué de temps en temps pour la plaisir de secouer sa perruque.

Un autre atout de Tiwaz est de ne pas employer un clavier ridicule qui plombe pas mal de groupe en leur donnant un côté Eurovision pour barbare en slip. Hors le barbare porte le pagne en peau ours, c'est obligatoire.

 

Cet album ne vaut pas le coup de monter une vaste expédition, juste une petite razzia sur les berges du Rhin, histoire de se dégourdir la hache et d'enrichir le génome du clan avec du sang neuf. Thrudvangar peine ainsi à sortir de la deuxième division, pardon, du second mur de boucliers et devra batailler encore ferme pour mériter sa place à la table d'Óðinn.

Et oui, bouffer, picoler et baiser jusqu'aux Ragnarök se méritent.

 

photo de Crom-Cruach
le 09/10/2013

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