Touché Amoré - Stage Four

Touché Amoré - "Stage Four"
Touché Amoré - Stage Four (chronique)

Je n'avais pas entièrement adhéré au précédent, même si néanmoins très bon, Is Survived By, lui préférant, sur un créneau musical proche, le Rooms Of the House de La Dispute. Pourtant, devant le succès du Touché Amoré au sein de l'équipe CoreandCo (voir le « TOP » de l'année 2013), Pidji à eu la bonne idée de m'inciter à poser une oreille sur ce nouveau Stage Four des américains. Maintenant je le remercie, et le déteste tout autant, et ça, tout simplement en deux points.

 

Stage Four, la musique.

 

Ils portent à nouveau sur ce quatrième album le beau flambeau de l'emo qui a su nous bercer au tout début des années 2000. Ce type de chant bien typique et que l'on retrouve encore de nos jours chez des groupes comme La Dispute donc, mais aussi Modern Life Is War ou The Great Divide. Un chant, un cri, porté toute trachée en avant, par un hurleur paraissant à chaque fois à bout de souffle mais restant pratiquement tout le temps mélodique. Ca vient du punk, ça vient du hardcore, surtout, ça vient du cœur. Oui ce type de chant est fort en émotions. Et c'est bien ça qui le caractérise, qui représente l' « emo », avant qu'ensuite ça ne soit « bastardisé » par des groupes vendus et commandé par la recherche du succès. Si de beaucoup de groupes il ressortait l'énergie de l'union, de la solidarité et de l'espoir dans un refus d'un état, de comportements ou d'une situation, chez Touché Amoré il y a toujours eu un pendant plus nostalgique. Une tristesse et une mélancolie parfois plus difficile à tenir sur un album entier. Allant jusqu'à couper l'envie de se les repasser.

Cette urgence, ce rythme et ces mélodies du chant, se retrouvaient et se retrouvent à nouveau ici aussi dans la musique. Des riffs ouverts, des arpèges, des mélodies à l'os, mais toujours rapidement. Droit devant. Le fond et la forme pour nous emporter. Et musicalement ce nouvel album est dans son ensemble bien supérieur aux précédents du groupe. On appréciera un son plus gros et bien plus aéré, avec une superbe basse qui ronfle, un jeu de batterie technique qui frappe, clairement sonorisé en avant, et des guitares voyageuses qui savent nous emporter.

Dans ces réussites, le chant, la musique, la production, on appréciera sur ce nouvel album la présence plus importante qu'à l'accoutumée des parties en son clair. Jusqu'à un chant posé - et réussi - sur "Benediction" et "Water Damage", avec même un "Skyscraper" à double voix accompagné d'un chant féminin pour un ensemble qui pourrait faire penser à un album du label Saddle Creek. Et cette envolée « godspeedienne » des guitares sur le final…. Quelle réussite. Stage Four est définitivement plus varié et mieux tenu sur la longueur. Leur album le plus fort. Même si, au regard des textes, c'est l'album le plus triste, le plus nostalgique, le plus mélancolique qu'ils aient jamais écrit, et qu'ils n'écrirons plus jamais après.

 

Stage Four, les paroles.

 

Spoiler, il est recommandé de se laisser écouter l'album, de se laisser toucher, avant de lire cette partie. Je me suis d'ailleurs demandé si je devais l'aborder. Finalement nous y voilà, mais je ne m'étendrais pas sur le sujet. Le chanteur Jeremy Bolm évoque ici le décès de sa mère, et Stage Four représente la quatrième étape dans l'évolution du cancer dans le corps du malade. On ne peut plus écouter l'album de la même façon. Il évoque ses regrets, sa tristesse, son impuissance face à la situation. Et face au quotidien de tous, pas facile de s'accrocher à l'espoir… Tout est tellement réussi sur ce quatrième album, les paroles y compris et donc surtout, que l'on pourra même les prendre pour de l'indécence. On pourra néanmoins comprendre la catharsis qu'à dû être l'écriture et l'enregistrement de cet album. Je vous conseille le site participatif genius.com où se trouvent les paroles avec des explications et des références des textes.

 

De l'espoir, à part celui de voir pendus hauts et courts ceux qui nous empoissonnent trois fois par jour, qui nous détruisent pour le profit, nous font bosser pour des lobbys qui pourrissent notre air et notre terre, qui nous font perdre des êtres chers… Je n'en vois pas d'autre. On pourra s'en retrouver à une écoute désagréable du disque. Sans forcément avoir l'envie de se le repasser.

Et pourtant ces mélodies, cette urgence, cette musicalité…

Impossible d'y rester insensible.

photo de R.Savary
le 20/10/2016

7 COMMENTAIRES

pidji

pidji le 20/10/2016 à 09:10:15

Un peu moins emballé de mon côté, je lui préfère son prédecesseur. Par contre je ne me suis pas penché sur les paroles j'avoue.

R.Savary

R.Savary le 21/10/2016 à 23:13:53

Pidji, voyons, c'est là bel et bien leur meilleur album !

pidji

pidji le 21/10/2016 à 23:36:04

Haha si tu le dis :D

park

park le 22/10/2016 à 13:17:10

Assez déçu par celui-ci; j'en attendais pourtant beaucoup après l'excellent album de 2013.
Je le trouve presque plat comparé à son prédecesseur.

R.Savary

R.Savary le 21/12/2017 à 23:51:16

Putain quel album...

R.Savary

R.Savary le 21/12/2017 à 23:53:46

On en voit pas des comme ça tous les jours...

le botch

le botch le 22/12/2017 à 07:38:08

Oui cet album est vraiment fantastique ! Tous les titres sont excellents mais ce Scryscraper possède une telle force émotionnelle qu'il arrive à me tirer la larme comme aucun autre... Un disque avec une âme !

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anonyme

CD album CD album (36:00)

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Tracklist

1. Flowers and You
2. New Halloween
3. Rapture
4. Displacement
5. Benediction
6. Eight Seconds
7. Palm Dreams
8. Softer Spoken
9. Posing Holy
10. Water Damage
11. Skyscraper (featuring Julien Baker)
12. Gather

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